Achhab rapporte d’après Mâlik : « Il m’est parvenu que cette colombe vint se poser près de Dâwûd — que la paix soit sur lui — et qu’elle était faite d’or. Lorsqu’il la vit, elle lui plut ; il se leva pour la saisir, et elle se trouva à portée de sa main, puis la même scène se reproduisit par deux fois. Ensuite l’oiseau s’envola ; il le suivit du regard, et son œil se posa alors sur cette femme qui se baignait, ses longs cheveux déployés. J’ai appris qu’il demeura quarante nuits prosterné, au point que l’herbe poussa sous les larmes qui coulaient de ses yeux.
Ibn al-‘Arabî dit : « Quant à la parole des exégètes affirmant que l’oiseau s’était approché de lui, qu’il voulut le saisir et le suivit, cela ne contredit nullement l’adoration, car cet acte est licite ; d’autant plus qu’il s’agit d’une chose permise, et rechercher ce qui est licite est une obligation. Il n’a poursuivi l’oiseau qu’en raison de sa valeur, non de sa beauté, car celle-ci ne lui procurait aucun bénéfice ; mentionner la beauté de l’oiseau relève d’une ignorance manifeste. On rapporte toutefois qu’il s’agissait d’un oiseau d’or qu’il poursuivit pour le prendre, celui-ci faisant partie de la grâce d’Allâh — exalté soit-Il. Il en est ainsi, comme il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ : « Ayyûb — sur lui la paix — se baignait nu lorsqu’une nuée de sauterelles d’or tomba sur lui ; il se mit alors à les ramasser et à les placer dans son vêtement. » Allâh, exalté soit-Il, lui dit : « Ô Ayyûb, ne t’ai-Je pas suffisamment enrichi ? » Il répondit : « Bien sûr, ô mon Seigneur ; mais je ne saurais me passer de Ta bénédiction. »
Al-Qushayrî dit : « Dâwûd voulut prendre l’oiseau pour le donner à l’un de ses jeunes fils ; il s’envola alors et se posa sur la lucarne de la maison. » Cela a également été rapporté par al-Tha‘labî, comme il a été mentionné précédemment.
Dix-neuvième point — Parole du Très-Haut : « وَخَرَّ راكِعاً وَأَنابَ – Il tomba incliné et se repentit. » Autrement dit : il tomba prosterné ; il arrive que l’on désigne la prosternation (sujûd) par le terme rukû‘ (inclinaison). Le poète a dit :
« Il tomba sur son visage, prosterné,
et se repentit auprès d’Allâh de tout péché. »
Ibn al-‘Arabî : « Il n’y a pas de divergence entre les savants : ici, le terme rukû‘ signifie bien sujûd. La prosternation est une inclinaison totale, et le rukû‘ un courbement ; l’un englobe l’autre, même si chacun se distingue par une attitude particulière. Dans ce verset, l’un des deux mots a donc été employé pour l’autre, si bien que la prosternation est appelée rukû‘. »
Al-Mahdawî : « Leur rukû‘ était une prosternation. »
On a dit aussi : « Au contraire, leur prosternation était un rukû‘. »
Muqâtil dit : « Il passa de l’inclinaison à la prosternation pour Allâh — Puissant et Majestueux. Autrement dit, lorsqu’il prit conscience de la situation, il se leva pour prier, puis, de l’inclinaison, tomba en prosternation, les deux attitudes comportant un même mouvement de courbure. »
« وَأَنابَ – et il se repentit » : c’est-à-dire qu’il se détourna de sa faute et retourna à Allâh.