Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« d’égorger ton fils ».

Ibrâhîm le reconnut alors et lui dit : « Éloigne-toi de moi, ô ennemi d’Allah ! Par Allah, je mènerai jusqu’au bout l’ordre de mon Seigneur. » Ainsi, le maudit ne parvint à rien contre eux.

Ibn ʿAbbâs a rapporté : Lorsque Ibrâhîm reçut l’ordre de sacrifier son fils, Satan se dressa devant lui à la Jamrah de lʾAqabah ; il le lapida alors de sept cailloux, jusqu’à ce qu’il s’en aille. Puis Satan se présenta à lui près de la Jamrah médiane ; il le lapida encore de sept cailloux, jusqu’à ce qu’il s’en aille. Enfin, il se présenta à lui près de la troisième Jamrah ; il le lapida de sept cailloux, jusqu’à ce qu’il s’en aille. Ibrâhîm poursuivit alors l’ordre d’Allah – Très-Haut.

On a divergé quant au lieu où il entendait l’immoler ; il fut dit : à La Mecque, près de la Station [d’Ibrâhîm]. D’autres ont affirmé : au lieu du sacrifice, à Minâ, auprès des Jamrah où il avait lapidé Iblîs – qu’Allah le maudisse : tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs, Ibn ʿUmar, Muḥammad ibn Kaʿb et Saʿîd ibn al-Musayyib.

Il est rapporté de Saʿîd ibn Jubayr qu’il l’immola sur le rocher situé au pied du mont Thabîr, à Minâ.

Ibn Jurayj a dit : Il l’a sacrifié au Shâm, à deux milles de Bayt al-Maqdis. Toutefois, la première opinion est la plus répandue, car les récits mentionnent que la corne du bélier fut suspendue à la Kaʿbah, ce qui prouve qu’il le sacrifia à La Mecque.

Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, cela se passa au début de l’Islam, et la tête du bélier était suspendue par ses deux cornes à la gouttière de la Kaʿbah, déjà desséchée. »

Ceux qui soutiennent que le sacrifice eut lieu au Shâm répondent : Il se peut que la tête ait été transportée du Shâm à La Mecque. – Allah est plus savant.

Sixièmement – La Parole du Très-Haut : « C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants » : c’est-à-dire que Nous les gratifions du salut lors des épreuves, ici-bas et dans l’au-delà.

« Certes, ceci est l’épreuve manifeste », c’est-à-dire le bienfait évident. On dit : « Ablâhu-llâhu ibrâ’an wa-balâ’an » lorsque Allah l’a comblé d’un bienfait ; on peut également dire « balâhu ».

Zuhayr a dit :
« Il les combla du meilleur bienfait par lequel Il éprouve… »

Certains estiment que les deux formes linguistiques sont valables. D’autres disent au contraire que le second terme provient de « balâhu yablûhu » signifiant « Il l’éprouve », et que l’on n’emploie cette forme que pour l’épreuve ; on ne dit pas « yablûhu » pour l’« ibtelâ’ ». L’origine de tout cela est bien l’épreuve, qu’elle soit par le bien ou par le mal, selon la parole d’Allah – Puissant et Majestueux : « Nous vous éprouvons par le mal et par le bien, à titre de tentation » (Al-Anbiyâ’ : 35).

Abû Zayd a dit : Il s’agit ici de l’épreuve qui lui fut infligée lorsqu’il dut sacrifier son fils ; il ajouta : « C’est là une épreuve pénible. »

