Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit ici de la « sawîq » – et non d’un fortifiant –, selon l’avis de at-Tirmidhî al-Hakîm.

« Puis ils se précipitèrent vers lui en hâte » (fa-aqbalû ilayhi yaziffûna).

Hamza a lu : « yuziffûna » avec la voyelle « u » sur la première lettre ; les autres lecteurs ont lu « yaziffûna » avec la voyelle « a ». Cela signifie : « ils s’élancent rapidement », d’après Ibn Zayd.

Qatâda et as-Suddî disent : « ils marchent ».

Selon une autre explication, le sens est : « ils s’avancent tous ensemble, à leur aise, sûrs que personne n’oserait porter atteinte à leurs idoles ».

On a également dit : « ils se glissent furtivement, à mi-chemin entre la marche et la course » ; de là vient l’expression « zafîf » employée pour la démarche de l’autruche.

Ad-Dahhâk dit : « ils accourent », et Yahyâ ibn Sallâm rapporte : « ils tremblent de colère ».

D’autres encore disent : « ils paradent d’un pas orgueilleux », parole de Mujâhid ; de ce terme dérive l’expression « zafâf » pour la conduite de la mariée vers son époux.

Al-Farazdaq a dit :
« Le meilleur des étalons du troupeau arriva avant le sevrage de leurs petits,
il accourut (yaziffu), et derrière lui s’avança la chamelle, elle aussi pressant le pas. »¹

Celui qui lit « yuziffûna » entend : « ils font hâter d’autres », c’est-à-dire qu’ils les poussent à la marche rapide ; dans ce cas, le complément d’objet direct est sous-entendu.

Al-Aṣmaʿî dit : « Azaffaftu al-ibil » : « j’ai contraint les chameaux à hâter leur allure ».

On rapporte encore qu’il existe deux dialectes : on dit « zaffa al-qawmu » et « azaffû », ainsi que « zaffaftu al-ʿarûsa », « azfafftuhâ » ou « izdafafftuhâ », avec le même sens.

La « muzaffa » désigne la litière dans laquelle on conduit la mariée, selon al-Khalîl.

An-Naḥḥâs dit : « wa-yaziffûna » avec la voyelle « u » initiale ; Abû Ḥâtim prétend ne pas connaître ce dialecte, alors que nombre de savants l’attestent, parmi eux al-Farrâ’, qui le compare à l’expression « aṭradtُ ar-rajula » : « je l’ai poussé à cela », ou « ṭaradtu-hu : je l’ai repoussé ».

Il a, lui et d’autres, cité ce vers :
« Ḥuṣayn ambitionnait de régner sur Jidhâʿa,
et le voilà réduit à l’humiliation et à la sujétion. »²
c’est-à-dire qu’il a été amené à cet état ; de même, « yaziffûna » signifie « ils en viennent au zafîf ».

Muḥammad ibn Zayd dit : « Le zafîf, c’est la hâte ».

Abû Isḥâq dit : « Le zafîf est le premier élan de la course de l’autruche ».

Abû Ḥâtim rapporte que al-Kisâ’î a prétendu que certains lisaient : « fa-aqbalû ilayhi yazifûna » (forme allégée), issu de « wazafa – yazifu », à l’instar de « wazana – yazinu ».

An-Naḥḥâs remarque : « Voilà un propos rapporté par Abû Ḥâtim, lequel n’a jamais rien entendu directement d’al-Kisâ’î. Al-Farrâ’, élève d’al-Kisâ’î, rapporte de ce dernier qu’il ne connaît pas la forme allégée ‘yazifûna’. »

Al-Farrâ’ ajoute : « Et moi non plus, je ne la connais pas. »

——————————
¹ Vers cité pour illustrer le verbe « yaziffu » employé au sens de « se hâter ».
² Vers satirique attribué à al-Mukhabbal as-Saʿdî, évoquant l’humiliation de Ḥuṣayn, cité ici pour l’usage de la forme passive au sens de « être conduit à… ».

