Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On rapporte qu’Allah châtia Nabuchodonosor, lequel fut changé – selon la note (1) – et demeura parmi les fauves pendant sept ans ; c’est ce qu’a mentionné Abû Nuʿaym.
D’autres ont dit : dix ans.
D’autres encore ont affirmé : dix-huit ans.
Anas – qu’Allah l’agrée – l’a rapporté avec élévation de chaîne, selon ce qu’a cité al-Mâwardî.
Je dis : Ibn al-Mubârak l’a également relaté ; Yûnus ibn Yazîd nous a informés, d’après ʿUqayl, d’après Ibn Shihâb, que le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – évoqua un jour le prophète Ayyûb, ce qu’il endura comme épreuve, et précisa que la durée de l’épreuve qui l’avait atteint fut de dix-huit ans. Al-Qushayrî a également cité ce ḥadîth.
Certains ont soutenu : quarante ans.
Parole du Très-Haut :
« Nous lui rendîmes sa famille et autant en plus avec eux »
– l’exégèse de ce verset a déjà été exposée dans la sûrah « Al-Anbiyâ’ » (2).
« par miséricorde de Notre part » : c’est-à-dire un bienfait venant de Nous.
« et rappel pour les doués d’intelligence » : une leçon pour ceux qui possèdent la raison.
[Sûrat Ṣâd (38), verset 44]
« Et prends dans ta main une gerbe, frappe-en avec elle et ne manque pas à ton serment. Certes, Nous l’avons trouvé patient ; quel excellent serviteur ! En vérité, il revenait sans cesse à Nous. » (v. 44)

Ce passage comporte sept questions juridiques :

