Et l’on a dit : il se rendit à Harrân et y demeura quelque temps.
Puis l’on a encore avancé qu’il adressa cette parole à ceux de son peuple qui s’étaient séparés de lui ; ce fut donc pour les réprimander.
D’autres ont affirmé qu’il la prononça à l’adresse des membres de sa famille qui émigrèrent avec lui ; il s’agissait alors de les encourager.
On a également soutenu qu’il l’avait dite avant d’être jeté dans le feu.
Suivant cette dernière opinion, deux interprétations sont proposées :
- « Je vais vers ce que mon Seigneur a décrété pour moi » ;
- « Je vais mourir », comme on dit de quelqu’un qui décède : « Il est parti vers Allâh – Très-haut ». En effet, il – paix sur lui – pensait qu’il mourrait en étant jeté dans le feu, conformément à la nature même du feu qui détruit tout ce qui y est lancé, jusqu’à ce qu’il lui fût dit : « Sois fraîcheur et paix », et Ibrâhîm en fut alors préservé.
Concernant Sa parole : « Il me guidera », on retient, d’après cette opinion, deux explications : la première : « Il me guidera vers la délivrance de ce feu » ; la seconde : « vers le Paradis ».
Sulaymân ibn Ṣurad – qui fit partie de ceux qui rencontrèrent le Prophète, ﷺ – rapporte : lorsque l’on voulut jeter Ibrâhîm dans le feu, on se mit à amasser du bois ; une vieille femme en portait sur son dos en disant : « Je vais le donner pour celui qui parle contre nos divinités. » Quand on emmena Ibrâhîm afin de le précipiter dans le feu, il dit : « Je vais vers mon Seigneur. » Une fois jeté dans la fournaise, il s’écria :
« Allâh me suffit, et Il est le Meilleur Garant. »
Alors Allâh – Très-haut – dit : « Ô feu ! Sois fraîcheur et paix » (Al-Anbiyâ’, 21 : 69).
Abû Lôṭ, son cousin paternel, déclara alors : « Le feu ne l’a pas brûlé à cause de son lien de parenté avec moi. » Allâh fit aussitôt jaillir une langue de feu qui le brûla.
Deuxième point :
Sa parole – Très-haut : « Seigneur, fais-moi don d’un enfant d’entre les vertueux. » Lorsque Allâh l’informa qu’Il le sauverait, il L’implora afin qu’Il le raffermît par un fils qui lui tiendrait compagnie dans son exil. (La discussion détaillée figure déjà dans Âl ‘Imrân.) Le texte comprend une ellipse : « Accorde-moi un enfant vertueux d’entre les vertueux » ; ce genre d’ellipse est fréquent.
Allâh – Très-haut – dit : « Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d’un garçon plein de mansuétude », c’est-à-dire qu’il serait clément à l’âge adulte ; c’est comme s’il avait été réjoui par la longévité de cet enfant, car un tout-petit ne saurait être qualifié ainsi. Cette bonne nouvelle fut annoncée par la bouche des anges, comme il a été rapporté dans Hûd et comme cela viendra encore dans Adh-Dhâriyât.
Sourate Aṣ-Ṣaffât (37) : versets 102 à 113
« Lorsqu’il eut atteint l’âge de marcher avec lui, (Ibrâhîm) dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler ; réfléchis donc à ce que tu en penses. » [Ismâ‘îl] répondit : « Ô mon père, accomplis ce qui t’est ordonné ; tu me trouveras, si Allâh le veut, parmi les endurants. » Puis, quand ils se furent tous deux soumis et qu’il l’eut couché front contre terre, Nous l’appelâmes : « Ô Ibrâhîm ! Tu as certes confirmé la vision ; ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Voilà bien l’épreuve manifeste. » Et Nous le rachetâmes par une bête immolée de grande valeur. Nous perpétuâmes son souvenir parmi la postérité : « Paix sur Ibrâhîm ! » Ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants. Il est, en vérité, du nombre de Nos serviteurs croyants. Et Nous lui annonçâmes (la naissance) d’Isḥâq, prophète d’entre les vertueux. Nous répandîmes la bénédiction sur lui et sur Isḥâq ; or, parmi leur descendance, il y a un bienfaisant et un injuste envers lui-même, déclaré. »