Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La peine afflictive pour diffamation (al-qaḏf) se superpose, car, selon Abū Ḥanīfa, elle relève d’un droit d’Allāh – tout comme le ḥadd relatif à la consommation de vin ou à la fornication. Quant à Aš-Šāfiʿī et Mālik, ils estiment que le ḥadd du qaḏf constitue un droit de l’homme (ḥaqq al-ʾādamī) ; il se multiplie donc en fonction du nombre de personnes diffamées.

Troisièmement, il l’a fouettée sans que la personne diffamée n’en formule la demande. Or, par consensus de la Umma, l’application du ḥadd du qaḏf n’est licite qu’après la réclamation expresse de celui qui a été diffamé, aussi bien pour ceux qui considèrent qu’il s’agit d’un droit d’Allāh que pour ceux qui le tiennent pour un droit de l’homme. C’est sur ce point que se fonde la preuve de ceux qui le qualifient de droit humain ; car, s’il s’agissait d’un droit strictement divin, sa réalisation ne dépendrait pas d’une plainte, à l’instar du ḥadd de la fornication.

Quatrièmement, il a exécuté les deux peines successivement ; or, celui sur qui pèsent deux ḥadd ne doit pas les subir à la suite l’un de l’autre : on exécute d’abord l’un, puis on l’abandonne jusqu’à ce que les traces du coup se cicatrisent –
« ou que la personne fouettée retrouve toute sa force » –
ensuite on applique l’autre ḥadd.

Cinquièmement, il l’a châtiée debout ; pourtant la femme n’est fouettée qu’assise et à l’abri des regards –
certains ont dit : « dans une corbeille (zimbīl) ».

Sixièmement, il a appliqué la peine dans la mosquée, alors que, par consensus, les ḥudūd n’y sont pas exécutés. Il existe toutefois une divergence concernant le jugement (qaḍāʾ) et le taʿzīr (peine discrétionnaire) au sein de la mosquée.

Le Qāḍī a dit : « Voilà la parole décisive et la science du jugement à laquelle il est fait allusion dans l’interprétation du ḥadīth rapporté : “Parmi vous, le meilleur pour rendre justice est ʿAlī.” »

Quant à celui qui dit que l’excellence d’ʿAlī tient à la concision, cela concerne les Arabes à l’exclusion des non-Arabes, et Muḥammad – paix et bénédictions sur lui – à l’exclusion des Arabes, comme il l’a exposé en disant : « On m’a accordé la concision des propos. »

Pour celui qui affirme que cette supériorité réside dans l’expression « ammā baʿd », il est rapporté que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – prononçait, dans ses sermons : « Ammā baʿd… ». On rapporte également que le premier à l’avoir dite à l’époque antéislamique fut Saḥbān ibn Wāʾil : il fut le premier à croire en la résurrection, le premier à s’appuyer sur un bâton, et il vécut cent quatre-vingts ans. Si l’on admettait que Dāwūd – sur lui la paix – l’avait prononcée, ce ne fut certes pas en arabe sous cette forme, mais bien dans sa propre langue. Et Allāh sait mieux.

[Ṣūra Ṣād (38), versets 21 à 25]

