Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abou Oumâmah ibn Sahl ibn Hunayf rapporte qu’un Compagnon du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — issu des Ansâr lui confia que l’un des leurs tomba malade au point de devenir exténué : il n’était plus que peau sur os. Une jeune esclave appartenant à l’un d’entre eux entra alors chez lui ; il se réjouit de sa présence et eut des rapports avec elle.

Lorsque des hommes de sa tribu vinrent lui rendre visite, il les informa de l’incident et leur dit : « Demandez pour moi une consultation au Messager d’Allâh — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — car j’ai eu des rapports avec une esclave qui est entrée auprès de moi. » Ils rapportèrent la chose au Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — et dirent : « Nous n’avons vu personne dans un état aussi éprouvant que le sien ; si nous le transportions jusqu’à toi, ses os se disloqueraient ; il n’est plus que peau sur os. » Le Messager d’Allâh — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — ordonna alors qu’on prît pour lui une palme portant cent brins et qu’on le frappe d’un seul coup.

Ach-Shâfi‘î a dit : « Si quelqu’un jure de frapper un tel de cent coups de fouet ou de cent coups — sans préciser qu’il s’agit de coups violents et sans en avoir l’intention dans son cœur — il lui suffit de procéder à une frappe semblable à celle mentionnée dans le verset ; il n’aura pas manqué à son serment. »

Ibn al-Mundhir dit : « Si une personne jure de frapper son esclave cent coups et le frappe d’un coup léger, elle est quitte selon Ach-Shâfi‘î, Abou Thawr et les jurisconsultes de l’école de l’opinion. » Mâlik, quant à lui, affirme : « On n’appelle frappe que celle qui fait réellement souffrir. »

Quatrième point — La parole du Très-Haut : « …et ne manque pas à ton serment » constitue la preuve que l’exception (l’istithnâ’) introduite dans un serment ne l’annule pas lorsqu’elle est différée ; cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-Mâ’idah ». On dit : « Il a rompu (ḥanitha) son serment » lorsqu’il ne s’y est pas conformé. Pour les grammairiens kûfiens, la conjonction « wa » est ici superfétatoire : autrement dit : « frappe donc, et ne sois pas parjure. »

Cinquième point — Ibn al-‘Arabî dit : La parole du Très-Haut : « Frappe donc avec cela et ne manque pas à ton serment » indique l’une des deux choses suivantes : soit qu’il n’existait pas, dans leur législation, d’expiation pour le serment, mais seulement la fidélité ou la violation ; soit qu’il s’agissait d’un vœu (nadhr) et non d’un serment (yamîn), et lorsqu’un vœu est déterminé il n’y a pas d’expiation selon Mâlik et Abou Hanîfah. Ach-Shâfi‘î soutient, quant à lui, que tout vœu implique une expiation.

Je (l’auteur) dis : L’affirmation selon laquelle il n’existait pas dans leur législation d’expiation n’est pas correcte, car Ayyûb — sur lui la paix — après avoir demeuré dans l’épreuve dix-huit ans, comme le rapporte le hadith de Ibn Chihâb, deux de ses compagnons lui dirent : « Tu as commis un péché qu’aucun homme, à notre connaissance, n’a atteint. » Ayyûb — paix sur lui — répondit : « Je ne sais pas ce que vous dites, si ce n’est que mon Seigneur… »

