Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah – Exalté soit-Il – dit : « Et rappelle Ismâʿîl, al-Yasaʿ et Dhu-l-Kifl. »

Le rappel d’al-Yasaʿ a déjà été traité dans la sourate « Al-Anʿâm »¹, et celui de Dhu-l-Kifl dans la sourate « Al-Anbiyâʾ »².

« Et tous étaient du nombre des gens de bien » : c’est-à-dire de ceux qu’Allah a élus pour la prophétie.

« Ceci est un rappel » : autrement dit, c’est une noble mention en ce bas-monde, un honneur par lequel ils seront perpétuellement commémorés ici-bas.

« Et, certes, les pieux auront la plus belle destination » : c’est-à-dire qu’en plus de cette renommée ici-bas, ils connaîtront un retour excellent au Jour de la Résurrection.

Il l’a ensuite précisé par Sa parole : « Des Jardins d’Adn. » Dans la langue, al-ʿadn signifie la résidence permanente ; on dit « ʿadana bi-l-makân » lorsqu’on s’y établit.

ʿAbdullâh ibn ʿUmar a dit : « Au Paradis se trouve un palais que l’on appelle ʿAdn ; autour de lui s’élèvent des tours et des prairies. Il possède cinq mille portes, à chacune desquelles sont suspendues cinq mille étoffes brochées ; nul n’y accède si ce n’est un Prophète, un véridique ou un martyr. »³ ⁴

« – ouvertes… » : il s’agit de l’état (ḥâl) des « portes » dans « pour eux les portes ». Les portes sont grammaticalement au passif, car le sujet de l’action n’est pas nommé (ism mâ lam yusamma fâʿiluh).

Az-Zajjâj a dit : « C’est-à-dire : ses portes sont ouvertes pour eux. » Al-Farrâʾ : « Ouvertes pour eux, ses portes. » Il admet également l’accusatif : « ouvertes pour eux les portes », c’est-à-dire « les portes ouvertes » ; on a ensuite ajouté la tanwîn, d’où l’accusatif. Il cita, avec Sîbawayh, ce vers :
Nous saisirons ensuite la queue d’une vie…
au dos décharné, dépourvu de bosse.⁵

S’il a employé « mufattaḥatan » plutôt que « maftûḥatan », c’est parce que les portes s’ouvrent pour eux sur ordre et non par contact.

Al-Ḥasan a dit : « Il leur est dit : “Ouvre-toi !”, et elle s’ouvre ; “Referme-toi !”, et elle se referme. »

Il a été dit encore : ce sont les anges qui leur ouvrent les portes.

La parole du Très-Haut : « accoudés en son sein » : c’est un état (ḥâl) placé avant son régissant, à savoir Sa parole : « ils y réclameront ». Autrement dit : ils demanderont dans ces jardins, tout en y étant accoudés,

« des fruits abondants » : c’est-à-dire toutes sortes de fruits, « et des boissons », c’est-à-dire une boisson abondante, le terme ayant été omis car sous-entendu par le contexte.

La parole du Très-Haut : « et près d’eux se trouvent des épouses au regard chaste » : c’est-à-dire fidèles à leurs époux, ne posant le regard sur nul autre qu’eux, comme cela a déjà été mentionné dans la sourate « As-Ṣâffât ».⁶

