Il pleurait jusqu’à ce que ses larmes l’imbibent.
Il saupoudrait ensuite de la cendre et du sel sur son pain, le mangeait en disant : « Voilà la nourriture des pécheurs. »
Avant sa faute, il veillait la moitié de la nuit en prière et jeûnait la moitié des jours ; puis, après celle-ci, il jeûna constamment et passa toute la nuit en prière.
Il disait : « Ô Seigneur, place mon péché dans ma main ! » – et son péché se grava dans la paume de sa main. Dès lors, jamais il ne l’étendait pour manger, boire ou quoi que ce fût sans le voir, ce qui le faisait pleurer. Lorsqu’on lui présentait une coupe remplie aux deux tiers d’eau, il l’apercevait, et la coupe ne quittait pas ses lèvres avant que ses larmes ne la fassent déborder.
Al-Walîd ibn Muslim rapporte : Abû ʿAmr al-Awzâʿî m’a informé que le Messager d’Allah – que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur lui – a dit : « Les deux yeux de Dâwûd ressemblent à deux outres dégouttant sans cesse ; ses larmes ont creusé dans son visage des sillons tels que l’eau marque la terre. »
Al-Walîd ajouta : ʿUthmân ibn Ibn al-ʿÂtikah nous transmit qu’à l’époque où Dâwûd était exempt de faute, sa sévérité envers les pécheurs le faisait dire : « Ô Allah, ne pardonne pas aux pécheurs. » Puis il finit par dire : « Ô Allah, Seigneur, pardonne aux pécheurs, afin que Tu pardonnes à Dâwûd avec eux. Gloire au Créateur de la lumière ! »
« Ô mon Dieu ! Je suis allé consulter les médecins parmi Tes serviteurs pour qu’ils soignent mon péché, mais tous, sans exception, me renvoient à Toi. Ô mon Dieu ! J’ai commis une faute dont je redoute que Tu ne fasses la moisson de Ton châtiment, le Jour de la Résurrection, si Tu ne me la pardonnes pas. Gloire au Créateur de la lumière ! Ô mon Dieu ! Lorsque je me rappelle mon péché, la terre, malgré son immensité, se resserre sur moi ; et lorsque je me rappelle Ta miséricorde, mon âme revient à moi. »
Il est rapporté que, lorsque Dâwûd – sur lui la paix – montait en chaire, il levait sa main droite face au peuple pour leur montrer l’inscription de son péché et proclamait : « Ô mon Dieu ! Lorsque je pense à ma faute, la terre, malgré son ampleur, m’étouffe ; et lorsque je pense à Ta miséricorde, mon âme revient à moi. Seigneur, pardonne aux pécheurs afin que Tu pardonnes à Dâwûd en même temps qu’à eux. »
Il s’asseyait sur sept couches de nattes en fibre bourrées de cendre ; ses larmes s’amassaient sous ses pieds au point de traverser toutes les couches.
Le jour fixé pour ses lamentations, son héraut proclamait dans les routes, les marchés, les vallées, les ravins, au sommet des montagnes et à l’entrée des grottes : « Sachez que voici le jour de lamentation de Dâwûd. Que quiconque souhaite pleurer sur ses péchés vienne auprès de Dâwûd pour qu’il l’accompagne. »
Alors les ermites descendaient des grottes et des vallées, les voix retentissaient autour de sa chaire ; bêtes sauvages, fauves et oiseaux restaient immobiles, et les fils d’Israël se rassemblaient autour de lui. Quand il entamait ses plaintes, que les brûlures intérieures faisaient jaillir les sources de ses larmes, l’assemblée devenait un seul vacarme de gémissements et de pleurs, si bien qu’un grand nombre de gens mouraient autour de sa chaire en pareil jour.
On rapporte que Dâwûd – paix sur lui – mourut soudainement un samedi ; l’Ange de la Mort se présenta à lui tandis qu’il montait et descendait dans son oratoire.