et comme Dispositeur, et qu’Il se transforme à leur image lorsqu’elles se transforment.
Il déclara donc : « Je suis malade. »
Ad-Dahhâk a dit : le sens de « malade » est : « Je serai atteint de la maladie qui précède la mort », car celui à qui la mort est décrétée tombe, le plus souvent, malade avant de mourir. Il s’agit là d’une allusion et d’une formulation détournée, tout comme lorsqu’il dit au roi, à propos de Sâra, « c’est ma sœur », voulant dire la sœur en religion. Ibn ʿAbbâs, Ibn Jubayr et Ad-Dahhâk ont également affirmé qu’il leur fit entendre qu’il s’agissait d’une affection contagieuse, telle que la peste, dont ils avaient l’habitude de fuir ; c’est pourquoi :
« Ils se détournèrent de lui en s’en retournant »,
c’est-à-dire qu’ils prirent la fuite par crainte de la contagion.
At-Tirmidhî l’Hakîm rapporte : « Mon père nous informa, de ʿAmr b. Ḥammâd, d’Asbâṭ, d’as-Suddî, d’Abû Mâlik et Abû Ṣâliḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, et de Samura, de l’Hamdânî, d’après Ibn Masʿûd : ils dirent à Ibrâhîm : “Nous avons une fête ; si tu sortais avec nous, notre religion te plairait certainement.” Quand arriva le jour de la fête, ils sortirent vers lui et il partit avec eux ; puis, en chemin, il se laissa tomber et dit : “Je suis malade, je souffre du pied.” Ils lui marchèrent sur le pied tandis qu’il gisait à terre, puis, quand ils s’éloignèrent, il leur cria au loin :
« Par Allah ! Je tramerai sûrement une ruse contre vos idoles »
(Al-Anbiyâʾ, 57).
Abû ʿAbd Allâh dit : ceci ne contredit pas les propos rapportés d’Ibn ʿAbbâs et d’Ibn Jubayr, car il se peut que les deux situations se soient conjuguées.
Je (l’auteur) dis : dans le Ṣaḥîḥ est relaté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue : « Le Prophète Ibrâhîm — paix sur lui — ne mentit que trois fois », ḥadith déjà mentionné dans la sourate « Al-Anbiyâʾ », ce qui montre qu’il n’était pas réellement malade, mais qu’il s’était contenté d’insinuer.
Le Très-Glorieux a dit :
« Certes, tu mourras et eux aussi mourront »
(Az-Zumar, 30).
Le sens est donc : « Je serai malade » au futur, mais ils imaginèrent qu’il l’était sur-le-champ. Il s’agit là d’une tournure allusive, comme nous l’avons expliqué, d’où le proverbe courant : « Il suffit que la santé soit un mal », et la parole de Labîd :
« J’ai intensément imploré mon Seigneur pour la santé et le salut,
Afin qu’Il me les accorde ; or, voilà que la santé est un mal. »
Un homme mourut soudain ; les gens se rassemblèrent autour de lui et dirent : « Il est mort alors qu’il était sain ! » Un bédouin s’exclama : « Est-il sain, celui qui porte la mort à son cou ? » Ainsi Ibrâhîm est véridique ; seulement, étant donné le rang éminent et l’élection divine des prophètes, une telle parole a été comptée pour lui comme une faute, d’où sa déclaration :
« Et Celui dont j’espère qu’Il me pardonnera ma faute le Jour de la Rétribution »
(Ach-Chuʿarâʾ, 82).
Tout cela a été clarifié — louange à Allah.
Il a encore été dit : il voulait dire « malade de l’âme » à cause de leur mécréance. Quant au mot an-nujûm, il est le pluriel de najm, mais peut aussi être considéré comme un singulier ayant valeur de nom verbal.