Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le lion tomba dans la fosse qu’on lui avait aménagée, et la foule se pressa autour de la zubya ; un homme y glissa puis s’agrippa à un autre, lequel se cramponna à un troisième, puis celui-ci à un quatrième, si bien qu’ils se retrouvèrent quatre dans la fosse. Le lion les blessa et ils périrent tous. Les gens saisirent alors leurs armes et un combat était sur le point d’éclater entre eux.

Je me rendis auprès d’eux et leur dis : « Allez-vous tuer deux cents hommes à cause de quatre personnes ? Venez, je prononcerai une sentence entre vous ; si vous l’acceptez, elle sera votre jugement, sinon vous la soumettrez au Messager d’Allah – que les bénédictions et le salut d’Allah soient sur lui –, car c’est lui qui a le plus grand droit de juger. »

Il attribua donc au premier le quart de la diyah, au deuxième le tiers de la diyah, au troisième la moitié de la diyah, et au quatrième la diyah complète ; puis il imposa le paiement des diyāt à ceux qui avaient creusé la zubya, réparties sur les quatre tribus. Certains s’en indignèrent, d’autres s’en contentèrent. Ils se rendirent ensuite auprès du Messager d’Allah ﷺ et lui racontèrent l’affaire.

Il dit : « C’est moi qui jugerai entre vous. » Quelqu’un répliqua : « ʿAlî a déjà statué entre nous. » Ils lui exposèrent alors la sentence d’ʿAlî. Le Messager d’Allah ﷺ déclara : « Le jugement est tel qu’ʿAlî l’a rendu. » Dans une autre version : le Prophète ﷺ entérina la décision d’ʿAlî.

On rapporte également, au sujet de la science du jugement, qu’un homme vint auprès d’Abû Ḥanîfah et lui dit : « Ibn Abî Laylâ – qui était qâḍî à Koufa – a fouetté dans la mosquée une femme aliénée qui avait traité un homme de “fils de deux fornicateurs”, lui appliquant deux ḥadd, alors qu’elle était debout. »

Abû Ḥanîfah répondit : « Il a fauté sous six rapports. »

Ibn al-ʿArabî commente : « Ce qu’Abû Ḥanîfah a discerné d’emblée, seuls les savants peuvent le percevoir à la simple lecture. Quant à la sentence d’ʿAlî, le débutant ne peut la saisir, et même celui qui s’exerce longuement aux jugements n’y parvient qu’après un long labeur. Son analyse est la suivante :

Ces quatre hommes, tués par erreur du fait qu’ils se sont repoussés autour de la fosse, relèvent du meurtre involontaire imputable à l’ensemble des présents ; ils ont donc droit à des diyāt prélevées sur ceux qui assistaient, à titre d’erreur. Mais :
– le premier, mort pour avoir été poussé, est aussi, par sa traction, le tueur de trois autres ; il a droit à une diyah pour sa propre mort et il doit trois quarts de diyah pour les trois qu’il a tués ;
– le deuxième a droit à un tiers de diyah et doit les deux tiers pour les deux qu’il a tués ;
– le troisième a droit à une demi-diyah et doit l’autre moitié, car il a tué un seul homme ;
Ainsi s’effectua la répartition, et les ʿawâqil supportèrent ce montant après l’application du qiṣâṣ qui s’y attachait. C’est là une conclusion d’une rare finesse juridique.

Quant à Abû Ḥanîfah, il considéra six aspects :

