Allah – Très-Glorieux et Très-Élevé – le réprimanda à ce sujet ; car, étant Prophète et possédant déjà quatre-vingt-dix-neuf épouses, Il désapprouva qu’il se préoccupe des choses de ce bas-monde en cherchant à s’y ajouter davantage. Quant aux autres récits qui lui imputent plus que cela, il n’est pas permis de s’y aventurer.
Ibn Al-ʿArabî a dit : Quant à la parole de certains selon laquelle, séduit par la femme, il aurait fait mettre son mari aux premiers rangs du combat pour qu’il soit tué dans le sentier d’Allah, c’est là, à l’évidence, une pure falsification ; jamais Dâwûd – sur lui la paix – n’aurait versé son sang pour satisfaire un désir personnel.
En réalité, l’affaire se réduisait à ceci : Dâwûd demanda à l’un de ses compagnons : « Cède-moi ton épouse », et il insista, tout comme un homme peut solliciter d’un autre, avec un désir sincère, une chose qui l’attire, qu’il s’agisse de sa famille ou de son bien.
Ainsi, Saʿd ibn Ar-Rabîʿ dit un jour à ʿAbd Ar-Raḥmân ibn ʿAwf, lorsque le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – les avait unis par le pacte de fraternité : « J’ai deux épouses ; je renoncerai pour toi à la meilleure d’entre elles. » ʿAbd Ar-Raḥmân lui répondit : « Qu’Allah bénisse ta famille pour toi. » Ce qui est licite en soi peut donc être demandé, et rien, dans le Coran, n’atteste que l’épisode relaté ait eu lieu, ni que Dâwûd l’ait épousée après la dissolution du lien conjugal, ni qu’elle ait mis au monde Sulaymân. D’où donc provient ce récit et à qui l’attribue-t-on ? Nul garant digne de confiance ne l’a rapporté.
Il est vrai que, dans la sourate « Al-Aḥzâb », se trouve une indication montrant que la femme devint l’épouse de Dâwûd ; c’est la Parole d’Allah : « Il n’incombe aucun blâme au Prophète dans ce qu’Allah lui a prescrit ; telle est la coutume d’Allah envers ceux qui ont passé avant lui » (Al-Aḥzâb, 38).
D’après l’une des explications, cette “coutume d’Allah” renverrait au mariage de Dâwûd avec la femme qu’il avait regardée, de même que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – épousa Zaynab bint Jaḥsh ; à la différence près que, pour Zaynab, il ne demanda pas au mari de la répudier – au contraire, il lui recommanda de la garder – tandis que, pour Dâwûd, le mariage intervint après qu’il eût demandé au mari de se séparer d’elle. Cet avantage est donc compté au mérite de Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – par-dessus Dâwûd, en sus de ses mérites éminents.
Il a néanmoins été dit que l’expression « la coutume d’Allah envers ceux qui ont passé avant » désigne le fait que les Prophètes pouvaient épouser, sans dot, celles des femmes qui se donnaient à eux sans contrepartie. D’autres ont compris qu’Allah visait par là la règle selon laquelle Il impose à Ses Prophètes – sur eux la paix – ce qu’ils doivent observer dans le mariage et ailleurs ; et c’est là l’avis le plus juste.
Les exégètes rapportent que Dâwûd – sur lui la paix – épousa cent femmes ; c’est un texte explicite du Coran. Ils mentionnent également que Sulaymân en eut trois cents et sept cents concubines ; Ton Seigneur le sait mieux.
Al-Kiyâ At- Ṭabarî rapporte, dans ses Ahkâm, au sujet de la Parole d’Allah : « T’est-il parvenu le récit des plaideurs lorsqu’ils escaladèrent l’oratoire ? » – les chercheurs qui tiennent à purifier les Prophètes – sur eux la paix – de tout grand péché ont déclaré que Dâwûd