C’est-à-dire : le Souffle de la Résurrection. Autrement dit, après avoir été frappés à Badr ils n’attendent plus que le Cri du Jour de la Résurrection.
On a également dit : les survivants d’entre eux, à l’heure actuelle, n’attendent rien d’autre que ce Cri, à savoir le Souffle dans la Trompe, comme l’a dit le Très-Haut : « Ils n’attendent qu’un seul Cri qui les saisira tandis qu’ils se querelleront ; alors ils ne pourront faire aucun testament » (Yâ-Sîn 49-50). Il s’agit là d’une annonce de la proximité de la Résurrection et de la mort.
D’autres ont avancé que les mécréants de la fin de cette communauté, qui suivent la religion de leurs devanciers, n’attendent, eux aussi, qu’un seul Cri, lequel n’est autre que ce Souffle.
ʿAbd Allâh ibn ʿAmr a rapporté : « Il n’est jamais advenu de Cri dans le ciel sans qu’il ne fût l’expression de la colère d’Allâh – Exalté soit-Il – contre les habitants de la terre. »
« À laquelle il n’y aura pas de fawâq » : c’est-à-dire pas de répétition, selon Ibn ʿAbbâs ; Mujâhid dit : aucun retour ; Qatâdah : aucune duplicité ; As-Suddi : aucun répit. Ḥamzah et Al-Kisâʾî lisent « fuwâq » avec ḍamma sur le fâ’, tandis que les autres la prononcent avec fatha.
Al-Jawharî explique : al-fawâq ou al-fuwâq désigne l’intervalle de temps entre deux traites : on trait la chamelle, puis on la laisse un court instant pour que le chamelon tête et fasse descendre le lait, puis on la trait à nouveau. On dit : « Il n’est resté chez lui qu’un fawâq. » Dans le ḥadith : « La visite [du malade] équivaut à la durée d’un fawâq de chamelle. »
Ainsi, la parole du Très-Haut : « … à laquelle il n’y aura pas de fawâq » – qu’on lise le mot avec fatha ou ḍamma – signifie qu’il n’y aura ni délai, ni répit, ni retour à la conscience.
Al-fîqah, avec kasra, désigne le lait qui se forme entre deux traites ; la wâw s’est transformée en yâ en raison de la kasra qui la précède. Al-Aʿshâ, décrivant une vache, dit :
« Jusqu’à ce que la fîqah se soit formée dans son pis… »
Les pluriels sont fîq, puis afwâq, comme shibr, ashbâr, puis afâwiq.
Ibn Hammâm as-Salûlî a dit :
« Ils nous blâment pour ce bas-monde alors qu’ils le tètent…
Des afâwiq, jusqu’à ce qu’il ne reste plus
pour elle une goutte à faire descendre. »
Afâwiq désigne aussi l’eau qui s’accumule dans les nuages, laquelle tombe une averse après l’autre. Le verbe afâqat, appliqué à la chamelle, signifie que la fîqah s’est rassemblée dans son pis ; elle est alors mufîq ou mufîqah, et le pluriel est mafâwiq.
Al-Farrâ’, Abû ʿUbaydah et d’autres ont dit : « min fawâq » (avec fatha) renvoie à un répit sans qu’ils ne retrouvent leur conscience, à l’image d’un malade ou d’un évanoui ; tandis que « min fuwâq » (avec ḍamma) exprime l’attente. Il a déjà été mentionné que les deux lectures véhiculent un même sens : l’intervalle entre deux traites.