  1. Le fou – ou toute personne aliénée – n’est pas passible du ḥadd, car la folie abolit la responsabilité religieuse ; cela vaut si l’injure a été proférée durant l’accès de folie. Si la personne alterne moments de démence et de lucidité, elle est passible du ḥadd pour les propos tenus lorsqu’elle est lucide.
  2. Elle avait dit : « Ô fils de deux fornicateurs ! » ; le juge lui infligea deux ḥadd, un pour chaque parent prétendument diffamé. Abû Ḥanîfah le jugea fautif selon son école, car le ḥadd
فَوَقَعَ فِيهَا الْأَسَدُ، وَازْدَحَمَ النَّاسُ عَلَى الزُّبْيَةِ فَوَقَعَ فِيهَا رَجُلٌ وَتَعَلَّقَ بِآخَرَ، وَتَعَلَّقَ الْآخَرُ بِآخَرَ، حَتَّى صَارُوا أَرْبَعَةً، فَجَرَحَهُمُ الْأَسَدُ فِيهَا فَهَلَكُوا، وَحَمَلَ الْقَوْمُ السِّلَاحَ وَكَادَ يَكُونُ بَيْنَهُمْ قِتَالٌ، قَالَ فَأَتَيْتُهُمْ فَقُلْتُ: أَتَقْتُلُونَ مِائَتَيْ رَجُلٍ مِنْ أَجْلِ أَرْبَعَةِ إِنَاسٍ! تَعَالَوْا أَقْضِ بَيْنَكُمْ بِقَضَاءٍ، فَإِنْ رَضِيتُمُوهُ فَهُوَ قَضَاءٌ بَيْنَكُمْ، وَإِنْ أَبَيْتُمْ رَفَعْتُمْ ذَلِكَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ أَحَقُّ بِالْقَضَاءِ. فَجَعَلَ لِلْأَوَّلِ رُبُعَ الدِّيَةِ، وَجَعَلَ لِلثَّانِي ثُلُثَ الدِّيَةِ، وَجَعَلَ لِلثَّالِثِ نِصْفَ الدِّيَةِ، وَجَعَلَ لِلرَّابِعِ الدِّيَةَ، وَجَعَلَ الدِّيَاتِ عَلَى مَنْ حَفَرَ الزُّبْيَةَ عَلَى قبائل الأربع، فَسَخِطَ بَعْضُهُمْ وَرَضِيَ بَعْضُهُمْ، ثُمَّ قَدِمُوا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَصُّوا عَلَيْهِ الْقِصَّةَ، فَقَالَ: " أَنَا أَقْضِي بَيْنَكُمْ" فَقَالَ قَائِلٌ: إِنَّ عَلِيًّا قَدْ قَضَى بَيْنَنَا. فَأَخْبَرُوهُ بِمَا قَضَى عَلِيٌّ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " الْقَضَاءُ كَمَا قَضَى عَلِيٌّ" فِي رِوَايَةٍ: فَأَمْضَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَضَاءَ عَلِيٍّ. وَكَذَلِكَ يُرْوَى فِي الْمَعْرِفَةِ بِالْقَضَاءِ أَنَّ أَبَا حَنِيفَةَ جَاءَ إِلَيْهِ رَجُلٌ فَقَالَ: إِنَّ ابْنَ أَبِي لَيْلَى- وَكَانَ قَاضِيًا بِالْكُوفَةِ- جَلَدَ امْرَأَةً مَجْنُونَةً قَالَتْ لِرَجُلٍ يَا ابْنَ الزَّانِيَيْنِ حَدَّيْنِ فِي الْمَسْجِدِ وَهِيَ قَائِمَةٌ. فَقَالَ: أَخْطَأَ مِنْ سِتَّةِ أَوْجُهٍ. قَالَ ابن العربي: وهذا الذي قال أَبُو حَنِيفَةَ بِالْبَدِيهَةِ لَا يُدْرِكُهُ أَحَدٌ بِالرُّؤْيَةِ إِلَّا الْعُلَمَاءُ. فَأَمَّا قَضِيَّةُ عَلِيٍّ فَلَا يُدْرِكُهَا الشَّادِي، وَلَا يَلْحَقُهَا بَعْدَ التَّمَرُّنِ فِي الْأَحْكَامِ إِلَّا الْعَاكِفُ الْمُتَمَادِي. وَتَحْقِيقُهَا أَنَّ هَؤُلَاءِ الْأَرْبَعَةَ الْمَقْتُولِينَ خَطَأً بِالتَّدَافُعِ عَلَى الْحُفْرَةِ مِنَ الْحَاضِرِينَ عَلَيْهَا، فَلَهُمُ الدِّيَاتُ عَلَى مَنْ حَضَرَ عَلَى وَجْهِ الْخَطَأِ، بَيْدَ أَنَّ الْأَوَّلَ مَقْتُولٌ بِالْمُدَافَعَةِ قَاتِلُ ثَلَاثَةٍ بِالْمُجَاذَبَةِ، فَلَهُ الدِّيَةُ بِمَا قُتِلَ، وَعَلَيْهِ ثَلَاثَةُ أَرْبَاعِ الدِّيَةِ بِالثَّلَاثَةِ الَّذِينَ قَتَلَهُمْ. وَأَمَّا الثَّانِي فَلَهُ ثُلُثُ الدِّيَةِ وَعَلَيْهِ الثُّلُثَانِ بِالِاثْنَيْنِ اللَّذَيْنِ قَتَلَهُمَا بِالْمُجَاذَبَةِ. وَأَمَّا الثَّالِثُ فَلَهُ نِصْفُ الدِّيَةِ وَعَلَيْهِ النِّصْفُ، لِأَنَّهُ قَتَلَ وَاحِدًا بِالْمُجَاذَبَةِ فَوَقَعَتِ الْمُحَاصَّةُ وَغَرِمَتِ الْعَوَاقِلُ هَذَا التَّقْدِيرَ بَعْدَ الْقِصَاصِ الْجَارِي فِيهِ. وَهَذَا مِنْ بَدِيعِ الِاسْتِنْبَاطِ. وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَإِنَّهُ نَظَرَ إِلَى الْمَعَانِي الْمُتَعَلِّقَةِ فَرَآهَا سِتَّةً: الْأَوَّلُ أَنَّ الْمَجْنُونَ لَا حَدَّ عَلَيْهِ، لِأَنَّ الْجُنُونَ يُسْقِطُ التَّكْلِيفَ. وَهَذَا إِذَا كَانَ الْقَذْفُ فِي حَالَةِ الْجُنُونِ، وَأَمَّا إِذَا كَانَ يُجَنُّ مَرَّةً وَيُفِيقُ أُخْرَى فَإِنَّهُ يُحَدُّ بِالْقَذْفِ فِي حَالَةِ إِفَاقَتِهِ. وَالثَّانِي قَوْلُهَا يَا ابْنَ الزَّانِيَيْنِ فَجَلَدَهَا حَدَّيْنِ لِكُلِّ أَبٍ حَدٌّ، فَإِنَّمَا خَطَّأَهُ أَبُو حَنِيفَةَ عَلَى مَذْهَبِهِ فِي أَنَّ حَدَّ

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