« Quiconque en boira ne fera plus partie des miens, alors que celui qui n’y goûtera pas fera bel et bien partie des miens » (al-Baqarah, 249), c’est-à-dire qu’il restera sur ma religion et ma voie.
Al-Farrâ’ dit : le sens est qu’il s’agit d’une armée vaincue, empêchée d’accéder aux cieux.
Al-Qutaybî dit : autrement dit, ils constituent une armée vouée à ces divinités mais déjà défaite ; ils sont incapables de revendiquer, pour leurs idoles ou pour eux-mêmes, la moindre part des trésors de la miséricorde d’Allâh ni de la royauté des cieux et de la terre.
(Sourate Ṣâd, 38 : 12-14)
« Avant eux, le peuple de Nûḥ, les ‘Âd et Pharaon l’homme aux piquets (12),
les Thamûd, le peuple de Lûṭ et les compagnons du Bosquet touffu : voilà les coalisés (13).
Il n’en est pas un qui n’ait traité les Messagers de menteurs ; Mon châtiment s’avéra donc inéluctable (14). »
Parole du Très-Haut : « Avant eux, le peuple de Nûḥ les a traités de menteurs… » ; Il mentionne ces faits pour réconforter le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — et le consoler : « Ô Muhammad, ceux de ton peuple ne sont qu’une troupe semblable aux coalitions anciennes qui se sont liguées contre leurs prophètes ; ils étaient plus puissants qu’eux et furent anéantis. »
Allâh — exalté soit-Il — emploie ici le terme « qawm » (peuple) au féminin. Les grammairiens divergent à ce sujet en deux opinions :
- Il est admissible de le décliner au masculin comme au féminin.
- Le mot est formellement masculin et ne s’emploie au féminin que lorsque le sens vise la tribu ou le clan ; la dominance revient alors au sens implicite, à titre d’indice. Ainsi, dans la Parole du Très-Haut : « Non ! C’est certes un rappel ; quiconque le veut s’en souviendra » (al-Muddaththir, 54-55), Il n’a pas dit « s’en souviendra d’elle » car le pronom implicite est masculin, bien que la forme du mot suggère le féminin.
Pharaon est qualifié de « l’homme aux piquets ». Les exégètes ont divergé sur la signification de cette expression :
– Ibn ʿAbbâs : c’est-à-dire possesseur d’édifices solides.
– Ad-Ḍaḥḥâk : il érigeait de nombreux bâtiments, appelés « piquets ».
– Ibn ʿAbbâs, Qatâdah et ʿAtâ’ : il disposait de piquets, de cordes et de terrains de jeux dressés pour lui.
– Ad-Ḍaḥḥâk encore : détenteur d’une grande force et d’un redoutable pouvoir.
– Al-Kalbî et Muqâtil : il châtiait les gens au moyen de piquets ; lorsqu’il se courrouçait contre quelqu’un, il l’étendait sur le dos, lié entre quatre piquets fichés dans le sol, puis lâchait sur lui scorpions et serpents jusqu’à sa mort.
– D’autres disent : il crucifiait le supplicié entre quatre colonnes, chacun de ses membres étant cloué à un pilier par un piquet de fer, le laissant mourir ainsi.
– D’autres encore : « aux piquets » signifie simplement « possesseur de nombreux soldats », l’armée ayant été assimilée à des piquets.