[Sourate as-Ṣaffât (37), versets 123 à 132]
- Et certes, Élyas faisait partie des Messagers,
- lorsqu’il dit à son peuple : « Ne craignez-vous donc pas (Allah) ?
- Allez-vous invoquer Ba‘l et délaisser le Meilleur des créateurs,
- Allah, votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres ? »
- Ils le traitèrent de menteur : ils seront donc, à coup sûr, amenés (au châtiment),
- excepté les serviteurs élus d’Allah.
- Et Nous avons laissé pour lui un renom parmi la postérité :
- « Paix sur Il-Yâsîn ! »
- Ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants.
- Il est, en vérité, du nombre de Nos serviteurs croyants.
Au sujet de la parole du Très-Haut : « Et certes, Élyas faisait partie des Messagers »,
les exégètes ont dit : Élyas est un Prophète issu des Enfants d’Israël.
Il a été rapporté d’après Ibn Masʿûd : « Israël est (le surnom de) Yaʿqûb, et Élyas est Idrîs. » Il récitait : « Et certes Idrîs… » C’est aussi l’avis de ʿIkrima, qui ajouta : « Cela figure dans le muṣḥaf de ʿAbdallâh : ‟Et certes Idrîs faisait partie des Messagers.” » Il est le seul à avoir soutenu cette opinion.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il est l’oncle d’al-Yasaʿ [1]. »
Ibn Isḥâq et d’autres ont rapporté : « Celui qui gérait les affaires des Enfants d’Israël après Yûshaʿ fut Kâlib b. Yûqinâ, puis Ḥizqîl. Lorsque Dieu reprit à Lui le Prophète Ḥizqîl, les troubles s’accrurent chez les Enfants d’Israël ; ils oublièrent l’alliance divine et se mirent à adorer des idoles en dehors de Lui. Allah leur envoya alors Élyas comme Prophète ; al-Yasaʿ le suivit et crut en lui.
Lorsque les Enfants d’Israël se montrèrent arrogants envers lui, il implora son Seigneur de le soulager d’eux. On lui dit : “Sors tel jour à tel endroit ; tout ce qui se présentera à toi, monte-le sans en avoir peur.”
Il sortit, accompagné d’al-Yasaʿ, qui lui demanda : “Ô Élyas, que m’ordonnes-tu ?” Il lui lança alors son manteau depuis les hauteurs célestes ; ce fut le signe qu’il le désignait pour lui succéder auprès des Enfants d’Israël, et ce fut le dernier moment où il fut vu. Allah ôta à Élyas le désir de nourriture et de boisson, le revêtit de plumes et l’entoura de lumière ; il s’envola avec les anges, devenant un être à la fois humain et angélique, céleste et terrestre.
Ibn Qutaybah dit : En effet, Allah – Très-Haut – dit à Élyas : « Demande, et il te sera donné. » Il répondit : « Élève-moi vers Toi et épargne-moi la saveur de la mort. » Dès lors, il vola en compagnie des anges.
D’aucuns ont rapporté : Il tomba malade, sentit la mort approcher et pleura. Allah lui révéla : « Pourquoi pleures-tu ? Par attachement au bas monde, par crainte de la mort ou par peur du Feu ? » Il répondit : « Non, par Ta Puissance, rien de tout cela. Mon chagrin vient de ce que, lorsque ceux qui Te louent Te loueront après moi, je ne pourrai plus Te louer ; on fera Ton rappel… »
[1] Certains exégètes ont toutefois dit qu’il était le cousin d’al-Yasaʿ.