« égales en âge » : c’est-à-dire d’un même âge, nées la même année, et

قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَاذْكُرْ إِسْماعِيلَ وَالْيَسَعَ وَذَا الْكِفْلِ" مَضَى ذِكْرُ الْيَسَعَ فِي " الْأَنْعَامِ" «١» وَذِكْرُ ذِي الْكِفْلِ فِي " الْأَنْبِيَاءِ." «٢» " وَكُلٌّ مِنَ الْأَخْيارِ" أَيْ مِمَّنِ اخْتِيرَ لِلنُّبُوَّةِ. " هَذَا ذِكْرٌ" بِمَعْنَى هَذَا ذِكْرٌ جَمِيلٌ فِي الدُّنْيَا وَشَرَفٌ يَذْكُرُونَ بِهِ فِي الدُّنْيَا أَبَدًا. " وَإِنَّ لِلْمُتَّقِينَ لَحُسْنَ مَآبٍ" أَيْ لَهُمْ مَعَ هَذَا الذِّكْرِ الْجَمِيلِ فِي الدُّنْيَا حُسْنُ الْمَرْجِعِ فِي الْقِيَامَةِ. ثُمَّ بَيَّنَ ذلك بقوله تَعَالَى: " جَنَّاتِ عَدْنٍ" وَالْعَدْنُ فِي اللُّغَةِ الْإِقَامَةُ، يُقَالُ: عَدَنَ بِالْمَكَانِ إِذَا أَقَامَ. وَقَالَ عَبْدُ الله ابن عُمَرَ: إِنَّ فِي الْجَنَّةِ قَصْرًا «٣» يُقَالُ لَهُ عَدْنٌ حَوْلَهُ الْبُرُوجُ وَالْمُرُوجُ فِيهِ خَمْسَةُ آلَافِ بَابٍ عَلَى كُلِّ بَابٍ خَمْسَةُ آلَافِ حِبَرَةٍ «٤» لَا يَدْخُلُهُ إِلَّا نَبِيٌّ أَوْ صِدِّيقٌ أَوْ شَهِيدٌ. " مُفَتَّحَةً" حَالٌ " لَهُمُ الْأَبْوابُ" رُفِعَتِ الْأَبْوَابُ لِأَنَّهُ اسْمُ مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ. قَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ مُفَتَّحَةٌ لَهُمُ الْأَبْوَابُ مِنْهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: مُفَتَّحَةٌ لَهُمْ أَبْوَابُهَا. وَأَجَازَ الْفَرَّاءُ: " مُفَتَّحَةً لَهُمُ الْأَبْوابُ" بِالنَّصْبِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: أَيْ مُفَتَّحَةُ الْأَبْوَابِ ثُمَّ جِئْتَ بِالتَّنْوِينِ فَنُصِبَتْ. وَأَنْشَدَ هُوَ وسيبويه: ونأخذ بعده بذناب عيش ... واجب الظَّهْرِ لَيْسَ لَهُ سَنَامُ «٥» وَإِنَّمَا قَالَ: " مُفَتَّحَةً" وَلَمْ يَقُلْ مَفْتُوحَةً، لِأَنَّهَا تُفْتَحُ لَهُمْ بِالْأَمْرِ لا بالمس. قال الحسن: تكلم: انفتحي فتنفح انْغَلِقِي فَتَنْغَلِقُ. وَقِيلَ: تَفْتَحُ لَهُمُ الْمَلَائِكَةُ الْأَبْوَابَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " مُتَّكِئِينَ فِيها" هُوَ حَالٌ قُدِّمَتْ عَلَى الْعَامِلِ فِيهَا وَهُوَ قَوْلُهُ: " يَدْعُونَ فِيها" أَيْ يَدْعُونَ فِي الْجَنَّاتِ مُتَّكِئِينَ فِيهَا. " بِفاكِهَةٍ كَثِيرَةٍ" أَيْ بِأَلْوَانِ الْفَوَاكِهِ " وَشَرابٍ" أَيْ وَشَرَابٌ كَثِيرٌ فَحُذِفَ لِدَلَالَةِ الْكَلَامِ عَلَيْهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَعِنْدَهُمْ قاصِراتُ الطَّرْفِ" أَيْ عَلَى أَزْوَاجِهِنَّ لَا يَنْظُرْنَ إِلَى غَيْرِهِمْ وَقَدْ مَضَى فِي " الصَّافَاتِ." «٦» " أَتْرابٌ" أَيْ عَلَى سِنٍّ وَاحِدٍ، وَمِيلَادُ امْرَأَةٍ واحدة، وقد
(١). راجع ج ٧ ص ٣٣ طبعه أولى أو ثانية. (٢). راجع ج ١١ ص ٣٢٧ طبعه أولى أو ثانية. (٣). تقدمت هذه الرواية في ج ٩ ص ٣١١ بهذا اللفظ وهى توافق ما في تفسير الطبري وغيره عن عبد الله بن عمرو، ولفظ الأصل هنا" جنة عدن قصر في الجنة" إلخ. (٤). الحبرة" بكسر الحاء المهملة وفتحها" ضرب من البرود اليمنية مخطط. (٥). البيت للنابغة والشاهد فيه نصب الظهر بأجب على نية التنوين، وقد وصف مرض النعمان بن المنذر وأنه إن هلك صار الناس في أسوإ حال وأضيق عيش، وتمسكوا منه بمثل ذنب بعير أجب وهو الذي لا سنام له من الهزال. (٦). راجع ص ٨٠ من هذا الجزة.

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