C’est plus pertinent et plus correct, car l’on se trouve après la fin d’un verset ; la reprise est donc privilégiée.
Ibn al-Anbârî : Celui qui lit au cas direct ou au nominatif ne s’arrête pas, à titre d’achèvement, sur l’expression « le Meilleur des créateurs », car, dans les deux lectures, c’est bien Allâh – exalté soit-Il – qui est désigné par « le Meilleur des créateurs ».
Parole du Très-Haut : « Ils le traitèrent donc de menteur » : Il informe ainsi que le peuple d’Élyas le taxa de mensonge.
« Ils seront certes amenés [devant Nous] » : c’est-à-dire conduits au châtiment.
« Sauf les serviteurs élus d’Allâh » : il s’agit de ceux de son peuple ; eux furent sauvés du châtiment. On trouve également la lecture al-mukhlisîn, avec kasra sur le lâm, comme indiqué plus haut.
« Et Nous lui laissâmes (un renom) parmi les générations ultérieures » : cela a déjà été expliqué.
« Paix sur Il-Yâsîn » est la lecture de l’A‘raj, de Shayba et de Nâfi‘.
‘Ikrima, Abû ‘Amr, Ibn Kathîr, Hamza et al-Kisâ’î lisent : « Salâmun ‘alâ al-Yâsîn ».
Al-Hassan lit également « Salâmun ‘alâ al-Yâsîn », en reliant l’alif ; on comprend alors que le nom Yâ-Sîn a reçu l’article défini al-. Le personnage visé est Élyas – sur lui la paix ; c’est sur lui que porte la salutation, mais son nom est d’origine étrangère. Les Arabes, on le sait, varient quant à ces noms non arabes et les modifient volontiers.
Ibn Jinnî dit : « Les Arabes jouent avec les noms étrangers ; Yâ-Sîn, Ilyâs et Ilyâsîn renvoient à une seule et même personne. »
Al-Zamakhsharî précise que Hamza, lorsqu’il poursuivait la récitation, plaçait le mot à l’accusatif, et lorsqu’il faisait une pause, le mettait au nominatif.
On a également lu : « ‘alâ Ilyâsîn », de même que « Idrîsîn, Idrasîn, Idrasîn » – variantes désignant Ilyâs et Idrîs ; il se peut que l’adjonction du yâ et du nûn en syriaque porte un sens particulier.
Al-Nahhâs : Celui qui lit « Salâmun ‘alâ Il-Yâsîn » considère – et Allâh sait mieux – que son nom est à la fois Ilyâs et Yâ-Sîn, puis adresse la salutation à ses proches, c’est-à-dire aux gens de sa religion et à ceux qui suivent sa voie. Or, lorsque la salutation vise sa famille à cause de lui, il est, lui aussi, inclus dans ce salut, comme l’a dit le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – : « Ô Allâh, répands Tes prières sur la famille d’Abû Awfâ », et comme l’a dit le Très-Haut : « Faites entrer les gens de la maison de Pharaon au plus dur du châtiment. » (Ghaafir, 46)
Quant à la lecture « Ilyâsîn », les savants ont à son sujet plusieurs avis. Hârûn rapporte d’après Ibn Abî Is h âq : « Ilyâsîn est, au même titre que Ibrâhîm, un nom propre qui lui appartient. » Abû ‘Ubayda, lui, estime qu’il s’agit d’un pluriel ; la salutation engloberait donc le prophète et les membres de sa maison.
Et il cite à l’appui ce vers :
« Qadnî min nasri al-khabîbayni qadî. »