Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et quand bien même cette scène aurait été représentée, la femme aurait su qu’il ne s’agissait que de sorcellerie, tout comme nous le savons – alors qu’elle nous surpasse en cette science –, car il n’est point d’époque qui fût jamais exempte de magie, de ses récits, de sa pratique parmi les gens et de ses artifices.

Le Qâdî dit : Ce qui les a enhardis et leur a servi de prétexte pour proférer ces affirmations est la parole du Très-Haut : « Quand il invoqua son Seigneur : “Le Diable m’a touché d’une peine et d’un tourment.” » Lorsqu’ils le virent se plaindre de l’atteinte du Démon, ils lui accolèrent, de leur propre chef, les interprétations précitées. Or la réalité n’est pas telle qu’ils l’ont prétendue ; tous les actes, bons ou mauvais, qu’ils relèvent de foi ou de mécréance, d’obéissance ou de désobéissance, ont pour Créateur Allah seul, sans associé dans Sa création ni dans celle d’aucune autre chose. Toutefois, le mal ne Lui est pas attribué explicitement – bien qu’Il l’ait créé –, par politesse qu’Il nous a enseignée et louange qu’Il nous a apprise.

Parmi les paroles du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – à son Seigneur, figure notamment : « Le bien est entre Tes Mains et le mal ne Te revient pas », dans ce même sens. De même, Ibrâhîm a dit : « Et lorsque je suis malade, c’est Lui qui me guérit » (ash-Shuʿarâʾ, 80), et le jeune homme dit à Mûsâ : « Ce n’est que le Diable qui m’a fait l’oublier » (al-Kahf, 63).

Quant à leur affirmation selon laquelle un opprimé l’aurait sollicité sans qu’il lui vienne en aide, qui donc garantit l’authenticité d’un tel propos ? S’il était capable de le secourir, il ne serait licite à personne de s’en abstenir, et l’on l’aurait blâmé pour désobéissance, or il est à l’abri d’un tel grief. Et s’il en était incapable, aucune faute ne lui incombe.

Il en est de même de leur prétention selon laquelle il aurait empêché un pauvre d’entrer : s’il en avait eu connaissance, cela constituerait un tort ; mais s’il ne le savait pas, aucune responsabilité ne lui incombe.

Quant à leur insinuation disant qu’il aurait « flatté » le roi mécréant au sujet de son troupeau, ne dis pas « flatté », dis plutôt « usé de diplomatie ». Repousser le mécréant ou l’injuste de sa personne ou de ses biens par le moyen de l’argent est permis, à condition de paroles convenables.

Le Qâdî Abû Bakr Ibn al-ʿArabî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : Rien n’a été authentiquement rapporté sur l’affaire de Ayyûb sauf ce qu’Allah nous a appris dans Son Livre en deux versets : le premier : « Et Ayyûb, lorsqu’il appela son Seigneur : “Le mal m’a touché.” » (Al-Anbiyâʾ, 83) ; le second, dans la sûrah Ṣâd : « Le Diable m’a touché d’une peine et d’un tourment. »

Quant au Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, aucun propos authentique ne lui est attribué à son sujet si ce n’est sa parole : « Alors qu’Ayyûb se baignait, un nuage de sauterelles d’or tomba sur lui… », le hadith. Puisqu’il n’existe, à propos de cette affaire, ni verset ni hadith authentique autre que ceux que nous avons cités, quelle voie transmettrait donc à l’auditeur le récit de Ayyûb ? Sur quelle langue l’aurait-on entendu ?

Les récits israélites sont, de façon catégorique, rejetés par les savants ; détourne donc ton regard de leurs lignes et ferme tes oreilles à leur écoute, car ils n’offrent à ton esprit que chimère et n’ajoutent à ton cœur que désarroi.

