Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On a dit : le terme « aṣāba » veut dire « il a voulu » dans la langue des Himyarites.
Qatâda, pour sa part, affirme : c’est l’expression usitée dans le parler de Hajar.

Il a également été avancé que l’expression « ḥaythu aṣāba » signifie : « là où il se proposa d’aller », image empruntée à la flèche qui atteint exactement la cible visée.

« Et (Nous assujettîmes) les démons — tous bâtisseurs et plongeurs » :
c’est-à-dire : Nous plaçâmes sous son autorité les shayâtîn, chose qui n’avait été accordée à personne avant lui.

« kulla bannāʾin » est un apposition polymorphe de « les démons » ; autrement dit : chacun d’eux était bâtisseur, érigeant pour lui tout ce qu’il désirait. Le poète dit :
« Hors Salomon, lorsque le Très-Haut lui ordonna :
– Va dans la steppe et dessine-en les limites, loin de toute frivolité ;
– Soumets les génies, Je les ai autorisés :
ils bâtiront Tadmor de dalles polies et de colonnes. »

« wa-ghawwâṣ » : c’est-à-dire des plongeurs en mer qui font remonter pour lui les perles. Salomon fut le premier pour qui l’on tira le nacre et les perles du fond des eaux.

« Et d’autres encore, enchaînés deux à deux dans les entraves » :
c’est-à-dire que Nous lui avons sou­mis les démons les plus rebelles, jusqu’à les lier de chaînes et de fers, ainsi que l’explique Qatâda.
Al-Suddi dit : « les entraves » sont les carcans ; Ibn ʿAbbâs précise : « dans des liens ». Le poète a dit :
« Ils revinrent avec butin et captives,
tandis que nous ramenions des rois chargés de chaînes. »

Yahyâ b. Sallâm commente : il n’agissait ainsi qu’avec les démons infidèles ; lorsqu’ils embrassaient la foi, il les relâchait et ne les astreignait plus.

La parole du Très-Haut : « Ceci est Notre don » :
il s’agit du royaume ; autrement dit : « voilà Notre don : distribue-le ou retiens-le à ta guise, il ne te sera pas demandé de compte », ainsi l’ont rapporté al-Ḥasan, al-Ḍaḥḥâk et d’autres.

Al-Ḥasan a dit : « Toute faveur dont Allah gratifie quelqu’un entraîne pour lui responsabilité et reddition de comptes, à l’exception de Sulaymân — sur lui la paix —, car Allah — Très-haut soit-Il — a déclaré : ‘Ceci est Notre don ; dispense-le ou retiens-le sans avoir à rendre de comptes.’ »

Qatâda explique que l’indication contenue dans « Ceci est Notre don » renvoie à la puissance sexuelle qui lui fut accordée : il avait trois cents épouses et sept cents concubines, et portait dans ses reins la vigueur de cent hommes ; tel est le récit d’Ikrima d’après Ibn ʿAbbâs, et son sens figure dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî.

Dans cette optique, l’expression « fa-mnun » (dispense) provient de « al-manī » (la semence). On dit « amnā – yumnī » et « manā – yamnī », deux formes verbales. Lorsque tu ordonnes à qui « amnā », tu dis : « amnِ », et du verbe « manā », on dit dans l’impératif : « mnِ ». Si l’on maintient la nūn légère verbale, on dira : « imnun ».

