Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abû Ḥanîfa :
« L’offrande sacrificielle (al-uḍḥiyah) est une obligation pour les résidents solvables vivant dans les cités, tandis qu’elle n’incombe pas au voyageur.
Il a ajouté : il est également obligatoire pour l’homme d’offrir une bête pour son enfant mineur, au même titre que pour lui-même. »

Abû Yûsuf et Muḥammad (ibn al-Ḥasan) se sont écartés de cet avis et ont déclaré :
« Elle n’est pas obligatoire ; elle constitue cependant une Sunna qu’il n’est pas permis de délaisser lorsqu’on en a les moyens. »
Ils dirent encore : « Et c’est sur cet avis que nous nous basons. »

Abû ʿUmar (Ibn ʿAbd al-Barr) rapporte :
« Tel est également l’avis de Mâlik : nul ne devrait l’abandonner, qu’il soit en voyage ou résident. S’il la délaisse, son acte est blâmable, à moins qu’il n’ait une excuse, exception faite du pèlerin se tenant à Minâ. »

L’Imâm al-Shâfiʿî dit :
« Elle est une Sunna pour l’ensemble des gens, y compris le pèlerin à Minâ, et n’est pas obligatoire. »
Ceux qui la jugent obligatoire argumentent par le fait que le Prophète ﷺ ordonna à Abû Burdah b. Niyâr de renouveler son sacrifice ; or, l’on ne commande pas la répétition d’un acte qui ne relèverait pas du statut de devoir.
D’autres se sont appuyés sur le ḥadith rapporté par Umm Salamah, selon lequel le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque commencent (les dix jours) et que l’un d’entre vous veut offrir un sacrifice… ». Ils en concluent : « Si l’acte avait été obligatoire, il n’aurait pas été laissé à la seule volonté du sacrifiant. »
Cet avis est celui d’Abû Bakr, ʿUmar, Abû Masʿûd al-Badarî et Bilâl.

Onzièmement :
D’après le consensus des musulmans, les bêtes valides pour l’uḍḥiyah appartiennent aux “huit couples” :
le mouton, la chèvre, le chameau et le bovin.

Ibn al-Mundhir rapporte qu’al-Ḥasan b. Ṣâliḥ a dit : « Il est permis de sacrifier une vache sauvage pour sept personnes et une gazelle pour un seul homme. »

L’Imâm al-Shâfiʿî énonce :
« Si un taureau sauvage saillissait une vache domestique, ou un taureau domestique une vache sauvage, aucun de leurs petits ne saurait être valable comme uḍḥiyah. »

Les maîtres de l’opinion (Aṣḥâb al-Ra’y) rétorquent :
« C’est permis, car la descendance suit le statut de la mère. »

Abû Thawr estime :
« C’est autorisé dès lors que l’animal est classé parmi les anʿâm (bêtes de cheptel). »

Douzièmement :
Dans la sourate al-Ḥajj a déjà été exposée, de façon détaillée, la question du moment de l’égorgement et de la consommation de la viande de l’uḍḥiyah.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Anas rapporte :
« Le Prophète ﷺ immola de ses propres mains deux béliers blancs mouchetés de noir, dotés de cornes ; il prononça la basmala, glorifia Allah (takbîr) et posa son pied sur leur flanc. »
Dans une autre version : « … tout en disant : “Au nom d’Allah ; Allah est le Plus Grand.” »

Il a été question, à la fin de la sourate al-Anʿâm, du ḥadith de ʿImrân b. Ḥuṣayn ; et, dans la sourate al-Mâ’idah, du traitement complet de la tazkiyah (l’abattage rituel), de ses conditions et du principe selon lequel la mise à mort légale du fœtus suit celle de sa mère.
Et il en est de même dans le Ṣaḥîḥ de Muslim

