Il est rapporté dans le Muwaṭṭaʾ, d’après Yaḥyá ibn Saʿīd, sous forme mursal. En dehors du Muwaṭṭaʾ, la chaîne est reliée et complète : de Mālik, d’après Yaḥyá ibn Saʿīd, d’après Anas. Nous avons déjà cité, à propos de la sourate « Al-Anfāl », la parole du Prophète – sur lui la paix : « Passez la main sur leurs crinières et leurs croupes. »
Ibn Wahb rapporte de Mālik qu’il (Sulaymân) caressa leurs cous et leurs jambes avec les épées.
Je dis : Ash-Shiblī et d’autres parmi les soufis ont voulu déduire du comportement de Sulaymân – que la paix soit sur lui – la légitimité de découper et de déchirer leurs vêtements. Il s’agit là d’une argumentation caduque, car il n’est pas permis d’attribuer à un Prophète infaillible un acte de corruption.
Les exégètes ont divergé quant au sens du verset :
• Certains ont dit qu’il passa la main sur leurs cous et leurs jambes pour les honorer, en déclarant : « Vous êtes (réservées) dans la voie d’Allah » ; c’est là un acte de bien.
• D’autres ont dit qu’il les a hamstrung, puis les a égorgées ; or l’abattage des chevaux et la consommation de leur viande sont licites, comme cela a déjà été expliqué dans la sourate « An-Naḥl ». Ainsi, il n’y a là pour lui aucun reproche.
En revanche, détériorer un vêtement sain sans motif valable n’est pas permis. Il se peut en outre que la loi révélée à Sulaymân ait autorisé ce qu’il fit, tandis que notre Sharîʿa ne l’autorise pas.
On a encore dit qu’il n’agît ainsi à l’égard des chevaux qu’avec la permission expresse d’Allah – qu’Il soit exalté.
D’autres ont affirmé qu’il les marqua au fer (kay), les consacrant à la cause d’Allah – Allah sait mieux. Cette opinion a toutefois été jugée faible, car les jambes ne constituent pas, en principe, un lieu de marquage.
On dit encore : « Le kay sur la jambe s’appelle ʿilāṭ, et sur le cou wiṯāq. »
Dans le Ṣiḥāḥ d’al-Jawharī il est dit : « ʿalaṭa al-baʿīra ʿalṭan » : il cautérisa le chameau au cou avec la marque appelée ʿilāṭ ; les deux ʿilāṭ se situent de part et d’autre du cou.
Je dis : celui qui voit dans le pronom « Ramenez-la moi » le retour au soleil, y voit l’un de ses miracles. Or, un prodige similaire s’est produit pour notre Prophète ﷺ.
At-Ṭaḥāwī rapporte, dans « Mushkil al-Ḥadīth », par deux chaînes, d’après Asmāʾ bint ʿUmays, que le Prophète ﷺ recevait la Révélation tandis que sa tête reposait sur les genoux de ʿAlī ; il n’accomplit donc pas la prière d’al-ʿAṣr jusqu’à ce que le soleil se couchât. Le Messager d’Allah ﷺ dit alors :
« As-tu prié, ô ʿAlī ? » – Il répondit : « Non. »
Le Prophète ﷺ invoqua : « Ô Allah, il se trouvait dans Ton obéissance et dans l’obéissance de Ton Messager ; fais donc revenir pour lui le soleil. »
Asmāʾ dit : « Je le vis se coucher, puis, après s’être couché, je le vis se lever de nouveau au-dessus des montagnes et de la terre ; cela se passa à aṣ-Ṣaḥbāʾ, à Khaybar. »
At-Ṭaḥāwī conclut : « Ces deux ḥadiths sont authentiques et leurs rapporteurs sont fiables. »