أَبُو أُمَامَةَ بْنُ سَهْلِ بْنِ حُنَيْفٍ أَنَّهُ أَخْبَرَهُ بَعْضُ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ الْأَنْصَارِ، أَنَّهُ اشْتَكَى رَجُلٌ مِنْهُمْ حَتَّى أَضْنَى، فَعَادَ جِلْدَةً عَلَى عَظْمٍ، فَدَخَلَتْ عَلَيْهِ جَارِيَةٌ لِبَعْضِهِمْ فَهَشَّ لَهَا فَوَقَعَ عَلَيْهَا، فَلَمَّا دَخَلَ عَلَيْهِ رِجَالُ قَوْمِهِ يَعُودُونَهُ أَخْبَرَهُمْ بِذَلِكَ وَقَالَ: اسْتَفْتُوا لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَإِنِّي قَدْ وَقَعْتُ عَلَى جَارِيَةٍ دَخَلَتْ عَلَيَّ. فَذَكَرُوا ذَلِكَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَقَالُوا: مَا رَأَيْنَا بِأَحَدٍ مِنَ النَّاسِ مِنَ الضُّرِّ مِثْلَ الَّذِي هُوَ بِهِ، لَوْ حَمَلْنَاهُ إِلَيْكَ لَتَفَسَّخَتْ عِظَامُهُ، مَا هُوَ إِلَّا جِلْدٌ عَلَى عَظْمٍ، فَأَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أن يَأْخُذُوا لَهُ مِائَةَ شِمْرَاخٍ فَيَضْرِبُوهُ بِهَا ضَرْبَةً وَاحِدَةً. قَالَ الشَّافِعِيُّ: إِذَا حَلَفَ لَيَضْرِبَنَّ فُلَانًا مِائَةَ جَلْدَةٍ، أَوْ ضَرْبًا وَلَمْ يَقُلْ ضَرْبًا شَدِيدًا وَلَمْ يَنْوِ ذَلِكَ بِقَلْبِهِ يَكْفِيهِ مِثْلُ هَذَا الضَّرْبِ الْمَذْكُورِ فِي الْآيَةِ وَلَا يَحْنَثُ. قَالَ ابْنُ الْمُنْذِرِ: وَإِذَا حَلَفَ الرَّجُلُ لَيَضْرِبَنَّ عَبْدَهُ مِائَةً فَضَرَبَهُ ضَرْبًا خَفِيفًا فَهُوَ بَارٌّ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ وَأَبِي ثَوْرٍ وَأَصْحَابِ الرَّأْيِ. وَقَالَ مَالِكٌ: لَيْسَ الضَّرْبُ إِلَّا الضَّرْبَ الَّذِي يُؤْلِمُ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلا تَحْنَثْ" دَلِيلٌ عَلَى أن الاستثناء في اليمين لا يرفع حكمها إِذَا كَانَ مُتَرَاخِيًا. وَقَدْ مَضَى، الْقَوْلُ فِيهِ فِي [الْمَائِدَةِ «١» ] يُقَالُ: حَنِثَ فِي يَمِينِهِ يَحْنَثُ إِذَا لَمْ يَبَرَّ بِهَا. وَعِنْدَ الْكُوفِيِّينَ الْوَاوُ مُقْحَمَةٌ أَيْ فَاضْرِبْ لَا تَحْنَثْ. الْخَامِسَةُ- قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَاضْرِبْ بِهِ وَلا تَحْنَثْ" يَدُلُّ عَلَى أَحَدِ وَجْهَيْنِ: إِمَّا أَنْ يَكُونَ أَنَّهُ لَمْ يَكُنْ فِي شَرْعِهِمْ كَفَّارَةٌ، وَإِنَّمَا كَانَ الْبَرُّ وَالْحِنْثُ. وَالثَّانِي أَنْ يَكُونَ صَدَرَ مِنْهُ نَذْرٌ لَا يَمِينَ وَإِذَا كَانَ النَّذْرُ مُعَيَّنًا فَلَا كَفَّارَةَ فِيهِ عِنْدَ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: فِي كُلِّ نَذْرٍ كَفَّارَةٌ. قُلْتُ: قَوْلُهُ إِنَّهُ لَمْ يَكُنْ فِي شَرْعِهِمْ كَفَّارَةٌ لَيْسَ بِصَحِيحٍ، فَإِنَّ أَيُّوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمَّا بَقِيَ فِي الْبَلَاءِ ثَمَانَ عَشْرَةَ سَنَةً، كَمَا فِي حَدِيثِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ لَهُ صَاحِبَاهُ: لَقَدْ أَذْنَبْتَ ذَنْبًا مَا أَظُنُّ أَحَدًا بَلَغَهُ. فَقَالَ أَيُّوبُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا أَدْرِي مَا تَقُولَانِ، غَيْرَ أَنَّ ربي
(١). راجع ج ٦ ص ٢٧٢ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية

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