أَبُو حَنِيفَةَ: الْأُضْحِيَّةُ وَاجِبَةٌ عَلَى الْمُقِيمِينَ الْوَاجِدِينَ مِنْ أَهْلِ الْأَمْصَارِ، وَلَا تَجِبُ عَلَى الْمُسَافِرِ. قَالَ: وَيَجِبُ عَلَى الرَّجُلِ مِنَ الْأُضْحِيَّةِ عَلَى وَلَدِهِ الصَّغِيرِ مِثْلَ الَّذِي يَجِبُ عَلَيْهِ مِنْ نَفْسِهِ. وَخَالَفَهُ أَبُو يُوسُفَ وَمُحَمَّدٌ فَقَالَا: لَيْسَتْ بِوَاجِبَةٍ وَلَكِنَّهَا سُنَّةٌ غَيْرُ مُرَخَّصٍ لِمَنْ وَجَدَ السَّبِيلَ إِلَيْهَا فِي تَرْكِهَا. قَالَ: وَبِهِ نَأْخُذُ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَهَذَا قَوْلُ مَالِكٍ، قَالَ: لَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ تَرْكُهَا مُسَافِرًا كَانَ أَوْ مُقِيمًا، فَإِنْ تَرَكَهَا فَبِئْسَ مَا صَنَعَ إِلَّا أَنْ يَكُونَ لَهُ عُذْرٌ إِلَّا الْحَاجَّ بِمِنًى. وَقَالَ الْإِمَامُ الشَّافِعِيُّ: هِيَ سُنَّةٌ عَلَى جَمِيعِ النَّاسِ وَعَلَى الْحَاجِّ بِمِنًى وَلَيْسَتْ بِوَاجِبَةٍ. وَقَدِ احْتَجَّ مَنْ أَوْجَبَهَا بِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَ أَبَا بُرْدَةَ بْنَ نِيَارٍ أَنْ يُعِيدَ ضَحِيَّةً أُخْرَى، لِأَنَّ مَا لَمْ يَكُنْ فَرْضًا لَا يُؤْمَرُ فِيهِ بِالْإِعَادَةِ. احْتَجَّ آخَرُونَ بِحَدِيثِ أُمِّ سَلَمَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: " إِذَا دَخَلَ الْعَشْرُ وَأَرَادَ أَحَدُكُمْ أَنْ يُضَحِّيَ قَالُوا: فَلَوْ كَانَ ذَلِكَ وَاجِبًا لَمْ يَجْعَلْ ذَلِكَ إِلَى إِرَادَةِ الْمُضَحِّي" وَهُوَ قَوْلُ أَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ وأبي مسعود البدري وبلال. الحادية- وَالَّذِي يُضَحَّى بِهِ بِإِجْمَاعِ الْمُسْلِمِينَ الْأَزْوَاجُ الثَّمَانِيَةُ: وَهِيَ الضَّأْنُ وَالْمَعْزُ وَالْإِبِلُ وَالْبَقَرُ. قَالَ ابْنُ الْمُنْذِرِ: وَقَدْ حُكِيَ عَنِ الْحَسَنِ بْنِ صَالِحٍ أَنَّهُ قَالَ: يُضَحَّى بِبَقَرَةِ الْوَحْشِ عَنْ سَبْعَةٍ، وَبِالظَّبْيِ عَنْ رَجُلٍ. وَقَالَ الْإِمَامُ الشَّافِعِيُّ: لَوْ نَزَا ثَوْرٌ وَحْشِيٌّ عَلَى بَقَرَةٍ إِنْسِيَّةٍ، أَوْ ثَوْرٌ إِنْسِيٌّ عَلَى بَقَرَةٍ وَحْشِيَّةٍ لَا يَجُوزُ شي مِنْ هَذَا أُضْحِيَّةً. وَقَالَ أَصْحَابُ الرَّأْيِ: جَائِزٌ، لِأَنَّ وَلَدَهَا بِمَنْزِلَةِ أُمِّهِ. وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ: يجوز إذا كا ن منسوبا إلى الأنعام. الثانية عشرة- وقد مَضَى فِي سُورَةِ " الْحَجِّ" «١» الْكَلَامُ فِي وَقْتِ الذَّبْحِ وَالْأَكْلِ مِنَ الْأُضْحِيَّةِ مُسْتَوْفًى. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ أَنَسٍ قَالَ: " ضَحَّى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِكَبْشَيْنِ أَمْلَحَيْنِ أَقْرَنَيْنِ ذَبَحَهُمَا بِيَدِهِ وَسَمَّى وَكَبَّرَ وَوَضَعَ رِجْلَهُ عَلَى صِفَاحِهِمَا" فِي رِوَايَةٍ قَالَ " وَيَقُولُ بِسْمِ اللَّهِ وَاللَّهُ أَكْبَرُ" وَقَدْ مَضَى فِي آخِرِ " الْأَنْعَامِ" «٢» حَدِيثُ عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنٍ، وَمَضَى فِي " الْمَائِدَةِ" «٣» الْقَوْلُ فِي التَّذْكِيَةِ وَبَيَانُهَا وَمَا يُذَكَّى بِهِ، وَأَنَّ ذَكَاةَ الْجَنِينِ ذَكَاةُ أُمِّهِ مُسْتَوْفًى. وَفِي صَحِيحِ مسلم
(١). راجع ج ١٢ ص ٤٢ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية. (٢). راجع ج ٧ ص ١٥٥ طبعه أولى أو ثانية. (٣). راجع ج ٦ ص ٥٠ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية.

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