Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis : Employer sans réserve le terme « khalatâ’ » pour désigner de simples « associés (shurakâ’) » est discutable.

Les savants ont divergé sur la définition juridique des « khalatâ’ ». La majorité d’entre eux explique qu’il s’agit de deux propriétaires apportant chacun son propre troupeau, lequel est ensuite réuni sous la garde d’un même berger, partageant la même auge, le même puits et le même lieu d’abreuvement.

Tâwûs et ‛Atâ’ ont soutenu qu’on ne parle de « khalatâ’ » qu’en présence d’une véritable association (shirkah). Or cette opinion contredit la tradition rapportée du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — :
« On ne réunit pas ce qui est séparé ni ne sépare ce qui est réuni par crainte de l’aumône obligatoire (ṣadaqa) ; et tout ce qui provient de deux khalîtayn (deux propriétaires mêlant leurs biens), ils se rendent l’un à l’autre l’excédent à parts égales. »

Dans une autre version : « … ils se restituent mutuellement le surplus. » Il n’y a aucun sens, note-le bien, à parler de restitution du surplus entre de simples associés ; la règle vaut uniquement dans le cas des « khalatâ’ ». Les dispositions relatives à la khulta sont détaillées dans les ouvrages de fiqh.

Mâlik, ses disciples et un groupe de juristes estiment que la « ṣadaqa » [l’impôt légal] n’est pas due à celui dont la quote-part individuelle n’atteint pas le seuil imposable de la zakât.

Al-Rabî‛, al-Layth et un groupe de savants, parmi lesquels ach-Shâfi‛î, affirment au contraire : si la totalité du cheptel réuni atteint le minimum requis, la zakât est prélevée sur l’ensemble.

Mâlik ajoute : si le collecteur se conforme à cette dernière opinion, les copropriétaires se remboursent ensuite entre eux, du fait de la divergence, et la décision aura alors valeur de jugement entaché de controverse.

Quatorzièmement —
La parole d’Allâh Très-Haut : « … que l’un d’eux ne transgresse pas contre l’autre », c’est-à-dire qu’il outrepasse la justice et commette l’injustice.
« Sauf ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres », car ceux-là n’oppriment personne.
« Et ils sont bien peu » : il s’agit des vertueux ; le terme « mâ » est ici surérogatoire. D’autres lisent : « … au sens de : “ceux qui”, c’est-à-dire : “et bien peu sont ceux qui…”»

‛Umar — qu’Allâh l’agrée — entendit un homme implorer dans sa prière : « Ô Allâh, fais-moi être parmi Tes rares serviteurs. » Il l’interrogea : « Quelle est donc cette invocation ? » L’homme répondit : « Je me réfère à la parole d’Allâh : “Sauf ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, et ils sont bien peu.” » ‛Umar dit alors : « Ô ‛Umar, tous les gens sont plus savants que toi ! »

Quinzièmement —
La parole d’Allâh Très-Haut : « David crut que Nous l’avions éprouvé », c’est-à-dire mis à l’épreuve.
Le terme « ẓanna » signifie ici « il eut la certitude ».
Abû ‛Amr et al-Farrâ’ expliquent que « ẓann » peut prendre le sens de la certitude, al-Farrâ’ précisant qu’en contexte de vision directe il ne peut signifier que la certitude.

Concernant la lecture du mot « fatannâhu » :
– la récitation usuelle porte le redoublement de la nûn sans celui du tâ’,
– ‛Umar Ibn al-Khattâb — qu’Allâh l’agrée — le lisait « fattannâhu » avec redoublement du tâ’ et de la nûn, pour insister sur l’intensité de l’épreuve,
– tandis que Qatâdah, ‛Ubayd Ibn ‛Umayr et Ibn as-Samayqa‛ le lisaient « fatannâhu » en allégeant les deux consonnes. Cette variante est également rapportée, par ‛Alî Ibn Naṣr, d’après Abû ‛Amr.

Le pronom renvoie aux deux anges qui étaient entrés auprès de Dâwûd — sur lui la paix.

