J’ai dit : Relève de cette idée la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — : « Que celui d’entre vous qui le peut se ménage donc une œuvre pieuse tenue secrète. » L’homme avisé s’efforce donc d’accomplir une action vertueuse précise, qu’il réserve exclusivement à son Seigneur, la mettant en réserve pour le jour de sa détresse et de son indigence ; il la dissimule soigneusement et la cache aux regards des créatures, afin que son bénéfice lui parvienne lorsqu’il en aura le plus grand besoin.
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté d’après Ibn ʿUmar — qu’Allah les agrée — que le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit : « Tandis que trois hommes — dans une autre version : trois personnes parmi ceux qui vous ont précédés — marchaient, la pluie les surprit et ils se réfugièrent dans une grotte d’une montagne. Un rocher se détacha de la montagne, vint obturer l’entrée de la grotte et les enferma. Ils se dirent alors les uns aux autres : “Rappelez les œuvres pieuses que vous avez accomplies pour Allah ; invoquez-Le par elles, peut-être vous délivrera-t-Il.” » Le ḥadith est célèbre ; sa notoriété dispense d’en rapporter la suite.
Saʿîd ibn Jubayr a dit : « Lorsque, dans le ventre du poisson, il prononça : “Il n’est de divinité que Toi ; Gloire à Toi ! J’ai été certes du nombre des injustes”, le poisson le rejeta. »
On a aussi dit : « Par “parmi ceux qui glorifient”, on entend : ceux qui priaient dans le ventre du poisson. »
J’ai dit : l’opinion la plus évidente est qu’il s’agit d’une glorification de la langue conforme à celle du cœur, comme l’atteste le ḥadith d’Abû Hurayra déjà mentionné que rapporte aṭ-Ṭabarî. Celui-ci dit : « Il glorifia Allah dans le ventre du poisson. » Il ajoute : « Les anges entendirent son tasbîḥ et dirent : “Seigneur, nous percevons une voix faible provenant d’une contrée inconnue !” »
Ainsi, dans cette interprétation, le mot “kâna” serait pléonastique : autrement dit, « S’il n’avait pas été du nombre de ceux qui glorifient… »
Dans le Sunan Abû Dâwûd, il est rapporté d’après Saʿd ibn Abî Waqqâṣ que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « L’invocation de Dhû n-Nûn dans le ventre du poisson — “Il n’est de divinité que Toi ; Gloire à Toi ! J’ai été certes du nombre des injustes” — aucun musulman ne la prononce à propos de quoi que ce soit sans qu’Allah ne l’exauce. » Ce ḥadith a déjà été cité dans la sourate « Les Prophètes ».
Yûnus — sur lui la paix — était donc auparavant un homme de prière et de glorification, et il le demeura dans le ventre du poisson.
Dans le récit, il est dit : le poisson fut interpellé : « Nous n’avons pas fait de Yûnus ta subsistance ; Nous t’avons plutôt désigné pour lui comme abri et comme lieu de prière. » Ce passage a déjà été rapporté.
(Sourate aṣ-Ṣâffât, versets 145 à 148)
« Nous le jetâmes ensuite sur une terre nue, alors qu’il était malade ;
Et Nous fîmes pousser au-dessus de lui un arbre de coloquinte ;
Puis Nous l’envoyâmes vers cent mille hommes, voire davantage ;
Ils crurent, et Nous leur accordâmes la jouissance (de la vie) pour un temps. »