Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

At-Tabarî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a rapporté ce récit ainsi que ce qui le précède.

« Nous l’avons rejeté »
– c’est-à-dire : « Nous l’avons projeté ». D’aucuns ont dit : « Nous l’avons abandonné ».

« sur la terre nue (bil-‘arâ’) »
Ibn al-A‘râbî explique : « dans le désert ».
Al-Akhfash : « dans l’espace découvert ».
Abû ‘Ubaydah : « l’étendue vaste de la terre ».
Al-Farrâ’ : « al-‘arâ’ désigne le lieu dépourvu (d’abri) ».
Et il a été rapporté d’Abû ‘Ubaydah : « al-‘arâ’ est la surface même du sol ».
Il cite à l’appui ces vers d’un homme de Khuzâ‘ah :
« J’ai levé le pied sans craindre qu’il trébuche…
et j’ai jeté mes vêtements dans le pays à découvert. »

Al-Akhfash mentionne, à propos du verset :
« … alors qu’il était malade (wa huwa saqîm) »,
que le pluriel de saqîm est saqmā, saqāmā et siqām.

Dans cette sourate, Allah dit :
« Nous l’avons rejeté sur la terre nue » ;
et dans Sûrat « Nûn / al-Qalam » (68 : 49) :
« S’il n’avait été rattrapé par une faveur de son Seigneur, il eût certes été rejeté sur la terre nue, voué au blâme. »
La réponse, dit An-Nahhâs, est la suivante : ici Allah informe qu’Il l’a effectivement rejeté sur la terre nue sans qu’il ne fût blâmé ; mais, sans la miséricorde divine, il y aurait été rejeté alors qu’il aurait été blâmable.

Sa parole :
« Nous avons fait pousser au-dessus de lui un arbre de yabkîn (yaqṭîn) »
« au-dessus de lui (ʿalayhi) » signifie : auprès de lui, comme dans la Parole du Très-Haut : « Ils ont contre moi (ʿalayya) un méfait » (26 : 14), c’est-à-dire : auprès de moi. D’autres ont dit : « ʿalayhi » au sens de « pour lui ».

« un arbre de yaqṭîn » : le yaqṭîn est la plante du qur‘a‘ (la courge). D’autres y voient une plante différente, selon Ibn al-A‘râbî.
Dans le hadith il est dit : « La courge (ad-dubba’) et la pastèque font partie des fruits du Paradis » – nous l’avons mentionné dans notre Tadhkira.

Al-Mubarrid précise : on appelle yaqṭînah toute plante dépourvue de tronc dont les feuilles s’étalent à même le sol, tels la courge, la pastèque ou le coloquinte. Si la plante possède un pied qui la soutient, on l’appelle simplement « arbre » ; si, tout en ayant des racines, elle se dresse avant de s’étaler, on la nomme « najmah » (pluriel : najm). Allah – Très-Haut – dit : « Le najm (la plante rampante) et l’arbre se prosternent » (55 : 6).
Un propos similaire est rapporté d’Ibn ‘Abbâs, de al-Hassan et de Muqâtil : toute herbe qui rampe et s’étend sur le sol, ne reste pas droite et ne possède pas de tronc – tels le concombre, la pastèque, la courge et le coloquinte – est qualifiée de yaqṭîn.

Sa‘îd ibn Jubayr dit : il s’agit de toute plante qui pousse puis meurt dans l’année ; dans ce cas, le bananier y est inclus. – L’auteur commente : or cet arbre possède un tronc.

Al-Jawharî : le yaqṭîn est la plante dépourvue de tronc, telle la courge et ce qui lui ressemble.

Az-Zajjâj : le mot yaqṭîn vient de la racine qaṭana, « demeurer en un lieu » ; il est de la forme faʿlîl. D’autres estiment qu’il s’agit d’un nom d’origine non arabe.

On a dit encore : si le yaqṭîn est spécialement mentionné, c’est parce qu’aucune mouche ne s’y pose.

