Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il aurait eu l’intention, si son époux venait à mourir, de l’épouser.

Quatrième opinion : Ouriyyâ avait demandé cette femme en mariage ; lorsqu’il s’absenta, Dâwud la demanda à son tour et, en raison de son rang éminent, elle lui fut accordée. Ouriyyâ en conçut alors une grande affliction. Allah blâma donc Dâwud de ne pas l’avoir laissée à son premier prétendant, alors qu’il possédait déjà quatre-vingt-dix-neuf épouses.

Cinquième opinion : il ne s’attrista pas pour la mort d’Ouriyyâ comme il s’affligeait d’ordinaire pour les soldats tombés, puis il épousa sa femme ; Allah – Très-Haut soit-Il – le réprimanda pour cela, car les fautes des prophètes, fussent-elles minimes, sont immenses auprès d’Allah.

Sixième opinion : il aurait statué en faveur de l’un des deux plaideurs avant d’entendre l’autre.

Le Qâḍî Ibn al-ʿArabî dit : «Quant à l’allégation selon laquelle il aurait jugé l’un des deux adversaires avant d’écouter l’autre, elle est impossible à propos des prophètes, tout comme le fait d’avoir exposé son mari à la mort.

Quant à celui qui soutient qu’il l’aurait longuement contemplée jusqu’à se rassasier, cela est irrécevable à mes yeux en toute circonstance, car la convoitise du regard ne sied point aux saints voués entièrement à l’adoration, à plus forte raison aux prophètes qui sont les intermédiaires d’Allah et auxquels l’inconnaissable est dévoilé.»

As-Suddi rapporte d’après ʿAlî ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – qu’il disait : «Si j’entends un homme prétendre que Dâwud – sur lui la paix – a commis un acte illicite avec cette femme, je le ferai fouetter de cent soixante coups, car la peine légale pour quiconque diffame les gens est de quatre-vingts, et pour quiconque diffame les prophètes elle est de cent soixante.» Ceci est rapporté par al-Mâwardî et ath-Thaʿlabî également.

Ath-Thaʿlabî ajoute : al-Ḥârith al-Aʿwar rapporte d’après ʿAlî : «Quiconque raconte l’histoire de Dâwud telle que la véhiculent les conteurs populaires, en y croyant, je lui infligerai deux peines légales, tant est grave l’accusation portée contre celui qu’Allah a élevé en dignité, qu’Il a agréé parmi Ses créatures comme miséricorde pour les mondes et preuve pour les gens d’effort.»

Ibn al-ʿArabî dit : «Rien de tout cela n’est authentiquement rapporté d’ʿAlî.»

S’il est demandé : «Quel est alors votre jugement ?» – nous disons : Celui qui affirme qu’un prophète a commis la fornication doit être mis à mort. Quant à celui qui lui attribue un acte moindre – regard ou attouchement –, les récits sont divergents ; si quelqu’un persiste en cela et l’en rend responsable, je le tuerais, car cela va à l’encontre du taʿzîr prescrit.

Quant à leur propos : «Il posa son regard sur une femme qui se baignait nue ; lorsqu’elle le vit, elle laissa tomber ses cheveux et couvrit son corps», il n’y a là aucun blâme à son encontre, d’un commun accord de la communauté, car le premier regard dévoile l’objet regardé et l’observateur n’en est pas fautif ; le second regard, lui, n’a aucun fondement.

Quant à leur affirmation : «Il avait résolu, si son mari mourait, de l’épouser», il n’y a là rien de répréhensible puisqu’il ne l’a pas exposé à la mort.

Quant à leur propos : «Il a fait une demande en mariage alors qu’Ouriyyâ l’avait déjà faite», c’est faux ; le Coran et l’ensemble des récits exégétiques le réfutent.