  1. T’est-il parvenu le récit des plaideurs, quand ils escaladèrent le sanctuaire ?
  2. Lorsqu’ils entrèrent auprès de Dāwūd, il en eut peur. Ils dirent : « Ne crains point ! Nous sommes deux plaideurs ; l’un de nous a fait tort à l’autre. Juge donc entre nous avec équité, ne sois pas injuste, et guide-nous vers la voie droite. »
  3. « Voici mon frère ; il possède quatre-vingt-dix-neuf brebis, et je n’en ai qu’une. Il m’a dit : “Confie-la-moi”, et il m’a dominé par ses paroles. »
  4. (Dāwūd) dit : « Il t’a certes lésé en exigeant que ta brebis se joigne aux siennes ; et beaucoup d’associés se font mutuellement du tort, sauf ceux qui croient et accomplissent les œuvres pies – mais ils sont bien peu nombreux. » Dāwūd comprit alors que Nous l’avions éprouvé ; il implora donc le pardon de son Seigneur, se prosterna et revint repentant.
  5. Nous lui pardonnâmes cela ; il aura, auprès de Nous, une haute proximité et un beau retour.
الْقَذْفِ يَتَدَاخَلُ، لِأَنَّهُ عِنْدَهُ حَقٌّ لِلَّهِ تَعَالَى كَحَدِّ الْخَمْرِ وَالزِّنَى، وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ وَمَالِكٌ فَإِنَّهُمَا يَرَيَانِ أَنَّ الْحَدَّ بِالْقَذْفِ حَقٌّ لِلْآدَمِيِّ، فَيَتَعَدَّدُ بِتَعَدُّدِ الْمَقْذُوفِ. الثَّالِثُ أَنَّهُ جَلَدَ بِغَيْرِ مُطَالَبَةِ الْمَقْذُوفِ، وَلَا تَجُوزُ إِقَامَةُ حَدِّ الْقَذْفِ بِإِجْمَاعٍ مِنَ الْأُمَّةِ إِلَّا بَعْدَ الْمُطَالَبَةِ بِإِقَامَتِهِ مِمَّنْ يَقُولُ إِنَّهُ حَقٌّ لِلَّهِ تَعَالَى، وَمَنْ يَقُولُ إِنَّهُ حَقُّ الْآدَمِيِّ. وَبِهَذَا الْمَعْنَى وَقَعَ الِاحْتِجَاجُ لِمَنْ يَرَى أَنَّهُ حَقٌّ لِلْآدَمِيِّ، إِذْ لَوْ كَانَ حَقًّا لِلَّهِ لَمَا تَوَقَّفَ عَلَى الْمُطَالَبَةِ كَحَدِّ الزِّنَى. الرَّابِعُ. أَنَّهُ وَالَى بَيْنَ الْحَدَّيْنِ، وَمَنْ وَجَبَ عَلَيْهِ حَدَّانِ لَمْ يُوَالَ بَيْنَهُمَا، بَلْ يُحَدُّ لِأَحَدِهِمَا ثُمَّ يُتْرَكُ حَتَّى يَنْدَمِلَ الضَّرْبُ، " أَوْ يُسْتَبَلَ الْمَضْرُوبُ" «١» ثُمَّ يُقَامُ عَلَيْهِ الْحَدُّ الْآخَرُ. الْخَامِسُ أَنَّهُ حَدَّهَا قَائِمَةً، وَلَا تُحَدُّ الْمَرْأَةُ إِلَّا جَالِسَةً مَسْتُورَةً، قَالَ بَعْضُ النَّاسِ: فِي زِنْبِيلٍ. السَّادِسُ أَنَّهُ أَقَامَ الْحَدَّ فِي الْمَسْجِدِ وَلَا تُقَامُ الْحُدُودُ فِيهِ إِجْمَاعًا. وَفِي الْقَضَاءِ فِي الْمَسْجِدِ وَالتَّعْزِيرِ فِيهِ خِلَافٌ. قَالَ الْقَاضِي: فَهَذَا هُوَ فَصْلُ الْخِطَابِ وَعِلْمُ القضاء، الذي وقعت الإشارة إليه على التَّأْوِيلَاتِ فِي الْحَدِيثِ الْمَرْوِيِّ " أَقْضَاكُمْ عَلِيٌّ" وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ الْإِيجَازُ فَذَلِكَ لِلْعَرَبِ دُونَ الْعَجَمِ، وَلِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دُونَ الْعَرَبِ، وَقَدْ بَيَّنَ هَذَا بِقَوْلِهِ: " وَأُوتِيتُ جَوَامِعَ الْكَلِمِ" . وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِنَّهُ قَوْلُهُ أَمَّا بَعْدُ، فَكَانَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ فِي خُطْبَتِهِ: " أَمَّا بَعْدُ" . وَيُرْوَى أَنَّ أَوَّلَ مَنْ قَالَهَا فِي الْجَاهِلِيَّةِ سَحْبَانُ بْنُ وَائِلٍ، وَهُوَ أَوَّلُ مَنْ آمَنَ بِالْبَعْثِ، وَأَوَّلُ مَنْ تَوَكَّأَ عَلَى عَصًا، وَعُمِّرَ مِائَةً وَثَمَانِينَ سَنَةً. وَلَوْ صَحَّ أَنَّ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ قَالَهَا، لَمْ يَكُنْ ذَلِكَ مِنْهُ بِالْعَرَبِيَّةِ عَلَى هَذَا النَّظْمِ، وَإِنَّمَا كَانَ بِلِسَانِهِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. [سورة ص (٣٨) : الآيات ٢١ الى ٢٥] وَهَلْ أَتاكَ نَبَأُ الْخَصْمِ إِذْ تَسَوَّرُوا الْمِحْرابَ (٢١) إِذْ دَخَلُوا عَلى داوُدَ فَفَزِعَ مِنْهُمْ قالُوا لَا تَخَفْ خَصْمانِ بَغى بَعْضُنا عَلى بَعْضٍ فَاحْكُمْ بَيْنَنا بِالْحَقِّ وَلا تُشْطِطْ وَاهْدِنا إِلى سَواءِ الصِّراطِ (٢٢) إِنَّ هَذَا أَخِي لَهُ تِسْعٌ وَتِسْعُونَ نَعْجَةً وَلِيَ نَعْجَةٌ واحِدَةٌ فَقالَ أَكْفِلْنِيها وَعَزَّنِي فِي الْخِطابِ (٢٣) قالَ لَقَدْ ظَلَمَكَ بِسُؤالِ نَعْجَتِكَ إِلى نِعاجِهِ وَإِنَّ كَثِيراً مِنَ الْخُلَطاءِ لَيَبْغِي بَعْضُهُمْ عَلى بَعْضٍ إِلاَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحاتِ وَقَلِيلٌ مَا هُمْ وَظَنَّ داوُدُ أَنَّما فَتَنَّاهُ فَاسْتَغْفَرَ رَبَّهُ وَخَرَّ راكِعاً وَأَنابَ (٢٤) فَغَفَرْنا لَهُ ذلِكَ وَإِنَّ لَهُ عِنْدَنا لَزُلْفى وَحُسْنَ مَآبٍ (٢٥)
(١). الزيادة من ابن العربي.

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