[Coran, sourate Ṣâd (38), versets 45-47]
45. Et rappelle-toi Nos serviteurs : Abraham, Isaac et Jacob, détenteurs de vigueur et de lucidité.
46. Nous les avons distingués par une qualité exclusive : le rappel de l’Au-delà.
47. Ils comptent, auprès de Nous, parmi les élus, les meilleurs.
Parole du Très-Haut : « Et rappelle-toi Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob. »
Ibn ʿAbbâs a récité : « Notre serviteur » — avec une chaîne authentique, rapportée par Ibn ʿUyaynah, d’après ʿAmr, d’après ʿAtâʾ. C’est également la lecture de Mujâhid, Ḥumayd, Ibn Muḥayṣin et Ibn Kathîr. Selon cette lecture, « Ibrâhîm » est une mise en apposition (badal) de « ʿabdana » et « Isḥâq » et « Yaʿqûb » sont coordonnés. La lecture au pluriel, « ʿibâdanâ », est plus explicite ; c’est le choix d’Abû ʿUbayd et d’Abû Ḥâtim, et dans ce cas « Ibrâhîm » et ce qui suit sont également en apposition.
An-Naḥḥâs explique : sur le plan de la grammaire arabe, si tu dis : « J’ai vu nos compagnons : Zayd, ʿAmr et Khâlid », alors Zayd, ʿAmr et Khâlid sont une apposition et ils constituent les « compagnons ». Mais si tu dis : « J’ai vu notre compagnon : Zayd, ʿAmr et Khâlid », Zayd seul est en apposition, car il est « notre compagnon », tandis que ʿAmr et Khâlid sont coordonnés à « notre compagnon » et ne sont inclus dans la compagnie que par un indice extérieur. Or il est bien établi que la parole : « et Isaac et Jacob » les inclut dans la servitude.
On a tiré de ce verset l’argument que le fils à sacrifier était Isaac et non Ismâʿîl ; c’est l’opinion la plus correcte selon ce que nous avons exposé dans notre ouvrage « Al-Iʿlâm bi-mawlid an-nabiyy ʿalayhi as-salâm ».
« Ulî l-aydî wa-l-abṣâr »
An-Naḥḥâs dit : S’agissant d’« al-abṣâr », il y a unanimité pour y voir les clairvoyances dans la religion et la science. Quant à « al-aydî », son interprétation varie. Les exégètes affirment qu’il s’agit de la force dans la religion. D’autres disent que « al-aydî » est le pluriel de yad (main) et désigne le bienfait : ce sont ceux qu’Allâh a comblés de Ses grâces. On a également dit qu’il s’agit de gens de bienfaits et de bienfaisance, parce qu’ils ont fait le bien et l’ont devancé ; tel est l’avis retenu par Ṭabarî.
« Et certes ils sont, auprès de Nous, parmi les élus, les meilleurs » : c’est-à-dire ceux qu’Il a purifiés des souillures et choisis pour porter Son message. « Muṣṭafayn » est le pluriel de muṣṭafâ ; la forme d’origine est : muṣtafâ — comme cela a été exposé dans la sourate Al-Baqarah à la parole : « Allâh a certes choisi pour vous la religion ». Quant à « al-akhyâr », c’est le pluriel de khayr. Al-Aʿmash, ʿAbd-Luwârith et al-Ḥasan