أَنَّهُ نَوَى إِنْ مَاتَ زَوْجُهَا أَنْ يَتَزَوَّجَهَا. الرَّابِعُ أَنَّ أُورِيَّا كَانَ خَطَبَ تِلْكَ الْمَرْأَةَ، فَلَمَّا غَابَ خَطَبَهَا دَاوُدُ فَزُوِّجَتْ مِنْهُ لِجَلَالَتِهِ، فَاغْتَمَّ لِذَلِكَ أُورِيَّا. فَعَتَبَ اللَّهُ عَلَى دَاوُدَ إِذْ لَمْ يَتْرُكْهَا لِخَاطِبِهَا. وَقَدْ كَانَ عِنْدَهُ تِسْعٌ وَتِسْعُونَ امْرَأَةً. الْخَامِسُ أَنَّهُ لَمْ يَجْزَعْ عَلَى قَتْلِ أُورِيَّا، كَمَا كَانَ يَجْزَعُ عَلَى مَنْ هَلَكَ مِنَ الْجُنْدِ، ثُمَّ تَزَوَّجَ امْرَأَتَهُ، فَعَاتَبَهُ اللَّهُ تَعَالَى عَلَى ذَلِكَ، لِأَنَّ ذُنُوبَ الْأَنْبِيَاءِ وَإِنْ صَغُرَتْ فَهِيَ عَظِيمَةٌ عِنْدَ اللَّهِ. السَّادِسُ أَنَّهُ حَكَمَ لِأَحَدِ الْخَصْمَيْنِ قَبْلَ أَنْ يَسْمَعَ مِنَ الْآخَرِ. قَالَ الْقَاضِي ابْنُ الْعَرَبِيِّ: أَمَّا قَوْلُ مَنْ قَالَ: إِنَّهُ حَكَمَ لِأَحَدِ الْخَصْمَيْنِ قَبْلَ أَنْ يَسْمَعَ مِنَ الْآخَرِ فَلَا يَجُوزُ عَلَى الْأَنْبِيَاءِ، وَكَذَلِكَ تَعْرِيضُ زَوْجِهَا لِلْقَتْلِ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ نَظَرَ إِلَيْهَا حَتَّى شَبِعَ فَلَا يَجُوزُ ذَلِكَ عِنْدِي بِحَالٍ، لِأَنَّ طُمُوحَ النَّظَرِ لَا يَلِيقُ بِالْأَوْلِيَاءِ الْمُتَجَرِّدِينَ لِلْعِبَادَةِ، فَكَيْفَ بِالْأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ هُمْ وَسَائِطُ اللَّهِ الْمُكَاشَفُونَ بالغيب! وحكى السدي عن علي ابن أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: لَوْ سَمِعْتُ رَجُلًا يَذْكُرُ أَنَّ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ قَارَفَ مِنْ تِلْكَ الْمَرْأَةِ مُحَرَّمًا لَجَلَدْتُهُ سِتِّينَ وَمِائَةً، لِأَنَّ حَدَّ قَاذِفِ النَّاسِ ثَمَانُونَ وَحَدَّ قَاذِفِ الْأَنْبِيَاءِ سِتُّونَ وَمِائَةٌ. ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ وَالثَّعْلَبِيُّ أيضا. قال الثعلبي: وقال الحرث الْأَعْوَرُ عَنْ عَلِيٍّ: مَنْ حَدَّثَ بِحَدِيثِ دَاوُدَ عَلَى مَا تَرْوِيهِ الْقُصَّاصُ مُعْتَقِدًا جَلَدْتُهُ حَدَّيْنِ، لِعِظَمِ مَا ارْتَكَبَ بِرَمْيِ مَنْ قَدْ رَفَعَ اللَّهُ مَحَلَّهُ، وَارْتَضَاهُ مِنْ خَلْقِهِ رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ، وَحُجَّةً لِلْمُجْتَهِدِينَ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهَذَا مِمَّا لَمْ يَصِحَّ عَنْ عَلِيٍّ. فَإِنْ قِيلَ: فَمَا حُكْمُهُ عِنْدَكُمْ؟ قُلْنَا: أَمَّا مَنْ قَالَ إِنَّ نَبِيًّا زَنَى فَإِنَّهُ يُقْتَلُ، وَأَمَّا مَنْ نَسَبَ إِلَيْهِ مَا دُونَ ذَلِكَ مِنَ النَّظَرِ وَالْمُلَامَسَةِ، فَقَدِ اخْتَلَفَ نَقْلُ «١» النَّاسِ فِي ذَلِكَ، فَإِنْ صَمَّمَ أَحَدٌ عَلَى ذَلِكَ فِيهِ وَنَسَبَهُ إِلَيْهِ قَتَلْتُهُ، فَإِنَّهُ يُنَاقِضُ التَّعْزِيرَ الْمَأْمُورَ بِهِ، فَأَمَّا قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ وَقَعَ بَصَرُهُ عَلَى امْرَأَةٍ تَغْتَسِلُ عُرْيَانَةً، فَلَمَّا رَأَتْهُ أَسْبَلَتْ شَعْرَهَا فَسَتَرَتْ جَسَدَهَا، فَهَذَا لَا حَرَجَ عَلَيْهِ فِيهِ بِإِجْمَاعٍ مِنَ الْأُمَّةِ، لِأَنَّ النَّظْرَةَ الْأُولَى تَكْشِفُ الْمَنْظُورَ إِلَيْهِ وَلَا يَأْثَمُ النَّاظِرُ بِهَا، فَأَمَّا النَّظْرَةُ الثَّانِيَةُ فَلَا أَصْلَ لَهَا. وَأَمَّا قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ. نَوَى إن مات زوجها تزوجها فلا شي فِيهِ إِذْ لَمْ يُعَرِّضْهُ لِلْمَوْتِ. وَأَمَّا قَوْلُهُمْ: إِنَّهُ خَطَبَ عَلَى خِطْبَةِ أُورِيَّا فَبَاطِلٌ يَرُدُّهُ القرآن والآثار التفسيرية كلها.
(١). الزيادة من أحكام القرآن لابن العربي.

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