« La voie de votre père Abraham » (al-Hajj, 78).
La foi constitue un engagement fondamental, tandis que le vœu n’est qu’un engagement secondaire ; il doit donc en dépendre.
S’il est objecté : « Comment Abraham a-t-il pu recevoir l’ordre d’égorger son fils, alors qu’il s’agirait d’un péché et qu’il est impossible qu’Allâh commande le péché ? » – nous répondons : voilà une contestation dirigée contre le Livre d’Allâh ; elle ne saurait provenir de quelqu’un qui professe l’islam, à plus forte raison de celui qui délivre des avis sur le licite et l’illicite. Or Allâh – Très-Haut – a dit : « Accomplis ce qui t’est ordonné. »
La clarification qui dissipe la confusion dans les cœurs est la suivante : les actes d’obéissance et de désobéissance ne sont pas, en eux-mêmes, dotés d’attributs intrinsèques. L’obéissance concerne les actes sur lesquels porte l’ordre divin, et la désobéissance les actes visés par l’interdiction. Ainsi, lorsqu’Allâh ordonna à Abraham d’immoler son fils Ismâ‘îl, cet acte devint une obéissance et une épreuve. C’est pourquoi le Très-Haut dit : « Voilà bien l’épreuve manifeste », à propos de l’endurance face à l’égorgement du fils et de soi-même. Lorsque, concernant les autres, l’immolation des enfants fut interdite, elle devint un péché.
S’il est dit : « Comment un tel acte pourrait-il faire l’objet d’un vœu alors qu’il est pécheur ? » – nous disons : il ne serait pécheur que si l’auteur du vœu avait réellement l’intention d’égorger son enfant sans envisager la rançon. Et si l’on objecte : « Que se passerait-il s’il persévérait dans cette intention pécheresse sans penser à la substitution ? » – nous répondons : même dans ce cas, son intention ne lui nuirait pas, ni n’affecterait la validité de son vœu, car, d’un point de vue légal, le vœu portant sur l’enfant est devenu l’équivalent du sacrifice d’un mouton.
Quinzièmement – Parole du Très-Haut : « Nous perpétuâmes pour lui (Abraham) un souvenir élogieux parmi les générations ultérieures. » Autrement dit : Nous avons laissé à Abraham un bel éloge au sein des communautés qui lui succédèrent ; aucune nation n’existe sans prier sur lui et l’aimer.
On a dit également qu’il s’agit là de l’exaucement de l’invocation d’Abraham (sur lui la paix) : « Fais qu’une langue véridique subsiste pour moi parmi la postérité. » (‘ash-Shu‘arâ’, 84).
‘Ikrima a déclaré : il s’agit du salut adressé à Abraham, c’est-à-dire un salut de Notre part. D’autres ont dit : c’est la protection qui lui fut accordée contre les fléaux, comme dans : « Paix sur Noé dans les mondes » (as-Sâffât, 79), ainsi qu’il a été expliqué précédemment.
« C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants ; il fait partie de Nos serviteurs croyants », c’est-à-dire de ceux qui ont rendu à la servitude son droit jusqu’à mériter d’être attribués à Allâh – Très-Haut.
Seizièmement – Parole du Très-Haut : « Et Nous lui annonçâmes Isaac, prophète d’entre les vertueux. » Ibn ‘Abbâs a dit : on lui annonça (à Abraham) la prophétie de son fils, et il soutenait que la bonne nouvelle lui fut donnée à deux reprises. Dès lors, le fils destiné au sacrifice est Isaac ; il fut gratifié de la prophétie en récompense de sa patience, de son agrément de l’ordre de son Seigneur et de sa soumission à Lui.
« Nous avons répandu Notre bénédiction sur lui et sur Isaac » : c’est-à-dire que Nous avons renouvelé pour eux le bienfait. D’autres ont dit : Nous avons multiplié leur descendance, autrement dit : Nous avons béni Abraham et ses enfants, ainsi qu’Isaac d’où sortirent les prophètes des fils d’Israël