[Sourate as-Sâffât (37) : versets 165-166]
« Et certes, c’est Nous qui nous tenons en rangs,
et certes, c’est Nous qui proclamons la gloire. »
Il s’agit là de la parole des anges, par exaltation d’Allah – Glorifié et Très-Haut soit-Il – et pour rejeter l’adoration que certains leur vouent.
« Et certes, c’est Nous qui nous tenons en rangs, et certes, c’est Nous qui proclamons la gloire. »
Mouqât il a dit : Ces trois versets furent révélés alors que le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – se trouvait près du lotus de la limite ultime (Sidrat al-Muntahâ). Jibrîl resta en arrière. Le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – lui dit : « Ici donc tu me quittes ? » Il répondit : « Je ne puis dépasser l’endroit qui m’a été assigné. »
Allah – Très-Haut – fit alors descendre, rapportant la parole des anges : « Il n’est parmi nous aucun (ange) qui n’ait un rang déterminé », et les versets qui suivent.
Selon les grammairiens de Koufa, l’estimation (taqdîr) est : « Il n’est parmi nous que celui à qui un rang déterminé a été assigné », le pronom relatif ayant été omis.
Pour les grammairiens de Bassora, le sens est : « Il n’est parmi nous aucun ange qui n’ait un rang déterminé », c’est-à-dire une place connue dans l’adoration, ainsi que l’ont expliqué Ibn Masʿûd et Ibn Jubayr.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il n’existe pas dans les cieux un espace d’une empan sans qu’un ange n’y accomplisse la prière et la glorification. »
ʿÂ’isha – qu’Allah l’agrée – rapporte que le Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit : « Il n’y a dans le ciel pas même l’emplacement d’un pied sans qu’un ange ne s’y trouve prosterné ou debout. »
D’après Abû Dharr, le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – a dit :
« Je vois ce que vous ne voyez pas et j’entends ce que vous n’entendez pas. Le ciel gémit, et il lui revient de gémir : il n’y a pas en lui l’espace de quatre doigts sans qu’un ange n’y pose son front, prosterné devant Allah. Par Allah, si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup ; vous ne trouveriez plus de plaisir auprès des femmes sur vos couches et vous sortiriez vers les hauteurs implorant Allah. J’aimerais être un arbre que l’on coupe. »
Ce hadith a été rapporté par Abû ʿÎsâ at-Tirmidhî, qui l’a qualifié de « ḥasan » et l’a jugé « gharîb » (rare).
Il est également rapporté par d’autres chaînes qu’Abû Dharr disait : « J’aimerais être un arbre que l’on coupe », et il en est rapporté une version mawqûf (arrêtée) de lui.
Qatâda a dit : Les hommes et les femmes priaient ensemble, jusqu’à la révélation de ce verset : « Il n’est parmi nous aucun qui n’ait un rang déterminé. » Alors les hommes s’avancèrent et les femmes se mirent en arrière.
« Et certes, c’est Nous qui nous tenons en rangs » : al-Kalbî a dit : « Leurs rangs sont semblables aux rangs des gens de la terre. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’après Jâbir ibn Samura :
Le Messager d’Allah – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – vint à nous alors que nous étions dans la mosquée et dit :
« Ne vous rangerez-vous pas comme se rangent les anges auprès de leur Seigneur ? »
Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah, comment les anges se rangent-ils auprès de leur Seigneur ? » Il répondit