La glorification des cailloux
« Il invoqua alors dans les ténèbres : “Il n’est de divinité que Toi ; Pureté à Toi ! J’ai certes été du nombre des injustes.” » (Les Prophètes, v. 87).
On expliqua : il s’agit des ténèbres de la nuit, des ténèbres de la mer et des ténèbres du ventre du poisson.
« Nous le rejetâmes sur une terre nue alors qu’il était souffrant », c’est-à-dire tel un oisillon plumé dont le corps est dépourvu de duvet.
Allah fit pousser au-dessus de lui un plant de courge ; il s’y abritait et s’en nourrissait. Lorsque la plante se dessécha, il en pleura.
Allah – Glorifié et Exalté soit-Il – lui révéla : « Pleures-tu sur un arbre qui s’est desséché, et tu ne pleures pas sur cent mille hommes, ou davantage, que tu voulais voir périr ? »
Le Messager d’Allah, Yûnus, sortit alors et rencontra un jeune berger.
— « Jeune homme, qui es-tu ? »
— « Je fais partie du peuple de Yûnus. »
— « Lorsque tu retourneras auprès d’eux, informe-les que tu as rencontré Yûnus. »
Le jeune homme répondit : « Si vraiment tu es Yûnus, je sais que quiconque ment à ce sujet est mis à mort s’il n’apporte pas de preuve. Qui témoignera donc pour moi ? »
— « Cet arbre et cette parcelle de terre. »
— « Ordonne-leur donc. »
Yûnus leur dit : « Lorsque ce jeune homme viendra à vous, témoignez pour lui. » Ils dirent : « Oui. »
Le garçon retourna auprès de son peuple ; il jouissait d’une protection et avait des frères. Il se rendit chez le roi et lui dit : « J’ai rencontré Yûnus et il te transmet le salut. »
Le roi ordonna qu’il soit exécuté. On dit alors : « Il possède une preuve ; envoyez des gens avec lui. »
Ils se rendirent à l’arbre et à la parcelle de terre. Le garçon dit : « Par Allah, attestez-vous que j’ai rencontré Yûnus ? » Ils répondirent : « Oui ! » Les gens retournèrent effrayés en déclarant : « L’arbre et la terre ont témoigné en sa faveur. » Ils informèrent le roi de ce qu’ils avaient vu.
‘Abdullâh rapporte : le roi prit la main du garçon, le fit asseoir à sa place et dit : « Tu es plus digne de cette position que moi. » ‘Abdullâh ajoute : ce garçon administra leurs affaires pendant quarante ans.
Abû Ja‘far an-Nahhâs conclut : ce hadith montre clairement que Yûnus fut déjà envoyé [comme prophète] avant d’être avalé par le poisson, selon cette chaîne de transmission qui ne relève pas du raisonnement analogique. On y apprend aussi que le peuple de Yûnus crut et se repentit avant de voir le châtiment, car il leur avait annoncé qu’il surviendrait après trois jours ; ils séparèrent alors chaque mère de son enfant et lancèrent vers Allah – Puissant et Majestueux – une unique clameur. C’est là ce qui est authentique dans ce chapitre ; le jugement d’Allah à leur égard ne fut pas semblable à celui appliqué à d’autres, comme dans Sa parole : « Mais leur foi ne leur fut d’aucune utilité quand ils virent Notre rigueur » (Ghâfir, v. 85) et Sa parole : « Le repentir n’est pas accepté de ceux qui persistent à mal agir jusqu’à ce que la mort se présente à l’un d’eux » (An-Nisâ’, v. 18).