Abû Isḥâq – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : D’autres savants qu’eux deux ont indiqué, en effet, que l’on dit : « wazafa, yaziffu » lorsque l’on se hâte.
An-Naḥḥâs déclara : « Nous ne connaissons personne qui ait lu : “yazifûna”. »
Je (l’auteur) réponds : C’est pourtant la lecture de ʿAbd Allâh b. Yazîd, ainsi que l’a rapporté al-Mahdawî.
Az-Zamakhsharî explique : « yuzaffûna » est à la forme passive, et « yuzfûna » provient de « zafâhu » lorsqu’on pousse (quelqu’un) devant soi ; c’est comme si certains d’entre eux poussaient les autres tant ils se précipitaient vers lui.
Ath-Thaʿlabî rapporte d’après al-Ḥasan, Mujâhid et Ibn as-Samayqaʿ la lecture « yarfûna » avec le râʼ, dérivée du « rafîf » de l’autruche : une allure qui oscille entre la marche et le vol.
Parole du Très-Haut : « Il dit : “Adorez-vous ce que vous sculptez ?” » Cette réplique vient après une ellipse : ils avaient demandé : « Qui donc a agi ainsi envers nos divinités ? » Il répondit alors, comme argument décisif : « Adorez-vous ce que vous sculptez ? », c’est-à-dire des idoles que vous taillez de vos propres mains, que vous façonnez vous-mêmes.
Le terme naḥt signifie tailler, ébarber ; l’expression « naḥatahu yanḥituhu » (avec kasra) signifie : il l’a taillé. « An-nuḥâta » désigne les copeaux, et « al-minḥat » l’outil dont on se sert pour sculpter.
« Alors qu’Allah vous a créés, vous et ce que vous faites. » Le pronom « mâ » est ici objet direct ; le sens est : Il a créé ce que vous façonnez comme idoles – le bois, la pierre et tout ce qui s’y assimile –, conformément à Sa parole : « Bien plutôt, votre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre, Celui qui les a façonnés » (Al-Anbiyâʾ, 56).
On a aussi dit que « mâ » est interrogatif, exprimant le mépris de leurs œuvres. D’autres ont vu dans « mâ » une particule de négation ; le sens serait alors : « Et vous ne faites pas cela ; c’est Allah qui le crée. »
Le meilleur est de considérer que « mâ » avec le verbe constituent un masdar ; l’idée est : « Allah vous a créés, ainsi que vos actes. » Tel est l’enseignement des Ahl as-Sunna : les actes sont création d’Allah – exalté soit-Il – et acquisition des serviteurs. Cette explication invalide les thèses des Qadariyya comme des Jabriyya.
Abû Hurayra rapporte que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « Allah est le Créateur de tout artisan et de son artisanat. » Ath-Thaʿlabî l’a mentionné. Al-Bayhaqî l’a également rapporté d’après Ḥudhayfa : le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Allah – Puissant et Majestueux – a façonné tout artisan et son œuvre ; Il est le Créateur, Il est l’Artisan – Gloire à Lui ! » Nous avons expliqué ces deux ḥadiths dans le « Kitâb al-Asnâ » dédié au commentaire des plus beaux Noms d’Allah.
[Sûrat aṣ-Ṣâffât (37) : 97-98]
« Ils dirent : “Bâtissez pour lui un édifice, puis jetez-le dans la Fournaise.” (97) Ils cherchèrent ainsi à le piéger, mais Nous les rendîmes les plus abaissés. (98) »