Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abdullâh ibn Masʿûd et ʿUbayd ibn ʿUmayr ont lu : « wa ʿâzanî fî-l-khiṭâb » – c’est-à-dire : « il m’a combattu dans la parole, il m’a opposé résistance ». Le mot vient de « al-muʿâzaza », qui signifie la rivalité ; « ʿâzahu » veut dire : il lui a tenu tête.

Ibn al-ʿArabî dit : Les avis divergent quant à la raison de cette prédominance. Certains disent : « Il m’a surpassé par son éloquence. » D’autres disent : « Il m’a dominé par son autorité, car, lorsque celui-ci le sollicita, il ne put refuser. »

Il y avait dans notre contrée un gouverneur nommé Sayr ibn Abî Bakr. Je m’adressai à lui pour qu’il intercède auprès d’un homme en faveur d’un besoin. Il me répliqua : « Ne sais-tu pas que la requête présentée par le sultan pour satisfaire un besoin équivaut à l’usurper ? » Je répondis : « Non, si le souverain est juste. » Je fus étonné de son parler non arabe, de la justesse de la sentence qu’il cita et de sa perspicacité, comme il s’étonna de ma réponse qu’il trouva singulière.

Onzièmement – Parole du Très-Haut : « Il dit : “Il t’a certes lésé en demandant que ta brebis s’ajoute aux siennes.” » An-Naḥḥâs dit : On a avancé que c’est là la faute de Dâwûd – sur lui la paix –, parce qu’il déclara : « Il t’a lésé » sans s’être assuré d’une preuve ni avoir obtenu l’aveu de l’adversaire pour savoir si l’affaire était réellement ainsi ou non. Tel est un avis dont l’explication viendra plus loin, et il est louable, si Allah – Exalté soit-Il – le veut.

Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs dit : Quant à la parole des savants dont l’autorité est incontestée – parmi eux ʿAbdullâh ibn Masʿûd et Ibn ʿAbbâs –, ils affirment que Dâwûd – bénédiction sur notre Prophète et sur lui – ne fit que dire à l’homme : « Cède-moi ta femme. »

Abû Jaʿfar poursuit : Allah – Puissant et Majestueux – le réprimanda pour cela et le lui fit remarquer ; ce n’est pas là un grand péché. Celui qui s’aventure au-delà ne rapporte que ce qui n’est authentique d’aucun savant et s’expose à un péché énorme.

Il a tenu ces propos dans son ouvrage « Iʿrâb al-Qurʾân », et les a répétés dans « Maʿânî al-Qurʾân ».

Il dit – qu’Allah l’agrée : Des récits ont circulé concernant Dâwûd et Uryâ, mais la plupart ne sont ni authentiques ni dotés d’une chaîne de transmission valable ; il ne convient de s’y aventurer qu’après avoir vérifié leur authenticité.

Le récit le plus sûr est celui que Masrûq rapporte d’ʿAbdullâh ibn Masʿûd : Dâwûd n’a rien ajouté à ces mots : « Akfilnî-hâ » – « remets-la-moi », c’est-à-dire : cède-la-moi.

Al-Minhâl rapporte de Saʿîd ibn Jubayr le même contenu : Dâwûd – sur lui la prière et la paix – n’a fait que dire : « Akfilnî-hâ », c’est-à-dire : éloigne-toi d’elle et rattache-la à moi.

Abû Jaʿfar conclut : C’est là le récit le plus noble qui ait été transmis à ce sujet. Le sens en est que Dâwûd – paix sur lui – demanda à Uryâ de répudier son épouse, tout comme un homme demande à un autre de lui vendre sa servante. C’est alors qu’Allah le mit en garde

وَقَرَأَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ وَعُبَيْدُ بْنُ عُمَيْرٍ: " وَعَازَنِي فِي الْخِطَابِ" أَيْ غَالَبَنِي، مِنَ الْمُعَازَّةِ وَهِيَ الْمُغَالَبَةُ، عَازَّهُ أَيْ غَالَبَهُ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَاخْتُلِفَ فِي سَبَبِ الْغَلَبَةِ، فَقِيلَ: مَعْنَاهُ غَلَبَنِي بِبَيَانِهِ. وَقِيلَ: غَلَبَنِي بِسُلْطَانِهِ، لِأَنَّهُ لَمَّا سَأَلَهُ لَمْ يَسْتَطِعْ خِلَافَهُ. كَانَ بِبِلَادِنَا أَمِيرٌ يُقَالُ لَهُ: سَيْرُ بْنُ أَبِي بَكْرٍ فَكَلَّمْتُهُ «١» فِي أَنْ يَسْأَلَ لِي رَجُلًا حَاجَةً، فَقَالَ لِي: أَمَا عَلِمْتَ أَنَّ طَلَبَ السُّلْطَانِ لِلْحَاجَةِ غَصْبٌ لَهَا. فَقُلْتُ: أَمَّا إِذَا كَانَ عَدْلًا فَلَا. فَعَجِبْتُ مِنْ عُجْمَتِهِ وَحِفْظِهِ لِمَا تَمَثَّلَ بِهِ وَفِطْنَتِهِ، كَمَا عَجِبَ مِنْ جَوَابِي لَهُ وَاسْتَغْرَبَهُ. الْحَادِيَةُ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " قالَ لَقَدْ ظَلَمَكَ بِسُؤالِ نَعْجَتِكَ إِلى نِعاجِهِ" قَالَ النَّحَّاسُ: فَيُقَالُ إِنَّ هَذِهِ كَانَتْ خَطِيئَةَ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، لِأَنَّهُ قَالَ: لَقَدْ ظَلَمَكَ مِنْ غَيْرِ تَثَبُّتٍ بِبَيِّنَةٍ، وَلَا إِقْرَارَ مِنَ الْخَصْمِ، هَلْ كَانَ هَذَا كَذَا أَوْ لَمْ يَكُنْ. فَهَذَا قَوْلٌ. وَسَيَأْتِي بَيَانُهُ فِي الْمَسْأَلَةِ بَعْدَ هَذَا، وَهُوَ حَسَنٌ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. وَقَالَ أَبُو جَعْفَرٍ النَّحَّاسُ: فَأَمَّا قَوْلُ الْعُلَمَاءِ الَّذِينَ لَا يُدْفَعُ قَوْلُهُمْ، مِنْهُمْ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ وَابْنُ عَبَّاسٍ، فَإِنَّهُمْ قَالُوا: مَا زَادَ دَاوُدُ صَلَّى اللَّهُ عَلَى نَبِيِّنَا وَعَلَيْهِ عَلَى أَنْ قَالَ لِلرَّجُلِ انْزِلْ لِي عَنِ امْرَأَتِكَ. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ: فَعَاتَبَهُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ عَلَى ذَلِكَ وَنَبَّهَهُ عَلَيْهِ، وَلَيْسَ هَذَا بِكَبِيرٍ مِنَ الْمَعَاصِي، وَمَنْ تَخَطَّى إِلَى غَيْرِ هَذَا فَإِنَّمَا يَأْتِي بِمَا لَا يَصِحُّ عَنْ عَالِمٍ، وَيَلْحَقُهُ فِيهِ إِثْمٌ عَظِيمٌ. كَذَا قَالَ: فِي كِتَابِ " إِعْرَابِ الْقُرْآنِ." وَقَالَ: فِي كِتَابِ مَعَانِي الْقُرْآنِ لَهُ بِمِثْلِهِ. قَالَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: قَدْ جَاءَتْ أَخْبَارٌ وَقَصَصٌ فِي أَمْرِ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَأُورِيَّا، وَأَكْثَرُهَا لَا يَصِحُّ ولا يتصل إسناده، ولا ينبغي أن يجترئ عَلَى مِثْلِهَا إِلَّا بَعْدَ الْمَعْرِفَةِ بِصِحَّتِهَا. وَأَصَحُّ مَا رُوِيَ فِي ذَلِكَ مَا رَوَاهُ مَسْرُوقٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ قَالَ: مَا زَادَ دَاوُدُ عَلَيْهِ السَّلَامُ عَلَى أَنْ قَالَ " أَكْفِلْنِيها" أَيِ انْزِلْ لِي عَنْهَا. وَرَوَى الْمِنْهَالُ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ قَالَ: مَا زَادَ دَاوُدُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى أَنْ قَالَ: " أَكْفِلْنِيها" أَيْ تَحَوَّلْ لِي عَنْهَا وَضُمَّهَا إِلَيَّ، قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ: فَهَذَا أَجَلُّ مَا رُوِيَ فِي هَذَا، وَالْمَعْنَى عَلَيْهِ أَنَّ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ سَأَلَ أُورِيَّا أَنْ يُطَلِّقَ امْرَأَتَهُ، كَمَا يَسْأَلُ الرَّجُلُ الرَّجُلَ أَنْ يَبِيعَهُ جَارِيَتَهُ، فنبهه الله
(١). هو الأمير أبو بكر سير من أمراء المرابطين أحد قواد يوسف بن تاشفين المشاهير تركه بالأندلس حين عزم الرجوع إلى بلاده. ١ هـ نفح الطيب.

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