قُلْتُ: إِطْلَاقُ الْخُلَطَاءِ عَلَى الشُّرَكَاءِ فِيهِ بُعْدٌ، وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي صِفَةِ الْخُلَطَاءِ فَقَالَ أَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ: هُوَ أَنْ يَأْتِيَ كُلَّ وَاحِدٍ بِغَنَمِهِ فَيَجْمَعَهُمَا رَاعٍ وَاحِدٌ وَالدَّلْوُ وَالْمَرَاحُ. وَقَالَ طَاوُسٌ وَعَطَاءٌ: لَا يَكُونُ الْخُلَطَاءُ إِلَّا الشُّرَكَاءَ. وهذا خلاف الخبر، وهو قول صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ خَشْيَةَ الصَّدَقَةِ وما كان من خليطين فإنهما يتراجحان بَيْنَهُمَا بِالسَّوِيَّةِ" وَرُوِيَ " فَإِنَّهُمَا يَتَرَادَّانِ الْفَضْلَ" وَلَا مَوْضِعَ لِتَرَادِّ الْفَضْلِ بَيْنَ الشُّرَكَاءِ، فَاعْلَمْهُ. وَأَحْكَامُ الْخُلْطَةِ مَذْكُورَةٌ فِي كُتُبِ الْفِقْهِ. وَمَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ وَجَمْعٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ لَا يَرَوْنَ " الصَّدَقَةَ" «١» عَلَى مَنْ لَيْسَ فِي حِصَّتِهِ مَا تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ. وَقَالَ الرَّبِيعُ وَاللَّيْثُ وَجَمْعٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ مِنْهُمُ الشَّافِعِيُّ: إِذَا كَانَ فِي جَمِيعِهَا مَا تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ أُخِذَتْ مِنْهُمُ الزَّكَاةُ. قَالَ مَالِكٌ: وَإِنْ أَخَذَ الْمُصَّدِّقُ بِهَذَا تَرَادَّوْا بَيْنَهُمْ لِلِاخْتِلَافِ فِي ذَلِكَ، وَتَكُونُ كَحُكْمِ حَاكِمٍ اخْتُلِفَ فِيهِ. الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " لَيَبْغِي بَعْضُهُمْ عَلى بَعْضٍ" أَيْ يَتَعَدَّى وَيَظْلِمُ. " إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحاتِ" فَإِنَّهُمْ لَا يَظْلِمُونَ أَحَدًا. " وَقَلِيلٌ مَا هُمْ" يَعْنِي الصَّالِحِينَ، أَيْ وَقَلِيلٌ هُمْ فَ " مَا" زَائِدَةٌ. وَقِيلَ: بِمَعْنَى الَّذِينَ وَتَقْدِيرُهُ وَقَلِيلٌ الَّذِينَ هُمْ. وَسَمِعَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ رَجُلًا يَقُولُ فِي دُعَائِهِ: اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِنْ عِبَادِكَ الْقَلِيلِ. فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: مَا هَذَا الدُّعَاءُ. فَقَالَ أَرَدْتُ قَوْلَ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: " إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحاتِ وَقَلِيلٌ مَا هُمْ" فَقَالَ عُمَرُ: كُلُّ النَّاسِ أَفْقَهُ مِنْكَ يَا عُمَرُ الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَظَنَّ داوُدُ أَنَّما فَتَنَّاهُ" أَيِ ابْتَلَيْنَاهُ. " وَظَنَّ" مَعْنَاهُ أَيْقَنَ. قَالَ أَبُو عَمْرٍو وَالْفَرَّاءُ: ظَنَّ بِمَعْنَى أَيْقَنَ، إِلَّا أَنَّ الْفَرَّاءَ شَرَحَهُ بِأَنَّهُ لَا يَجُوزُ فِي الْمُعَايَنِ أَنْ يَكُونَ الظَّنُّ إِلَّا بِمَعْنَى الْيَقِينِ. وَالْقِرَاءَةُ " فَتَنَّاهُ" بِتَشْدِيدِ النُّونِ دُونَ التَّاءِ. وَقَرَأَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ " فَتَّنَّاهُ" بِتَشْدِيدِ التَّاءِ وَالنُّونِ على المبالغة. وقرا قتادة وعبيد ابن عُمَيْرٍ وَابْنُ السَّمَيْقَعِ " فَتَنَاهُ" بِتَخْفِيفِهِمَا. وَرَوَاهُ عَلِيُّ بْنُ نَصْرٍ عَنْ أَبِي عَمْرٍو، وَالْمُرَادُ بِهِ الْمَلَكَانِ اللَّذَانِ دَخَلَا عَلَى دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ.
(١). زيادة يقتضيها السياق.

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