Cinquièmement –
Ibn al-ʿArabî a dit :
« Si l’on demande : Pourquoi (Dâwûd) ne leur a-t-il pas ordonné de sortir, puisqu’il savait déjà ce qu’ils voulaient ? Pourquoi ne les a-t-il pas sanctionnés alors qu’ils étaient entrés chez lui sans permission ?
La réponse comporte quatre aspects :
- Nous ne connaissons pas la législation de son époque concernant le voile (al-ḥijâb) et la demande d’autorisation ; la réponse doit donc être envisagée à la lumière de ces prescriptions. Au début de notre Loi, ces règles furent laissées sans précision jusqu’à ce qu’Allâh – Exalté soit-Il – les explicite.
- Si nous rapportions l’affaire aux règles du ḥijâb, on pourrait dire que la frayeur soudaine qui le saisit l’a distrait de ce qu’il devait normalement faire à ce sujet.
- Il voulut entendre entièrement leur propos – raison pour laquelle ils étaient entrés – afin de connaître l’issue de l’affaire et de voir si l’irruption sans autorisation pouvait ou non être tolérée, et s’il existait ou non pour eux une excuse. Il apparut finalement qu’il ne s’agissait que d’une épreuve, d’un exemple qu’Allâh plaça dans ce récit, et d’un enseignement relatif à la prétention à l’infaillibilité.
- Il se peut aussi que la scène se soit déroulée dans une mosquée, où nul n’a à solliciter la permission, puisque l’accès n’y est interdit à personne.
Je dis :
Un cinquième avis, rapporté par al-Qushayrî, est qu’ils dirent : « Comme les gardiens du voile ne nous ont pas laissé entrer, nous avons escaladé pour pénétrer, de peur que notre affaire ne s’aggrave. » Dâwûd accepta leur excuse et prêta l’oreille à leurs propos.
Sixièmement –
Parole du Très-Haut : « (deux) adversaires… »
Si l’on objecte : Comment ont-ils pu dire « deux adversaires » alors qu’il est dit plus haut : « lorsqu’ils escaladèrent l’oratoire » ?
On répondit : parce que deux personnes constituent déjà un pluriel.
Al-Khalîl dit : de même que l’on dit « nous avons fait » alors que vous n’êtes que deux.
Al-Kisâʾî explique : c’est le pluriel tant que l’énoncé était narratif ; une fois le récit terminé et la prise de parole directe, les deux se présentèrent eux-mêmes en disant : « nous sommes deux adversaires ».
Az-Zajjâj dit : c’est-à-dire : « Nous sommes deux plaideurs ».
D’autres ajoutent : il y a ellipse, comme s’ils disaient : « (deux) adversaires, l’un de nous a lésé l’autre… »
Al-Kisâʾî indique : si l’on avait dit « l’un d’eux deux a lésé l’autre », cela aurait également été correct.
Al-Mâwardî dit : Ils étaient deux anges ; ils n’étaient ni adversaires ni injustes, et il n’est pas concevable qu’ils mentent. Le sens de leurs paroles serait : « Suppose que deux adversaires viennent à toi en disant : l’un de nous a lésé l’autre. »
On a également dit : c’est-à-dire : « Nous sommes deux groupes de plaideurs ; les uns ont lésé les autres. » Selon cette opinion, le litige peut opposer deux individus, chacun soutenu par un groupe, ou chaque membre de ces deux groupes peut avoir sa propre cause.