Il (l’ange de la mort) répondit : « Je suis venu pour prendre ton âme. »
David dit : « Laisse-moi donc redescendre ou poursuivre mon ascension. »
L’ange répliqua : « Il n’y a pour moi aucune voie pour cela ; tes jours, tes mois, tes années, les traces que tu devais laisser ainsi que tes subsistances sont arrivés à leur terme ; après cela, tu ne pourras plus rien ajouter. »
David se prosterna alors sur une marche de l’escalier et, dans cette posture, son âme fut saisie. Il y eut entre lui et Moïse – que la paix soit sur eux deux – cinq cent quatre-vingt-dix-neuf ans; et l’on a également rapporté : soixante-dix-neuf ans. David vécut cent ans et confia la succession (la khilāfa) à son fils Sulaymān.
Vingt-quatrième point – Parole du Très-Haut :
« Et certes, il aura auprès de Nous rapprochement (zulfā) et belle destination. »
Muḥammad b. Kaʿb et Muḥammad b. Qays ont dit : « “Et certes, il aura auprès de Nous un rapprochement” : une proximité après le pardon. “Et une belle destination” : Par Allah, le premier à boire le calice au Jour de la Résurrection sera Dāwūd. »
Mujāhid rapporte, d’après ʿAbd Allāh b. ʿUmar, que le rapprochement (al-zulfā) est la proximité d’Allah, – Exalté soit-Il – le Jour dernier.
Et Mujāhid a dit encore : « Dāwūd sera ressuscité le Jour de la Résurrection avec sa faute gravée dans sa main. Lorsqu’il contemplera les effrois de ce Jour, il ne trouvera d’abri qu’en se réfugiant dans la miséricorde d’Allah, – Très-haut. Il verra alors sa faute et sera pris d’angoisse ; on lui dira : “Par-ici !” Il la re-verra, sera de nouveau anxieux; on lui dira : “Par-ici !” Puis il la verra encore, se troublera; on lui dira : “Par-ici !”, jusqu’à ce qu’il approche et trouve la quiétude. »
Tel est le sens de la Parole du Très-Haut : « Et certes, il aura auprès de Nous rapprochement et belle destination. »
At-Tirmidhī al-Ḥakīm a rapporté ce qui suit : « ʿAl-Faḍl b. Muḥammad nous a narré, disant : ʿAbd al-Malik b. al-Aṣbaġ nous a rapporté, disant : al-Walīd b. Muslim nous a rapporté, disant : Ibrāhīm b. Muḥammad al-Fazārī nous a rapporté d’après ʿAbd al-Malik b. Abī Sulaymān, d’après Mujāhid » ; puis il mentionna le récit précédent.
At-Tirmidhī continue : « Je suis longtemps passé sur ces versets sans que le sens de la parole : “Notre Seigneur ! Hâte-nous notre “qiṭṭ” (registre)” ne se dévoile à moi. Dans la langue, “al-qiṭṭ” désigne l’écrit (la feuille, la page). Le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui – leur récita : “Quant à celui à qui sera remis son livre en sa main droite…” (al-Ḥāqqah, 19), puis leur dit : “Vous trouverez tout cela inscrit dans vos feuillets qui vous seront remis de la main gauche.” Ils répondirent alors : “Notre Seigneur ! Hâte-nous notre registre avant le Jour du compte.” »
Allah – Exalté – dit : « Supporte patiemment ce qu’ils disent et rappelle-toi notre serviteur Dāwūd, le détenteur de la force. » Il rapporta ensuite l’histoire de sa faute jusqu’à son terme. Je me disais : Il lui ordonne de patienter face à leurs propos et de se rappeler Dāwūd ; qu’a-t-on voulu par ce rappel ? Comment cela se rattache-t-il à cela ? Je ne trouvais rien qui tranquillise mon cœur jusqu’à ce qu’Allah m’y guide. »