« Monte-t-il vers Toi, de sa part, chaque jour et chaque nuit, une œuvre pie ? » — Il répondit : « Oui. »
Alors les anges intercédèrent en sa faveur et Allah ordonna au poisson de le rejeter sur le rivage, comme le Très-Haut l’a dit : « … tandis qu’il était malade. »
Son état, que le Très-Haut qualifia de maladie, fut le suivant : le poisson le déposa sur la plage tel un nouveau-né, la chair et les os entièrement mis à nu.
Il est rapporté aussi que le poisson accompagna le navire en gardant la tête hors de l’eau afin que Yûnus puisse y respirer et faire le tasbîḥ. Il ne quitta pas les marins jusqu’à ce qu’ils atteignent la terre ferme ; il le déposa alors sain et sauf, sans qu’aucune partie de son corps ne fût altérée, si bien qu’ils embrassèrent l’islam. Zamakhsharî le mentionne dans son Tafsîr.
Ibn al-‘Arabî rapporte : « Plus d’un de nos compagnons m’a transmis d’Imâm al-Ḥaramayn Abû al-Ma‘âlî ‘Abd al-Malik b. ‘Abd Allâh b. Yûsuf al-Juwaynî que l’on interrogea : “Le Créateur se trouve-t-Il dans une direction ?” — Il répondit : “Non, Il est au-dessus de cela.” — On lui demanda : “Quelle en est la preuve ?” — Il dit : “La preuve en est la parole du Prophète — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui : ‘Ne me préférez pas à Yûnus b. Mattâ.’” — On lui demanda : “Où est l’argument dans ce ḥadîth ?” — Il dit : “Je ne le dirai que lorsque mon hôte recevra mille dînars pour acquitter une dette.”
Deux hommes se levèrent et dirent : “Nous les prendrons en charge.” Il répliqua : “Il ne doit pas s’en acquitter à deux, car cela lui serait pénible.” Un seul homme déclara alors : “Je m’en charge.” Il dit alors :
“Yûnus b. Mattâ se jeta dans la mer et le poisson l’avala ; il se retrouva au fond de l’océan, enveloppé de trois ténèbres, et il invoqua :
« Il n’est point de divinité en dehors de Toi ; Pureté à Toi ! J’étais vraiment parmi les injustes » (Al-Anbiyâ’, 87), comme Allah l’a relaté. Quant à Muḥammad — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — lorsqu’il s’assit sur le tapis vert et s’éleva jusqu’à parvenir à un lieu où il entendit le grincement des plumes, conversant avec son Seigneur qui lui révéla ce qu’Il lui révéla, il n’était pas plus proche d’Allah — Exalté soit-Il — que ne l’était Yûnus au sein du poisson dans l’obscurité de la mer.”
Sixième point — At-Ṭabarî rapporte que lorsque Yûnus — sur lui la paix — monta dans le navire, un vent furieux s’abattit sur l’équipage. Ils dirent : « Ceci est dû au péché de l’un d’entre vous. » Yûnus, sachant qu’il était le fautif, déclara : « C’est mon péché ; jetez-moi à la mer. » Mais ils refusèrent, jusqu’à ce qu’ils procèdent au tirage au sort — « il prit part au tirage et fut du nombre des perdants ». Il leur dit : « Je vous ai déjà informés que cela provient de ma faute. » Ils refusèrent de nouveau, jusqu’à ce qu’ils tirent une deuxième fois ; il fut encore parmi les perdants. Ils répugnèrent à le jeter à la mer jusqu’à ce qu’ils tirent une troisième fois ; il fut, cette fois encore, du nombre des perdants. Lorsqu’il vit cela, il se jeta lui-même à la mer, c’était en pleine nuit, et le poisson l’avala. On rapporte également que, lorsqu’il embarqua, il se couvrit et s’endormit ; ils n’avaient pas parcouru une longue distance que