Mujâhid rapporte : « Le diable lui prit l’anneau des mains, car Sulaymân s’était adressé à ce démon – nommé Âsif – en lui demandant : “Comment égarez-vous les gens ?” Le démon répondit : “Remets-moi ton anneau et je t’en informerai.” Sulaymân le lui donna. Dès que le démon s’en fut emparé, il s’assit sur le trône du roi en prenant son apparence, pénétra auprès de ses épouses, jugea sans équité et ordonna ce qui n’était pas conforme à la vérité.
Les savants divergent quant au fait qu’il ait ou non eu des rapports avec les femmes de Sulaymân. D’après Ibn ʿAbbâs et Wahb b. Munabbih, il se rendait auprès d’elles alors qu’elles étaient en période de menstrues. Mujâhid, pour sa part, affirme qu’il en fut empêché. Le royaume fut retiré à Sulaymân ; celui-ci s’enfuit vers le rivage de la mer, demandant l’hospitalité aux gens et transportant, contre salaire, les poissons des pêcheurs. Lorsqu’il leur annonçait qu’il était Sulaymân, ils le traitaient de menteur.
Qatâdah dit : « Par la suite, après que les Enfants d’Israël eurent désavoué le jugement du démon, Sulaymân obtint un poisson d’un pêcheur. » – Il fut dit : il le lui demanda comme nourriture. – Ibn ʿAbbâs rapporte qu’il le reçut en paiement pour avoir porté un poisson. – D’autres disent que Sulaymân le pêcha lui-même ; lorsqu’il en ouvrit le ventre, il y trouva son anneau. Cela survint quarante jours après la perte de sa royauté, laps de temps pendant lequel l’idole avait été adorée dans sa demeure. S’il retrouva l’anneau dans le ventre du poisson, c’est que le démon l’avait jeté à la mer.
ʿAlî b. Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – raconte : « Alors que Sulaymân se tenait sur le rivage en jouant avec son anneau, celui-ci lui échappa et tomba dans la mer ; son pouvoir résidait en cet anneau. »
Jâbir b. ʿAbd Allâh rapporte que le Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « L’inscription gravée sur le sceau de Sulaymân fils de Dâwûd était : “Lâ ilâha illâ-llâh, Muḥammad Rasûl Allâh.” »
Yahyâ b. Abî ʿAmr al-Shaybânî rapporte que Sulaymân retrouva son anneau à ʿAsqalân ; il partit alors à pied jusqu’à Bayt al-Maqdis, par humilité envers Allah le Très-Haut.
Ibn ʿAbbâs et d’autres ont dit : « Puis, en vérité… »