Quand bien même ils seraient issus de la descendance d’Isaac, et quand bien même les Arabes seraient issus de la descendance d’Ismâʿîl, il reste indispensable de distinguer entre le bienfaiteur et le malfaiteur, entre le croyant et le mécréant.
Dans la Révélation, Allah – Très-Haut – dit :
« Les Juifs et les Chrétiens ont dit : “Nous sommes les fils d’Allah et Ses bien-aimés.” »
(al-Mâʾidah : 18)
C’est-à-dire : les fils des Messagers d’Allah ; ils se sont donc crus meilleurs. Il en a déjà été question auparavant.
[Coran, sûrah Aṣ-Ṣâffât (37), versets 114 à 122]
« Nous avons certes accordé Notre grâce à Mûsâ et Hârûn, (114)
Nous les avons sauvés, eux et leur peuple, de la grande détresse, (115)
Nous leur avons accordé le secours : ils furent alors les vainqueurs, (116)
Nous leur avons donné le Livre explicite, (117)
Nous les avons guidés vers la voie droite, (118)
Et Nous avons perpétué pour eux, dans les générations ultérieures, (119)
“Paix sur Mûsâ et Hârûn !” (120)
Ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants ; (121)
ils comptaient, tous deux, parmi Nos serviteurs croyants. (122) »
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes accordé Notre grâce à Mûsâ et Hârûn. »
Après avoir évoqué le salut d’Isḥâq épargné du sacrifice et les faveurs qui lui furent accordées après la prophétie, Allah rappelle aussi les bienfaits qu’Il a octroyés à Mûsâ et Hârûn.
Quant à Sa parole :
« de la grande détresse »,
on a dit : il s’agit de l’esclavage qui frappait les Enfants d’Israël ; d’autres ont dit : il s’agit de la noyade qui atteignit Pharaon.
« Nous leur avons accordé le secours »
Al-Farrâʾ explique que le pronom se rapporte uniquement à Mûsâ et Hârûn, le duel y étant considéré comme un pluriel ; la preuve en est l’usage qui suit : « Nous leur avons donné… », « Nous les avons guidés… ».
D’autres disent que le pronom englobe Mûsâ, Hârûn et leur peuple ; c’est l’avis correct, puisque préalablement il est dit : « Nous les avons sauvés, eux et leur peuple ».
« le Livre explicite » : la Torah. On dit : « istabâna kadhâ » : la chose est devenue claire, et « istabânahu fulân », à l’image de « tabayyana ash-shayʾu binafsihi » ou « tabayyanahu fulân ».
« la voie droite » : la religion droite, exempte de tortuosité ; c’est la religion de l’Islam.
« Nous avons perpétué pour eux [un renom] parmi la postérité » : Il s’agit de l’éloge sublime qui demeure.
« Paix sur Mûsâ et Hârûn ! Ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants. Ils faisaient partie de Nos serviteurs croyants. »
Cette idée a été exposée précédemment.