  1. Ayyûb, durant sa maladie, avait juré de frapper son épouse d’une centaine de coups.
    Concernant la cause de ce serment, quatre avis ont été rapportés :
    – Premier avis, rapporté par Ibn ʿAbbâs : Iblîs la rencontra sous l’apparence d’un médecin. Elle l’invita à soigner Ayyûb. Il répondit : « Je le soignerai à condition que, lorsqu’il guérira, il dise : “C’est toi qui m’as guéri ; je ne veux d’autre rétribution que cette parole.” » Elle accepta et en parla à Ayyûb. Celui-ci jura alors de la frapper, disant : « Malheur à toi ! Cet homme est le diable. »
    – Deuxième avis, rapporté par Saʿîd ibn al-Musayyab : elle lui apporta plus de pain qu’à l’accoutumée. Il craignit qu’elle n’ait commis une trahison et jura de la frapper.
    – Troisième avis, rapporté par Yaḥyâ ibn Sallâm et d’autres : le diable la poussa à encourager Ayyûb à sacrifier un chevreau en offrande au diable, sous prétexte qu’il guérirait ainsi. Elle lui soumit la proposition ; Ayyûb jura alors, si Allah le guérissait, de la frapper cent fois.
    – Quatrième avis : il est dit qu’elle vendit ses nattes de cheveux contre deux pains, faute de trouver de quoi nourrir Ayyûb. Or, Ayyûb s’appuyait sur ses tresses lorsqu’il voulait se lever. Pour cela, il jura de la frapper. Lorsqu’Allah le guérit, Il lui ordonna de prendre une gerbe (ḍighth) et d’en frapper son épouse, afin qu’il s’acquitte de son serment sans lui infliger de sévère correction.
وعذب بخت نصر وَحُوِّلَ «١» فِي السِّبَاعِ سَبْعَ سِنِينَ. ذَكَرَهُ أَبُو نُعَيْمٍ. وَقِيلَ: عَشْرَ سِنِينَ. وَقِيلَ: ثَمَانَ عَشْرَةَ سَنَةً. رَوَاهُ أَنَسٌ مَرْفُوعًا فِيمَا ذَكَرَ الْمَاوَرْدِيُّ: قُلْتُ: وَذَكَرَهُ ابْنُ الْمُبَارَكِ، أَخْبَرَنَا يُونُسُ بْنُ يَزِيدَ، عَنْ عُقَيْلٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَكَرَ يَوْمًا أَيُّوبَ، وَمَا أَصَابَهُ مِنَ الْبَلَاءِ، وَذَكَرَ أَنَّ الْبَلَاءَ الَّذِي أَصَابَهُ كَانَ بِهِ ثَمَانَ عَشْرَةَ سَنَةً. وَذَكَرَ الْحَدِيثَ الْقُشَيْرِيُّ. وَقِيلَ: أَرْبَعِينَ سَنَةً. قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَوَهَبْنا لَهُ أَهْلَهُ وَمِثْلَهُمْ مَعَهُمْ" تَقَدَّمَ فِي " الْأَنْبِيَاءِ" «٢» الْكَلَامُ فِيهِ. " رَحْمَةً مِنَّا" أَيْ نِعْمَةً مِنَّا. " وَذِكْرى لِأُولِي الْأَلْبابِ" أي عبرة لذوي العقول. [[سورة ص (٣٨) : آية ٤٤]] وَخُذْ بِيَدِكَ ضِغْثاً فَاضْرِبْ بِهِ وَلا تَحْنَثْ إِنَّا وَجَدْناهُ صابِراً نِعْمَ الْعَبْدُ إِنَّهُ أَوَّابٌ (٤٤) فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- كَانَ أَيُّوبُ حَلَفَ فِي مَرَضِهِ أَنْ يَضْرِبَ امْرَأَتَهُ مِائَةَ جَلْدَةٍ، وَفِي سَبَبِ ذَلِكَ أَرْبَعَةُ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا مَا حَكَاهُ ابْنُ عَبَّاسٍ أَنَّ إِبْلِيسَ لَقِيَهَا فِي صُورَةِ طَبِيبٍ فَدَعَتْهُ لِمُدَاوَاةِ أَيُّوبَ، فَقَالَ أُدَاوِيهِ عَلَى أَنَّهُ إِذَا بَرِئَ قَالَ أَنْتَ شَفَيْتَنِي، لَا أُرِيدُ جَزَاءً سِوَاهُ. قَالَتْ: نَعَمْ فَأَشَارَتْ عَلَى أَيُّوبَ بِذَلِكَ فَحَلَفَ لَيَضْرِبَنَّهَا. وَقَالَ: وَيْحَكِ ذَلِكَ الشَّيْطَانُ. الثَّانِي- مَا حَكَاهُ سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ، أَنَّهَا جَاءَتْهُ بِزِيَادَةٍ عَلَى مَا كَانَتْ تَأْتِيهِ مِنَ الْخُبْزِ، فَخَافَ خِيَانَتَهَا فَحَلَفَ لَيَضْرِبَنَّهَا. الثَّالِثُ- مَا حَكَاهُ يَحْيَى بْنُ سَلَّامٍ وَغَيْرُهُ: أَنَّ الشَّيْطَانَ أَغْوَاهَا أَنْ تَحْمِلَ أَيُّوبَ عَلَى أَنْ يَذْبَحَ سَخْلَةً تَقَرُّبًا إِلَيْهِ وَأَنَّهُ يَبْرَأُ، فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لَهُ فَحَلَفَ لَيَضْرِبَنَّهَا إِنْ عُوفِيَ مِائَةً. [الرَّابِعُ [قِيلَ: بَاعَتْ ذَوَائِبَهَا بِرَغِيفَيْنِ إِذْ لَمْ تَجِدْ شَيْئًا تَحْمِلُهُ إِلَى أَيُّوبَ، وَكَانَ أَيُّوبُ يَتَعَلَّقُ بِهَا إِذَا أَرَادَ الْقِيَامَ، فَلِهَذَا حَلَفَ لَيَضْرِبَنَّهَا، فَلَمَّا شَفَاهُ اللَّهُ أَمَرَهُ أَنْ يأخذ ضغثا فيضرب به،
(١). حول بمعنى مسخ، راجع قصة دانيال في قصص الأنبياء للثعلبي. (٢). راجع ج ١١ ص ٣٢٣ وما بعدها طبعه أولى أو ثانيه.

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