بِذَبْحِ ابْنِكَ. فَعَرَفَهُ إِبْرَاهِيمُ فَقَالَ: إِلَيْكَ عَنِّي يَا عَدُوَّ اللَّهِ، فَوَاللَّهِ لَأَمْضِيَنَّ لِأَمْرِ رَبِّي. فَلَمْ يُصِبِ، الْمَلْعُونُ مِنْهُمْ شَيْئًا. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَمَّا أُمِرَ إِبْرَاهِيمُ بِذَبْحِ ابْنِهِ عَرَضَ لَهُ الشَّيْطَانُ عِنْدَ جَمْرَةِ الْعَقَبَةِ فَرَمَاهُ بِسَبْعِ حَصَيَاتٍ حَتَّى ذَهَبَ، ثُمَّ عَرَضَ لَهُ عِنْدَ الْجَمْرَةِ الْوُسْطَى، فَرَمَاهُ بِسَبْعِ حَصَيَاتٍ حَتَّى ذَهَبَ، ثُمَّ عَرَضَ لَهُ عِنْدَ الْجَمْرَةِ الْأُخْرَى فَرَمَاهُ بِسَبْعِ حَصَيَاتٍ حَتَّى ذَهَبَ ثُمَّ مَضَى إِبْرَاهِيمُ لِأَمْرِ اللَّهِ تَعَالَى. وَاخْتُلِفَ فِي الْمَوْضِعِ الَّذِي أَرَادَ ذَبْحَهُ فِيهِ فَقِيلَ: بِمَكَّةَ فِي الْمَقَامِ. وَقِيلَ: فِي الْمَنْحَرِ بِمِنًى عِنْدَ الْجِمَارِ الَّتِي رَمَى بِهَا إِبْلِيسَ لَعَنَهُ اللَّهُ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ عُمَرَ وَمُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ وَسَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ. وَحُكِيَ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ: أَنَّهُ ذَبَحَهُ عَلَى الصَّخْرَةِ الَّتِي بِأَصْلِ ثَبِيرٍ بِمِنًى. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ: ذَبَحَهُ بِالشَّامِ وَهُوَ مِنْ بَيْتِ الْمَقْدِسِ عَلَى مِيلَيْنِ. وَالْأَوَّلُ أَكْثَرُ، فَإِنَّهُ وَرَدَ فِي الْأَخْبَارِ تَعْلِيقُ قَرْنِ الْكَبْشِ فِي الْكَعْبَةِ، فَدَلَّ عَلَى أَنَّهُ ذَبَحَهُ بِمَكَّةَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فَوَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَقَدْ كَانَ أَوَّلَ الْإِسْلَامِ، وَإِنَّ رَأْسَ الْكَبْشِ لَمُعَلَّقٌ بِقَرْنَيْهِ مِنْ مِيزَابِ الْكَعْبَةِ وَقَدْ يَبِسَ. أَجَابَ مَنْ قَالَ بِأَنَّ الذَّبْحَ وَقَعَ بِالشَّامِ: لَعَلَّ الرَّأْسَ حُمِلَ مِنَ الشَّامِ إِلَى مَكَّةَ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّادِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " إِنَّا كَذلِكَ نَجْزِي الْمُحْسِنِينَ" أَيْ نَجْزِيهِمْ بِالْخَلَاصِ مِنَ الشَّدَائِدِ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ. " إِنَّ هَذَا لَهُوَ الْبَلاءُ الْمُبِينُ" أَيِ النِّعْمَةُ الظَّاهِرَةُ، يُقَالُ: أَبْلَاهُ اللَّهُ إِبْلَاءً وَبَلَاءً إِذَا أَنْعَمَ عَلَيْهِ. وَقَدْ يُقَالُ بَلَاهُ. قَالَ زُهَيْرٌ: فَأَبْلَاهُمَا خَيْرَ الْبَلَاءِ الَّذِي يَبْلُو «١» فزعم قوم أنه جاء باللغتين. وقا ل آخَرُونَ: بَلِ الثَّانِي مِنْ بَلَاهُ يَبْلُوهُ إِذَا اخْتَبَرَهُ، وَلَا يُقَالُ مِنَ الِاخْتِبَارِ إِلَّا بَلَاهُ يَبْلُوهُ، وَلَا يُقَالُ مِنَ الِابْتِلَاءِ يَبْلُوهُ. وَأَصْلُ هَذَا كُلِّهِ مِنَ الِاخْتِبَارِ أَنْ يَكُونَ بِالْخَيْرِ وَالشَّرِّ، قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " وَنَبْلُوكُمْ بِالشَّرِّ وَالْخَيْرِ فِتْنَةً" [الأنبياء: ٣٥] . وَقَالَ أَبُو زَيْدٍ: هَذَا مِنَ الْبَلَاءِ الَّذِي نَزَلَ بِهِ فِي أَنْ يَذْبَحَ ابْنَهُ، قَالَ: وهذا من البلاء المكروه.
(١). صدر البيت: جزى الله بالإحسان ما فعلا بكم

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