Le malheur le frappa ; les trois hommes qui avaient embrassé la foi grâce à lui le réprimandèrent alors et s’élevèrent contre cette attitude.
On rapporte aussi :
– Un opprimé sollicita son aide, mais il ne le secourut point ; il fut donc éprouvé pour cette raison.
– Un jour, il invita des hôtes ; lorsqu’un pauvre voulut entrer, il le lui refusa et fut, pour cela, mis à l’épreuve.
– Il arrivait à Ayyûb d’aller combattre un roi ; or, il possédait un troupeau de moutons dans le territoire de ce roi et, pour les conserver, il flatta celui-ci en renonçant à le combattre ; il fut alors éprouvé.
– Certains, par ailleurs, évitaient son épouse, disant : « Nous craignons la contagion », et la trouvaient repoussante ; c’est à ce propos qu’il déclara : « Le Diable m’a touché. »
Son épouse se nommait Liyyâ, fille de Ya‘qûb, et Ayyûb vécut à l’époque de Ya‘qûb ; sa mère était quant à elle la fille de Lût.
D’autres disent : l’épouse d’Ayyûb était Rahma, fille d’Ephraïm, fils de Yûsuf, fils de Ya‘qûb (que la paix soit sur eux). At-Tabarî (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte ces deux avis.
Ibn al-‘Arabî déclare :
« Ce que les exégètes rapportent au sujet d’Iblîs, à savoir qu’il disposait, un jour par an, d’un emplacement au septième ciel, est une assertion fausse. Il a été précipité de ce lieu, sous la malédiction et la colère divines, vers la terre ; comment donc pourrait-il remonter jusqu’au domaine de la satisfaction divine, parcourir les stations des Prophètes, franchir les cieux élevés, atteindre le septième ciel, là où résident les Prophètes, et se tenir à la place de l’Ami intime (Ibrâhîm) ? Voilà là une énormité d’ignorance. »
Il ajoute : « De même, l’allégation selon laquelle Allah, exalté soit-Il, lui aurait dit : “As-tu pu nuire en quoi que ce soit à Mon serviteur Ayyûb ?” est catégoriquement fausse. Allah, glorifié et exalté, ne parle pas aux impies qui appartiennent aux troupes d’Iblîs le maudit ; comment parlerait-Il donc à celui qui se charge de les égarer ?
Quant à leurs dires : “Allah lui aurait dit : Je t’ai donné pouvoir sur ses biens et ses enfants”, cela est certes possible dans l’absolu, mais paraît invraisemblable dans ce récit.
De même encore, leur affirmation selon laquelle Iblîs aurait soufflé sur son corps lorsque ce pouvoir lui fut conféré est plus invraisemblable encore. Le Créateur – exalté soit-Il – est parfaitement capable de produire tout cela sans que le Diable n’y ait la moindre part, jusqu’à ce que – qu’Allah le maudisse – il puisse se réjouir d’avoir prise sur les Prophètes, leurs biens, leurs familles ou leurs personnes.
Quant à l’histoire suivant laquelle il aurait dit à l’épouse d’Ayyûb : “Je suis le dieu de la terre ; si tu abandonnes le rappel d’Allah et te prosternes devant moi, je le guérirai”, sachez – et vous le savez bien – que si l’un de vous, souffrant, entendait de telles paroles, jamais il n’admettrait qu’un être puisse être une divinité sur terre, qu’on lui voue une prosternation ou qu’il octroie la guérison ; comment donc l’épouse d’un Prophète pourrait-elle en douter ? Quand bien même il se serait agi de la femme d’un homme obscur ou d’un simplet (1) berbère, elle n’aurait pu l’accepter.
Quant à la prétendue apparition, dans une vallée, de l’ensemble des biens et de la famille pour la convaincre, c’est là une chose qu’Iblîs est absolument incapable de réaliser ; cela ne relève nullement de la magie pour qu’on l’y rattache. »