de qaḏāl et quḏul, la wāw y ayant été rendue muette parce qu’il s’agit d’une lettre faible ; — ajwād, ajāwid, judāʾ ; — de même on dira d’une femme : « imraʾatun ǧawād » et d’un groupe de femmes : « niswatun jūd », tout comme l’on dit nawār et nūr.
Le poète a dit :
« Habile de son alêne, chaste dans sa pudeur,
généreuse, offrant la nourriture alors que son ventre est vide
et que la sueur (de la faim) coule à flots. »
On dit encore : « Nous avons franchi un col à vive allure (ʿuqbatan ǧawādan) », « deux cols rapides (ʿuqbatayn ǧawādayn) », « des cols rapides (ʿuqaban ǧiyādan) ».
« Ǧāda l-farasu » signifie : le cheval est devenu remarquable ; « yaǧūdu ǧūdatan » (avec ḍamma). Il est alors qualifié de ǧawād, qu’il s’agisse d’un mâle ou d’une femelle ; de là : des chevaux ǧiyād, aǧyād, aǧāwīd.
On a dit aussi que le terme désigne les chevaux « aux longs cous », dérivé de al-ǧīd qui signifie le cou, la longueur du cou faisant partie des signes de l’élégance équine.
Concernant le mot « ṣāfināt », deux explications sont rapportées :
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Leur « ṣufūn » désigne le fait de rester immobiles, debout. Al-Qutabî et al-Farrâʾ disent : « ṣāfin », dans la langue des Arabes, est le cheval – ou tout autre – qui se tient immobile. On rapporte à ce propos la parole du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — :
« Quiconque aime que les gens se lèvent devant lui en rangs continus (ṣufūnan), qu’il se prépare une place en Enfer »,
autrement dit : qu’ils demeurent constamment debout pour lui. Quṭrub rapporte également ce sens et cite le vers du Nabigha :
« Nous avons une tente dressée dans sa cour,
et de nobles poulains et des coursiers, debout, immobiles (ṣawāfin). »
C’est l’avis de Qatâda. -
Leur « ṣufūn » serait le fait de lever l’une des deux pattes de devant, la pointe du sabot à peine posée, de sorte que l’animal reste sur trois membres, ainsi que l’a dit le poète :
« Il a appris le ṣufūn, si bien qu’il demeure toujours comme…
— et parmi ceux qui se tiennent sur trois membres, légèrement boiteux. »
ʿAmr b. Kulthūm a dit :
« Nous avons laissé les chevaux campés autour de lui,
leurs brides passées à leurs cous, immobiles en ṣufūn. »
Cet avis est celui de Mujâhid.
Al-Kalbî rapporte que Sulaymân (Salomon) — sur lui la paix — attaqua les habitants de Damas et de Naṣībîn et captura mille chevaux. Muqâtil dit : Sulaymân hérita de son père Dâwûd (David) mille chevaux que ce dernier avait pris aux ʿAmâliqa. Al-Ḥasan affirme : « On m’a rapporté qu’il s’agissait de chevaux sortis de la mer, dotés d’ailes », propos relayé également par Ḍaḥḥâk, lequel ajoute qu’ils furent tirés de la mer pour Sulaymân, richement ornés et munis d’ailes.
Ibn Zayd dit : « Il fit sortir… » (le récit se poursuit).