Lorsque Dieu rendit à Sulaymân son royaume, celui-ci s’empara du démon qui s’était emparé de son anneau. Il fit creuser pour lui une cavité dans un rocher, l’y enferma, la boucha avec un autre bloc de pierre qu’il fixa solidement à l’aide de fer et de plomb, apposa dessus son propre sceau, puis la jeta dans la mer en disant : « Telle est ta prison jusqu’au Jour de la Résurrection. »
‘Alî – qu’Allâh l’agrée – rapporte : « Lorsque Sulaymân reprit l’anneau, les démons, les djinns, les humains, les oiseaux, les bêtes sauvages et le vent accoururent aussitôt vers lui. Le démon qui s’était substitué à lui auprès de sa famille prit la fuite et gagna une île au milieu de la mer. Sulaymân y dépêcha des démons qui revinrent dire : “Nous ne pouvons l’atteindre. Il ne se rend qu’une seule fois tous les sept jours à une source de l’île, et nous ne pourrons rien contre lui tant qu’il ne sera pas ivre.” »
Sulaymân fit donc épuiser l’eau de la source et la remplaça par du vin. Le jour venu, le démon trouva la boisson et s’écria : « Par Allâh ! Tu es certes un breuvage exquis, mais tu fais perdre raison au sage et accrois la folie de l’ignorant. » Tourmenté ensuite par une soif intense, il revint, réitéra ses paroles, but le vin et perdit la raison. On lui montra alors l’anneau ; il répondit : « J’écoute et j’obéis. » On le conduisit devant Sulaymân, qui le lia et l’envoya vers une montagne – que certains identifient comme « la montagne de la Fumée » –, affirmant : « La fumée que vous apercevez émane de son souffle, et l’eau qui jaillit de la montagne provient de son urine. »
Mujâhid dit : « Le nom de ce démon est Âsif. » As-Suddi affirme : « Il s’appelle Habqîq. » – Allâh est plus Savant. Cette version a toutefois été contestée, car il est établi qu’un démon ne peut prendre l’apparence des prophètes ; il est en outre impensable que le peuple du royaume de Sulaymân ait pu confondre un démon avec son prophète, au point de croire qu’ils étaient avec lui dans la vérité alors qu’ils suivaient un démon dans l’erreur.
On a également avancé que le « corps » (al-jasad) était un fils né à Sulaymân. À sa naissance, les démons se concertèrent : « Si cet enfant survit, nous ne cesserons d’être accablés d’épreuves et de corvées ; tuons-le donc ou rendons-le infirme. » Informé de la chose, Sulaymân ordonna au vent d’emporter le nouveau-né jusque dans les nuées, afin de le protéger du mal des démons ; mais Allâh le sanctionna pour la crainte qu’il avait ressentie vis-à-vis des démons : l’enfant tomba soudain, mort, sur le trône. Tel est, selon Ash-Shaʿbî, le sens du verset : « Nous plaçâmes sur son trône un corps » (Sâd, 34).
An-Naqqâsh et d’autres rapportent encore que, dans son désir d’avoir une descendance, Sulaymân eut de nombreux rapports avec ses concubines, et qu’il naquit alors un être semi-humain ; c’est ce « corps » qui fut déposé sur son trône par la sage-femme.
Dans le Sahîh d’Al-Bukhârî et celui de Muslim, il est rapporté d’après Abû Hurayra que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit : « Sulaymân déclara : “Cette nuit, je ferai le tour de…” » (hadith interrompu).