Ismâ‘îl… – Quant à la première opinion, elle est la plus abondamment rapportée d’après le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue —, d’après ses Compagnons et les Successeurs. Les partisans de cette position avancent que le Très-Haut a relaté au sujet d’Ibrâhîm, lorsqu’il quitta son peuple, émigra vers la Syrie avec son épouse Sârah et son neveu Lût, et déclara :
« Je me dirige vers mon Seigneur ; Il me guidera »,
qu’il invoqua ensuite en ces termes :
« Seigneur, fais-moi don d’un [enfant] vertueux »,
et qu’Allâh — exalté soit-Il — dit alors :
« Lorsqu’il se fut séparé d’eux et de ce qu’ils adoraient en dehors d’Allâh, Nous lui accordâmes Is-hâq et Ya‘qûb » (Maryam, 49).
Ils s’appuient également sur la parole du Très-Haut :
« Nous le rachetâmes par un sacrifice majestueux »,
car le rachat concerne le garçon plein de douceur dont la bonne nouvelle fut annoncée à Ibrâhîm ; or, la seule bonne nouvelle mentionnée dans le Coran est celle d’Is-hâq, le Très-Haut ayant dit :
« Nous lui annonçâmes Is-hâq »,
et ici :
« d’un garçon plein de douceur ». Cela eut lieu avant qu’Ibrâhîm n’épousât Hâjar et avant la naissance d’Ismâ‘îl ; le Coran ne rapporte, en effet, l’annonce d’aucun fils autre qu’Is-hâq.
Ceux qui soutiennent qu’il s’agit d’Ismâ‘îl objectent qu’Allâh — qu’Il soit exalté — l’a décrit par la patience, qualité qui n’est pas attribuée à Is-hâq, dans Sa parole :
« Et Ismâ‘îl, Idrîs et Dhû-l-Kifl : tous comptaient parmi les endurants » (Al-Anbiyâ’, 85),
patience manifestée lors de l’immolation. Le Très-Haut l’a, de plus, qualifié de véridique à tenir sa promesse :
« Il était, certes, véridique à tenir sa promesse » (Maryam, 54),
car il avait promis à son père de se montrer patient devant l’immolation et il tint parole. Ils avancent encore qu’Allâh a dit :
« Nous lui annonçâmes Is-hâq, Prophète » ; comment dès lors lui ordonner de l’immoler alors qu’Il lui avait promis qu’il deviendrait prophète ? De même, le Très-Haut a dit :
« Nous lui annonçâmes Is-hâq, et, après Is-hâq, Ya‘qûb » (Hûd, 71) ; comment ordonner l’immolation d’Is-hâq avant la réalisation de la promesse concernant Ya‘qûb ? Ils invoquent enfin les récits rapportant que la corne du bélier fut suspendue à la Ka‘bah, ce qui indiquerait que la victime était Ismâ‘îl ; si ç’avait été Is-hâq, c’est à Bayt al-Maqdis que l’immolation aurait eu lieu.
Toute cette argumentation n’est cependant pas décisive. Quant à leur question : « Comment lui ordonner de l’immoler alors qu’il lui avait promis qu’il serait prophète ? », on peut répondre que le sens pourrait être : « Nous lui annonçâmes sa prophétie après que se fût déroulé ce qui devait se dérouler », comme l’a indiqué Ibn ‘Abbâs, propos que nous rapporterons plus loin. Il se peut aussi qu’il ait reçu l’ordre d’immoler Is-hâq après la naissance de Ya‘qûb. Par ailleurs, le Coran ne mentionne pas explicitement que Ya‘qûb naîtrait d’Is-hâq.
Quant à l’objection : « Si la victime avait été Is-hâq, l’immolation aurait eu lieu à Bayt al-Maqdis », la réponse en est ce qu’a déjà exposé Sa‘îd b. Jubayr.
Al-Zajjâj a déclaré : « Allâh sait mieux lequel des deux fut la victime. » Il s’agit là d’une troisième position.
Deuxièmement — concernant la parole du Très-Haut :
« Il dit : “Ô mon fils ! Je me vois en songe en train de t’immoler ; considère donc ce que tu en penses.” »,
Maqâtil rapporte qu’Ibrâhîm — sur lui la paix — vit cela trois nuits consécutives. Muḥammad b. Ka‘b a dit