وَلَوْ تُصُوِّرَ لَعَلِمَتِ الْمَرْأَةُ أَنَّهُ سِحْرٌ كَمَا نَعْلَمُهُ نَحْنُ وَهِيَ فَوْقَنَا فِي الْمَعْرِفَةِ بِذَلِكَ، فَإِنَّهُ لَمْ يَخْلُ زَمَانٌ قَطُّ مِنَ السِّحْرِ وَحَدِيثِهِ وَجَرْيِهِ بَيْنَ النَّاسِ وَتَصْوِيرِهِ. قَالَ الْقَاضِي: وَالَّذِي جَرَّأَهُمْ عَلَى ذَلِكَ وَتَذَرَّعُوا بِهِ إِلَى ذِكْرِ هَذَا قَوْلُهُ تَعَالَى: " إِذْ نَادَى رَبَّهُ أَنِّي مَسَّنِيَ الشَّيْطانُ بِنُصْبٍ وَعَذابٍ" فَلَمَّا رَأَوْهُ قَدْ شَكَا مَسَّ الشَّيْطَانِ أَضَافُوا إِلَيْهِ مِنْ رَأْيِهِمْ مَا سَبَقَ مِنَ التَّفْسِيرِ فِي هَذِهِ الْأَقْوَالِ. وَلَيْسَ الْأَمْرُ كَمَا زَعَمُوا وَالْأَفْعَالُ كُلُّهَا خَيْرُهَا وَشَرُّهَا. فِي إِيمَانِهَا وَكُفْرِهَا، طَاعَتِهَا وَعِصْيَانِهَا، خَالِقُهَا هُوَ اللَّهُ لَا شَرِيكَ لَهُ فِي خلقه، ولا في خلق شي غَيْرِهَا، وَلَكِنَّ الشَّرَّ لَا يُنْسَبُ إِلَيْهِ ذِكْرًا، وَإِنْ كَانَ مَوْجُودًا مِنْهُ خَلْقًا، أَدَبًا أَدَّبَنَا بِهِ، وَتَحْمِيدًا عَلَّمَنَاهُ. وَكَانَ مِنْ ذِكْرِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِرَبِّهِ بِهِ قَوْلٌ مِنْ جُمْلَتِهِ: " وَالْخَيْرُ فِي يَدَيْكَ وَالشَّرُّ لَيْسَ إِلَيْكَ" عَلَى هَذَا الْمَعْنَى. وَمِنْهُ قَوْلُ إِبْرَاهِيمَ: " وَإِذا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ" [الشعراء: ٨٠] وَقَالَ الْفَتَى لِلْكَلِيمِ: " وَما أَنْسانِيهُ إِلَّا الشَّيْطانُ" [الكهف: ٦٣] وَأَمَّا قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ اسْتَعَانَ بِهِ مَظْلُومٌ فَلَمْ يَنْصُرْهُ، فَمَنْ لَنَا بِصِحَّةِ هَذَا الْقَوْلِ. وَلَا يَخْلُو أَنْ يَكُونَ قَادِرًا عَلَى نَصْرِهِ، فَلَا يَحِلُّ لِأَحَدٍ تَرْكُهُ فَيُلَامُ عَلَى أَنَّهُ عَصَى وَهُوَ مُنَزَّهٌ عَنْ ذَلِكَ،. أَوْ كَانَ عَاجِزًا فلا شي عَلَيْهِ فِي ذَلِكَ، وَكَذَلِكَ قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ مَنَعَ فَقِيرًا مِنَ الدُّخُولِ، إِنْ كَانَ عَلِمَ بِهِ فَهُوَ بَاطِلٌ عَلَيْهِ وَإِنْ لَمْ يَعْلَمْ بِهِ فلا شي عَلَيْهِ فِيهِ. وَأَمَّا قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ دَاهَنَ عَلَى غَنَمِهِ الْمَلِكَ الْكَافِرَ فَلَا تَقُلْ دَاهَنَ وَلَكِنْ قُلْ دَارَى. وَدَفْعُ الْكَافِرِ وَالظَّالِمِ عَنِ النَّفْسِ أو المال بالمال جائز، نعم وبحسن الْكَلَامُ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ الْقَاضِي أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: وَلَمْ يَصِحَّ عَنْ أَيُّوبَ فِي أَمْرِهِ إِلَّا مَا أَخْبَرَنَا اللَّهُ عَنْهُ فِي كِتَابِهِ فِي آيَتَيْنِ، الْأُولَى قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَأَيُّوبَ إِذْ نَادَى رَبَّهُ أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ" [الأنبياء: ٨٣] وَالثَّانِيَةُ فِي: " ص" " أَنِّي مَسَّنِيَ الشَّيْطانُ بِنُصْبٍ وَعَذابٍ" . وَأَمَّا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمْ يَصِحَّ عَنْهُ أَنَّهُ ذَكَرَهُ بِحَرْفٍ وَاحِدٍ إِلَّا قَوْلُهُ: " بَيْنَا أَيُّوبُ يَغْتَسِلُ إِذْ خَرَّ عَلَيْهِ رِجْلٌ مِنْ جَرَادٍ مِنْ ذَهَبٍ" الْحَدِيثُ. وَإِذْ لَمْ يَصِحَّ عَنْهُ فِيهِ قُرْآنٌ وَلَا سُنَّةٌ إِلَّا مَا ذَكَرْنَاهُ، فَمَنِ الَّذِي يُوصِلُ السَّامِعَ إِلَى أَيُّوبَ خَبَرُهُ، أَمْ عَلَى أَيِّ لِسَانٍ سَمِعَهُ؟ وَالْإِسْرَائِيلِيَّاتُ مَرْفُوضَةٌ عِنْدَ الْعُلَمَاءِ عَلَى الْبَتَاتِ، فَأَعْرِضْ عَنْ سُطُورِهَا بَصَركَ، وَأَصْمِمْ عَنْ سَمَاعِهَا أُذُنَيْكَ، فَإِنَّهَا لَا تُعْطِي فِكْرَكَ إِلَّا خَيَالًا، وَلَا تَزِيدُ فُؤَادَكَ إِلَّا خَبَالًا

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