Et l’on a dit : « il n’y avait là que du yaqṭîn ».‎

ذَكَرَ هَذَا الْخَبَرَ وَمَا قَبْلَهُ الطَّبَرِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ. " فَنَبَذْناهُ" طَرَحْنَاهُ. وَقِيلَ: تَرَكْنَاهُ. " بِالْعَراءِ" بِالصَّحْرَاءِ، قال ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ. الْأَخْفَشُ: بِالْفَضَاءِ. أَبُو عُبَيْدَةَ: الْوَاسِعُ مِنَ الْأَرْضِ. الْفَرَّاءُ: الْعَرَاءُ الْمَكَانُ الْخَالِي. قَالَ: وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الْعَرَاءُ وَجْهُ الْأَرْضِ، وَأَنْشَدَ لِرَجُلٍ مِنْ خُزَاعَةَ: وَرَفَعْتُ رِجْلًا لَا أَخَافُ عِثَارَهَا ... وَنَبَذْتُ بِالْبَلَدِ الْعَرَاءِ ثِيَابِي وَحَكَى الْأَخْفَشُ فِي قَوْلِهِ: " وَهُوَ سَقِيمٌ" جَمْعُ سَقِيمٍ سَقْمَى «١» وَسَقَامَى وَسِقَامٌ. وَقَالَ فِي هَذِهِ السُّورَةِ: " فَنَبَذْناهُ بِالْعَراءِ" وقال في " ن والقلم" [القلم: ١] : " لَوْلا أَنْ تَدارَكَهُ نِعْمَةٌ مِنْ رَبِّهِ لَنُبِذَ بِالْعَراءِ وَهُوَ مَذْمُومٌ" [القلم: ٤٩] والجواب: أن الله عز وجل خبر ها هنا أَنَّهُ نَبَذَهُ بِالْعَرَاءِ وَهُوَ غَيْرُ مَذْمُومٍ وَلَوْلَا رَحْمَةُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ لَنُبِذَ بِالْعَرَاءِ وَهُوَ مَذْمُومٌ، قَالَهُ النَّحَّاسُ. وَقَوْلُهُ، " وَأَنْبَتْنا عَلَيْهِ شَجَرَةً مِنْ يَقْطِينٍ" يَعْنِي " عَلَيْهِ" أَيْ عِنْدَهُ، كَقَوْلِهِ تعالى: " وَلَهُمْ عَلَيَّ ذَنْبٌ" [الشعراء: ١٤] أَيْ عِنْدِي. وَقِيلَ: " عَلَيْهِ" بِمَعْنَى لَهُ. " شَجَرَةً مِنْ يَقْطِينٍ" الْيَقْطِينُ: شَجَرُ الدُّبَّاءِ: وَقِيلَ غَيْرُهَا، ذَكَرَهُ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ. وَفِي الْخَبَرِ: " الدُّبَّاءُ وَالْبِطِّيخُ مِنَ الْجَنَّةِ" وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ فِي كِتَابِ التَّذْكِرَةِ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: يُقَالُ لِكُلِّ شَجَرَةٍ لَيْسَ لَهَا سَاقٌ يَفْتَرِشُ وَرَقُهَا عَلَى الْأَرْضِ يَقْطِينَةٌ نَحْوَ الدُّبَّاءِ وَالْبِطِّيخِ وَالْحَنْظَلِ، فَإِنْ كَانَ لَهَا سَاقٌ يُقِلُّهَا فَهِيَ شَجَرَةٌ فَقَطْ، وَإِنْ كَانَتْ قَائِمَةً أَيْ بِعُرُوقٍ تَفْتَرِشُ فَهِيَ نَجْمَةٌ وَجَمْعُهَا نَجْمٌ. قال الله تعالى: " وَالنَّجْمُ وَالشَّجَرُ يَسْجُدانِ" [الرحمن: ٦] وَرُوِيَ نَحْوُهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَالْحَسَنِ وَمُقَاتِلٍ. قَالُوا: كُلُّ نَبْتٍ يَمْتَدُّ وَيُبْسَطُ عَلَى الْأَرْضِ وَلَا يَبْقَى عَلَى اسْتِوَاءٍ وَلَيْسَ لَهُ سَاقٌ نَحْوُ الْقِثَّاءِ وَالْبِطِّيخِ وَالْقَرْعِ وَالْحَنْظَلِ فَهُوَ يَقْطِينٌ. وقال سعيد بن جبير: هو كل شي يَنْبُتُ ثُمَّ يَمُوتُ مِنْ عَامِهِ فَيَدْخُلُ فِي هَذَا الْمَوْزُ. قُلْتُ: وَهُوَ مِمَّا لَهُ سَاقٌ. الْجَوْهَرِيُّ: وَالْيَقْطِينُ مَا لَا سَاقَ لَهُ كَشَجَرِ الْقَرْعِ وَنَحْوِهِ. الزَّجَّاجُ: اشْتِقَاقُ الْيَقْطِينِ مِنْ قَطَنَ بِالْمَكَانِ إِذَا أَقَامَ بِهِ فَهُوَ يَفْعِيلٌ. وَقِيلَ: هُوَ اسْمٌ أَعْجَمِيٌّ. وَقِيلَ: إِنَّمَا خُصَّ الْيَقْطِينُ بِالذِّكْرِ، لِأَنَّهُ لَا يَنْزِلُ عَلَيْهِ ذُبَابٌ. وَقِيلَ: ما كان ثم يقطين
(١). الزيادة من إعراب القران للنحاس، وهى عبارته عن الأخفش. [ ..... ]

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