وَقِيلَ: أَصَابَ أَرَادَ بِلُغَةِ حِمْيَرَ. وَقَالَ قَتَادَةُ: هُوَ بِلِسَانِ هَجَرَ. وَقِيلَ: " حَيْثُ أَصَابَ" حِينَمَا قَصَدَ، وَهُوَ مَأْخُوذٌ مِنْ إِصَابَةِ السَّهْمِ الْغَرَضَ المقصود. " وَالشَّياطِينَ كُلَّ بَنَّاءٍ وَغَوَّاصٍ" أَيْ وَسَخَّرْنَا لَهُ الشَّيَاطِينَ وَمَا سُخِّرَتْ لِأَحَدٍ قَبْلَهُ. " كُلَّ بَنَّاءٍ" بَدَلٌ مِنَ الشَّيَاطِينِ أَيْ كُلَّ بَنَّاءٍ مِنْهُمْ، فَهُمْ يَبْنُونَ لَهُ مَا يشاء. قال «١» إِلَّا سُلَيْمَانَ إِذْ قَالَ الْإِلَهُ لَهُ ... قُمْ فِي الْبَرِيَّةِ فَاحْدُدْهَا عَنِ الْفَنَدِ وَخَيِّسِ الْجِنَّ إِنِّي قَدْ أَذِنْتُ لَهُمْ ... - يَبْنُونَ تَدْمُرَ بِالصُّفَّاحِ وَالْعُمُدِ " وَغَوَّاصٍ" يَعْنِي فِي الْبَحْرِ يَسْتَخْرِجُونَ لَهُ الدُّرَّ. فَسُلَيْمَانُ أَوَّلُ مَنِ اسْتُخْرِجَ لَهُ اللُّؤْلُؤ مِنَ الْبَحْرِ. " وَآخَرِينَ مُقَرَّنِينَ فِي الْأَصْفادِ" أَيْ وَسَخَّرْنَا لَهُ مَرَدَةَ الشَّيَاطِينِ حَتَّى قَرَنَهُمْ فِي سَلَاسِلِ الْحَدِيدِ وَقُيُودِ الْحَدِيدِ، قَالَ قَتَادَةُ. السُّدِّيُّ: الْأَغْلَالُ. ابْنُ عَبَّاسٍ: فِي وَثَاقٍ. وَمِنْهُ قَوْلُ الشاعر «٢» فَآبَوْا بِالنِّهَابِ وَبِالسَّبَايَا ... - وَأُبْنَا بِالْمُلُوكِ مُصَفَّدِينَا قَالَ يَحْيَى بْنُ سَلَّامٍ: وَلَمْ يَكُنْ يَفْعَلُ ذَلِكَ إِلَّا بِكُفَّارِهِمْ، فَإِذَا آمَنُوا أَطْلَقَهُمْ وَلَمْ يُسَخِّرْهُمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " هَذَا عَطاؤُنا" الْإِشَارَةُ بِهَذَا إِلَى الملك، أي هذا الملك عطاؤنا فَأَعْطِ مَنْ شِئْتَ أَوِ امْنَعْ مَنْ شِئْتَ لَا حِسَابَ عَلَيْكَ، عَنِ الْحَسَنِ وَالضَّحَّاكِ وَغَيْرِهِمَا. قَالَ الْحَسَنُ: مَا أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَى أَحَدٍ نِعْمَةً إِلَّا عَلَيْهِ فِيهَا تَبِعَةٌ إِلَّا سُلَيْمَانَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَقُولُ: " هَذَا عَطاؤُنا فَامْنُنْ أَوْ أَمْسِكْ بِغَيْرِ حِسابٍ" . وَقَالَ قَتَادَةُ: الْإِشَارَةُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: " هَذَا عَطاؤُنا" إِلَى مَا أُعْطِيَهُ مِنَ الْقُوَّةِ عَلَى الْجِمَاعِ، وَكَانَتْ لَهُ ثَلَاثُمِائَةِ امْرَأَةٍ وَسَبْعُمِائَةِ سُرِّيَّةٍ، وَكَانَ فِي ظَهْرِهِ مَاءَ مِائَةِ رَجُلٍ، رَوَاهُ عِكْرِمَةُ عن ابن عباس «٣» . ومعناه في البخاري. وعلى هذا " فَامْنُنْ" مِنَ الْمَنِيِّ، يُقَالُ: أَمْنَى يُمْنِي وَمَنَى يَمْنِي لُغَتَانِ، فَإِذَا أَمَرْتَ مَنْ أَمْنَى قُلْتَ أَمْنِ، وَيُقَالُ: مِنْ مَنَى يَمْنِي فِي الْأَمْرِ امْنِ، فَإِذَا جِئْتَ بِنُونِ الْفِعْلِ نُونِ الْخَفِيفَةِ قلت امنن. ومن
(١). هو النابغة ألذ بياني: ويروى إذ قال المليك له. ويروى فازجرها عن الفند. أي الخطاء. وخيس أي ذلل. والصفاح جمع صفاحة بشد الفاء وهى حجارة رقاق عراض. (٢). هو عمرو بين كلثوم والبيت من معلقنه. (٣). قال أبو حيان في تفسيره: ولعله لا يصح عن ابن عباس لأنه لم يجر هنا ذكر النساء، ولا ما أوتى من القدرة على ذلك.

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