« … pour le pire des retours »,
c’est-à-dire : l’issue funeste vers laquelle ils seront ramenés.
Puis Il explicita cela par Sa parole :
« L’Enfer où ils brûleront ; quelle détestable couche ! »
Autrement dit : quel piètre gîte se sont-ils apprêté, ou encore : quel mauvais lit pour eux. De là vient l’expression mahd aṣ-ṣabî (« le berceau de l’enfant »).
On a dit également qu’il s’y trouve une ellipse, c’est-à-dire : « quel mauvais emplacement pour une couche ».
D’autres ont compris : « Voilà ce que J’ai décrit pour les pieux ; quant aux iniques, ils ont, eux, le pire des lieux de retour », et l’on fait alors une pause à « hâdhâ » (« ceci »).
Parole du Très-Haut :
« Ceci – qu’ils le goûtent ! – : une eau bouillante et un ghassâq. »
Le terme « hâdhâ » (« ceci ») est, selon la première analyse, sujet élevé, tandis que son prédicat – placé avant lui – est « ḥamīm » (« eau brûlante ») ; le sens est donc : « Ceci est une eau brûlante et un ghassâq : qu’ils y goûtent ! ». On ne s’arrête pas à « fal-yadhûqûhu » (« qu’ils y goûtent »).
Il est toutefois permis de considérer « hâdhâ » sujet, et « fal-yadhûqûhu » prédicat ; le fa est alors motivé par la désignation contenue dans « hâdhâ ». Dans ce cas, on peut marquer une pause à « fal-yadhûqûhu », et « ḥamīm » se relève en apposition : « ceci est une eau brûlante ».
An-Naḥḥâs ajoute qu’il est également possible d’entendre : « L’affaire est celle-ci : une eau bouillante et un ghassâq » ; si l’on ne fait pas de ces deux termes le prédicat, on les élève comme si l’on disait : « C’est une eau bouillante et un ghassâq. »
Al-Farrâ, pour sa part, les relève avec le sens : « il en est une eau bouillante, il en est un ghassâq », et il a cité en appui les vers :
« Jusqu’au moment où l’aube s’illumina dans la pénombre…
le fourrage fut laissé, tordu et fauché »,
et un autre :
« Elle a son harnachement et des aides qui le portent au matin :
cataplasme et outre énorme ; sitôt vidés, ils s’écrasent. »
Il est aussi permis de mettre « hâdhâ » à l’accusatif, sous-entendant un verbe qu’explicite « fal-yadhûqûhu », à l’instar de l’expression : « Zayd, frappe-le ! ». Cette lecture – où l’on s’arrête à « fal-yadhûqûhu » – semble la meilleure ; on reprend alors : « une eau bouillante et un ghassâq », sous-entendu : « voilà l’affaire, une eau bouillante et un ghassâq ».
Les gens de Médine, de Baṣra et certains de Kûfa lisent « wa ghasâq » avec sîn légère ; Yaḥyâ b. Waththâb, al-Aʿmash, Ḥamza et al-Kisâʾî la prononcent avec sîn géminée : « ghassâq ». Selon al-Akhfaš, les deux formes appartiennent à la langue et ont le même sens.
D’autres estiment qu’elles diffèrent : celui qui allège en fait un nom, à l’image de « ʿadhâb » (châtiment), « jawâb » (réponse), « ṣawâb » (juste) ; celui qui renforce y voit un nom d’agent porté au patronyme intensif « faʿʿâl », comme « ḍarrâb » (frappeur) ou « qattâl » (tueur acharné) ; il s’agit alors du radical gh-s-q : « ghasaq, yaghsuqu », d’où « ghassâq » et « ghâsiq ».
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit du zamharîr, le froid glacial dont on les effraie.