Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il ne s’agit ici que d’un seul mot : c’est en réalité la particule « لا » à laquelle on a simplement ajouté la lettre ت, comme on l’a fait pour ربّ / رُبّتْ et ثمّ / ثُمّتْ.

Abū Zubayd al-Ṭā’ī a dit :
« Ils ont recherché notre réconciliation, mais ce n’était plus le moment ;
nous leur avons répondu qu’il n’était plus temps de demeurer. »

Un autre poète a récité :
« Il se rappela l’amour de Laylâ, mais ce n’était plus l’instant opportun ;
les cheveux blancs étaient venus rompre la compagnie. »

Parmi les Arabes, certains font suivre cette particule d’un nom au génitif. Al-Far­rā’ a ainsi cité ces vers :
« Tu connaîtras certes des caractères enveloppés (de défauts),
et tu regretteras – mais non à l’heure du regret. »

Al-Kisā’ī, al-Far­rā’, al-Khalīl, Sībawayh et al-Akhfash soutenaient que, dans l’expression coranique « وَلاتَ حين », la lettre ت est séparée du mot حِين ; ils affirmaient que le sens en est « وَلَيْسَتْ ». Ainsi l’ont-ils écrit dans les anciens et les nouveaux Maṣāḥif, la ت étant détachée de حِين, et c’était aussi l’avis d’Abū ʿUbaydah Maʿmar b. al-Muthannā.

Abū ʿUbayd al-Qāsim b. Sallām a déclaré : « Pour moi, on s’arrête sur la particule “وَلا” et l’on reprend par “تَحين مَناصٍ”, la ت faisant alors corps avec حِين. »

D’autres ont dit qu’il faut s’arrêter sur « لاتَ », puis reprendre : « حِين مَناصٍ ».

Al-Mahdawī rapporte qu’Abū ʿUbayd prétendait que, dans le Muṣḥaf, la ت est attachée à حِين ; mais les grammairiens considèrent cela comme une erreur, contraire à l’avis des exégètes.

Parmi les arguments d’Abū ʿUbayd figure l’observation suivante : « Nous n’avons trouvé que sur trois mots – حِين, أَوان et الآن – que les Arabes ajoutent cette ت. » Il cite alors le vers d’Abū Wajzah al-Saʿdī :
« Ceux qui témoignent de la tendresse lorsqu’il n’est plus temps de tendresse,
et ceux qui nourrissent (les autres) à l’époque du fils d’al-Muṭʿim. »

Il cite encore le vers d’Abū Zubayd al-Ṭā’ī :
« Ils ont recherché notre réconciliation, mais ce n’était plus le moment ;
nous leur avons répondu qu’il n’était plus temps de demeurer. »
Ainsi a-t-on inséré la ت dans أَوان.

Abū ʿUbayd ajoute : « Parmi les exemples où l’on a introduit la ت dans الآن, on peut citer le ḥadith d’Ibn ʿUmar : un homme l’interrogea à propos de ʿUthmān b. ʿAffān – qu’Allah l’agrée – ; après avoir évoqué ses mérites, il lui dit : “Emporte-la donc, تلان معك (tout de suite, avec toi).” On trouve la même tournure chez le poète qui dit :
“Nous nous rendrons, avant que ma demeure ne devienne lointaine, auprès de Jumānâ ;
et maintiens-nous unis, comme tu l’as prétendu, تَلانا – c’est-à-dire, dès maintenant.”"}

كَلِمَةٌ وَاحِدَةٌ، وَإِنَّمَا هِيَ " لَا" زِيدَتْ فِيهَا التَّاءَ نَحْو رُبَّ وَرُبَّتْ، وَثُمَّ وَثُمَّتْ. قَالَ أَبُو زُبَيْدٍ الطَّائِيُّ طَلَبُوا صُلْحَنَا وَلَاتَ أَوَانِ ... وفأجبنا أَنْ لَيْسَ حِينَ بَقَاءِ وَقَالَ آخَرُ: تَذَكَّرَ حب ليلى لات حينا ... ووأمسى الشيب فقطع الْقَرِينَا وَمِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَخْفِضُ بِهَا، وَأَنْشَدَ الْفَرَّاءُ: فَلَتَعْرِفَنَّ خَلَائِقًا مَشْمُولَةً ... وَلَتَنْدَمَنَّ وَلَاتَ سَاعةِ مَنْدَمِ وَكَانَ الْكِسَائِيُّ وَالْفَرَّاءُ وَالْخَلِيلُ وَسِيبَوَيْهِ وَالْأَخْفَشُ يَذْهَبُونَ إِلَى أَنَّ " وَلَاتَ حِينَ" التَّاءَ مُنْقَطِعَةٌ مِنْ حِينَ، وَيَقُولُونَ مَعْنَاهَا وَلَيْسَتْ. وَكَذَلِكَ هُوَ فِي الْمَصَاحِفِ الْجُدُدِ وَالْعُتُقِ بِقَطْعِ التَّاءِ مِنْ حِينَ. وَإِلَى هَذَا كَانَ يَذْهَبُ أَبُو عُبَيْدَةَ مَعْمَرُ بْنُ الْمُثَنَّى. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدٍ الْقَاسِمُ ابن سَلَّامٍ: الْوَقْفُ عِنْدِي عَلَى هَذَا الْحَرْفِ " وَلَا" وَالِابْتِدَاءُ " تَحِينَ مَنَاصٍ" فَتَكُونُ التَّاءُ مَعَ حِينَ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: " لاتَ" ثُمَّ يَبْتَدِئُ فَيَقُولُ: " حِينَ مَناصٍ" . قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَذَكَرَ أَبُو عُبَيْدٍ أَنَّ التَّاءَ فِي الْمُصْحَفِ مُتَّصِلَةٌ بِحِينَ وَهُوَ غَلَطٌ عِنْدَ النَّحْوِيِّينَ، وَهُوَ خِلَافُ قَوْلِ الْمُفَسِّرِينَ. وَمِنْ حُجَّةُ أَبِي عُبَيْدٍ أَنْ قَالَ: إِنَّا لَمْ نَجِدِ الْعَرَبَ تَزِيدُ هَذِهِ التَّاءَ إِلَّا فِي حِينَ وَأَوَانَ وَالْآنَ، وَأَنْشَدَ لِأَبِي وَجْزَةَ السَّعْدِيِّ العاطفون تحين ما من عاطف ... ووالمطعمون زمان ابن الْمَطْعَمُ وَأَنْشَدَ لِأَبِي زُبَيْدٍ الطَّائِيِّ طَلَبُوا صُلْحَنَا وَلَاتَ أَوَانِ ... فَأَجَبْنَا أَنْ لَيْسَ حِينَ بَقَاءِ فَأَدْخَلَ التَّاءَ فِي أَوَانِ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: وَمِنْ إِدْخَالِهِمُ التَّاءَ فِي الْآنِ، حَدِيثُ ابْنِ عُمَرَ وَسَأَلَهُ رَجُلٌ عَنْ عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فَذَكَرَ مَنَاقِبَهُ ثُمَّ قَالَ: اذْهَبْ بِهَا تَلَانَ مَعَكَ. وَكَذَلِكَ قَوْلُ الشَّاعِرِ «١» : نُوَلِّي قَبْلَ نَأْيِ دَارِي جُمَانَا ... وَصِلِينَا كَمَا زعمت تلانا
(١). هو جميل بن معمر وبعده: إن خير الموصلين صفا ... - من يوافي خليله حيث كانا.

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