وَهِيَ السَّوِيقُ وَلَيْسَ مِنْ قَبِيلِ الْقُوَّةِ، قَالَهُ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ " فَأَقْبَلُوا إِلَيْهِ يَزِفُّونَ" قَرَأَ حَمْزَةُ " يُزِفُّونَ" بِضَمِّ الْيَاءِ. الْبَاقُونَ بِفَتْحِهَا. أَيْ يُسْرِعُونَ، قَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ. قَتَادَةُ وَالسُّدِّيُّ: يَمْشُونَ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى يَمْشُونَ بِجَمْعِهِمْ عَلَى مَهَلٍ آمَنِينَ أَنْ يُصِيبَ أَحَدٌ آلِهَتَهُمْ بِسُوءٍ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى يَتَسَلَّلُونَ تَسَلُّلًا بَيْنَ الْمَشْيِ وَالْعَدْوِ، وَمِنْهُ زَفِيفُ النَّعَامَةِ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: يَسْعَوْنَ وَحَكَى يَحْيَى بْنُ سَلَّامٍ: يُرْعِدُونَ غَضَبًا. وَقِيلَ: يَخْتَالُونَ وَهُوَ مَشْيُ الْخُيَلَاءِ، قاله مجاهد. ومنه أ، خذ زِفَافُ الْعَرُوسِ إِلَى زَوْجِهَا. وَقَالَ الْفَرَزْدَقُ: وَجَاءَ قريع الشول قبل إفالها ... ويزف وَجَاءَتْ خَلْفَهُ وَهْيَ زُفَّفُ «١» وَمَنْ قَرَأَ " يُزِفُّونَ" فَمَعْنَاهُ يُزِفُّونَ غَيْرَهُمْ أَيْ يَحْمِلُونَهُمْ عَلَى التَّزْفِيفِ. وَعَلَى هَذَا فَالْمَفْعُولُ مَحْذُوفٌ. قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: أَزَفَفْتُ الْإِبِلَ أَيْ حَمَلْتُهَا عَلَى أَنْ تَزِفَّ. وَقِيلَ: هُمَا لُغَتَانِ يُقَالُ: زَفَّ الْقَوْمُ وَأَزَفُّوا، وَزَفَفْتُ الْعَرُوسَ وَأَزْفَفْتُهَا وَازْدَفَفْتُهَا بِمَعْنًى، وَالْمُزَفَّةُ: الْمِحَفَّةُ الَّتِي تُزَفُّ فِيهَا الْعَرُوسُ، حَكَى ذَلِكَ عَنِ الْخَلِيلِ. النحاس: " ويزفون" بِضَمِّ الْيَاءِ. زَعَمَ أَبُو حَاتِمٍ أَنَّهُ لَا يَعْرِفُ هَذِهِ اللُّغَةَ، وَقَدْ عَرَفَهَا جَمَاعَةٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ مِنْهُمُ الْفَرَّاءُ وَشَبَّهَهَا بِقَوْلِهِمْ: أَطَرَدْتُ الرَّجُلَ أَيْ صَيَّرْتُهُ إِلَى ذَلِكَ. وَطَرَدَتْهُ نَحَّيْتُهُ، وَأَنْشَدَ هُوَ وَغَيْرُهُ: تَمَنَّى حُصَيْنٌ أَنْ يَسُودَ جِذَاعَةً ... وفأمسى حُصَيْنٌ قَدْ أُذِلَّ وَأُقْهِرَا «٢» أَيْ صُيِّرَ إِلَى ذَلِكَ، فَكَذَلِكَ " يَزِفُّونَ" يَصِيرُونَ إِلَى الزَّفِيفِ. قَالَ محمد بن زيد: الزَّفِيفُ الْإِسْرَاعُ. وَقَالَ أَبُو إِسْحَاقَ: الزَّفِيفُ أَوَّلُ عَدْوِ النَّعَامِ. وَقَالَ أَبُو حَاتِمٍ: وَزَعَمَ الْكِسَائِيُّ أَنَّ قَوْمًا قَرَءُوا " فَأَقْبَلُوا إِلَيْهِ يَزِفُونَ" خَفِيفَةٌ، مِنْ وَزَفَ يَزِفُ، مِثْلَ وَزَنَ يَزِنُ. قَالَ النَّحَّاسُ: فَهَذِهِ حِكَايَةُ أَبِي حَاتِمٍ وَأَبُو حَاتِمٍ لَمْ يَسْمَعْ مِنَ الْكِسَائِيِّ شَيْئًا. وَرَوَى الْفَرَّاءُ وَهُوَ صَاحِبُ الْكِسَائِيِّ عَنِ الْكِسَائِيِّ أَنَّهُ لَا يَعْرِفُ " يَزِفُونَ" مُخَفَّفَةً. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَأَنَا لَا أعرفها. قال
(١). القريع: الفحل المختار للضراب. الشول من النوق جمع شائلة على غير قياس. وهى الناقة التي أتى عليها، حملها أو وضعها سبعة أشهر فجف لبنها. وإفالها: صغارها. ويزف: يعدو. يريد أن القريع يفر من شدة البرد وكذا الافال. (٢). البيت للمخبل السعدي يهجو الزبرقان وقومه، وهم المعروفون بالجذاع. والأصمعي يرويه كما في اللسان مادة قهر، قد أذل وأقهرا بالبناء للمعلوم، أي صار أمره الى الذل والقمر.

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