Dans le Ṣaḥîḥ – et la formulation est celle rapportée par al-Bukhârî – Ibn ‘Abbâs a dit :
« Ô assemblée des musulmans ! Vous interrogez les Gens du Livre alors que votre Livre, qui a été révélé à votre Prophète, est la plus récente des informations venant d’Allah ; vous le lisez à l’état pur, sans altération. Or il vous a pourtant informés que les Gens du Livre ont altéré et modifié les Écritures d’Allah, qu’ils ont rédigé des écrits de leurs propres mains
et ont dit : ﴾Ceci vient d’Allah﴿ afin d’en tirer un profit dérisoire. »
(Sourate al-Baqarah, v. 79)
Et ce qui vous est parvenu comme science ne vous dissuade donc pas de les questionner ! Par Allah, nous n’avons jamais vu l’un d’eux venir vous interroger au sujet de ce qui vous a été révélé. Le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a d’ailleurs désapprouvé, dans le ḥadîth rapporté par l’Imâm Mâlik dans al-Muwaṭṭaʾ, que ʿUmar lise la Torah.
Parole d’Allah, Exalté soit-Il :
« Frappe du pied (arkuḍ birijlik) ! »
Le terme « rakḍ » signifie pousser ou frapper du pied. On dit : « rakada al-dâbbata » (il a fait bondir la monture) et « rakada thawbahu birijlih » (il a frappé son vêtement de son pied).
Al-Mubarrid explique que « rakḍ » signifie l’agitation, et al-Aṣmaʿî ajoute : on dit « j’ai fait bondir la monture », mais on ne dit pas « elle a bondi d’elle-même », car le « rakḍ » est en réalité l’action du cavalier qui meut ses jambes ; l’animal n’y est pour rien. Sîbawayh rapporte : « rakadtu al-dâbbata farakadat » (« je fis bondir la monture et elle bondit »), tout comme « jabar-tu al-ʿaẓma fajabara » (« j’ai remis l’os et il s’est remis ») ou « ḥazantuhu faḥazina » (« je l’ai attristé et il s’est attristé »).
Il y a ici une ellipse : « Nous lui dîmes : frappe ! », précise al-Kisâʾî, et cela après qu’Allah l’eut guéri.
« Voici pour toi une eau fraîche où te laver et à boire. »
C’est-à-dire qu’il frappa (le sol) et une source jaillit ; il s’y lava et la maladie disparut de son extérieur, puis il en but et la maladie disparut de son intérieur.
Qatâdah dit : « Il s’agit de deux sources au pays du Šâm, dans une contrée appelée al-Jâbiyah ; il se lava dans l’une et Allah fit disparaître la maladie apparente, puis il but de l’autre et Allah fit disparaître la maladie interne. » Un propos semblable est rapporté de al-Ḥasan et de Muqâtil.
Muqâtil ajoute : « Une source chaude jaillit, il s’y lava et en sortit sain, puis une autre source jaillit, il en but une eau douce. »
D’autres ont dit : Il lui fut ordonné de frapper du pied afin que tout mal se disperse de son corps.
Al-Qutaybî dit : al-mughtasal désigne l’eau avec laquelle on se lave. Muqâtil, pour sa part, dit que c’est l’endroit où l’on se lave.
Al-Jawharî écrit : « Je me suis lavé avec l’eau (ightasaltu bi-l-mâʾ) ; al-ġasûl est l’eau avec laquelle on se lave, tout comme al-mughtasal. » Allah – Très-Haut – dit : « Voici une eau fraîche où te laver et à boire. » Le terme al-mughtasal peut également désigner le lieu d’ablution ; al-maġsil ou al-maġsal (avec kasra ou fatḥa sur le sîn) désigne la table de lavage des morts, son pluriel étant al-maġâsil.
Les avis divergent sur la durée pendant laquelle Ayyûb demeura éprouvé.
Ibn ‘Abbâs dit : « Sept années, sept mois, sept jours et sept heures. »
Wahb ibn Munabbih dit : « Ayyûb fut éprouvé sept ans ; et Yûsuf fut laissé en prison durant sept ans. »