« Est-ce que vous voulez jeter un regard ? » – avec la kasra sur le nûn –, lecture qu’Abû Ḥâtim et d’autres ont réprouvée.
An-Naḥḥâs commente : « Cette lecture est irrecevable, car elle réunit la présence du nûn final et l’état d’annexion. Si le mot avait réellement été annexé, il aurait fallu dire : هَلْ أَنْتُمْ مُطَّلِعِيَّ. Bien que Sîbawayh et Al-Farrâ’ aient rapporté des exemples similaires, ils n’en demeurent pas moins des formes rares », puis ils ont cité le vers suivant :
هُمُ الْقَائِلُونَ الْخَيْرَ وَالْآمِرُونَهُ …
وَإِذَا مَا خَشُوا مِنْ حَدَثِ الأَمْرِ مُعْظَمًا
Al-Farrâ’ récita encore :
… وَالْفَاعِلُونَهُ
Sîbawayh, pour sa part, cita seul ce vers :
وَلَمْ يَرْتَفِقْ وَالنَّاسُ مُحْتَضِرُونَهُ
Ces occurrences – dit an-Naḥḥâs – sont isolées, étrangères au parler usuel des Arabes ; on ne peut donc s’y appuyer pour justifier une lecture du Livre d’Allâh, et elles ne relèvent pas du discours vraiment éloquent.
Certains ont tenté de justifier cette forme en disant qu’on a traité le nom d’agent comme un verbe au présent, étant donné leur proximité de sens ; ainsi مُطَّلِعُونَ aurait été employé à la manière de يَطْلُعُونَ. Abû l-Faṭḥ ‘Uthmân b. Jinnî a rapporté cette explication et a cité ces vers :
أَرَأَيْتَ إِنْ جِئْتُ بِهِ أَمْلُودًا …
وَمُرَجَّلًا وَيَلْبَسُ الْبُرُودَا
أَقَائِلُنَّ أَحْضِرُوا الشُّهُودَا
Il y a assimilé أَقَائِلُنَّ à أَتَقُولُنَّ.
Ibn ‘Abbâs, commentant la Parole du Très-Haut : « هَلْ أَنْتُمْ مُطَّلِعُونَ … فَاطَّلَعَ فَرَآهُ », dit : « Il y a dans le Paradis des lucarnes par lesquelles ses habitants voient l’Enfer et ceux qui s’y trouvent. » Ka‘b rapporte, selon Ibn Al-Mubârak : « Entre le Paradis et l’Enfer se trouvent des ouvertures ; si le croyant désire contempler un ennemi qu’il avait eu en ce bas-monde, il regarde par l’une de ces ouvertures. »
Le Très-Haut dit encore : « فَاطَّلَعَ فَرَآهُ فِي سَوَاءِ الْجَحِيمِ », c’est-à-dire au cœur même du Feu, entouré de ronces de métal, selon la parole d’Ibn Mas‘ûd.
On dit en arabe : « Je me suis fatigué jusqu’à ce que mon sawa’ se rompe », c’est-à-dire mon milieu, mon centre. Abû ‘Ubayda rapporte : ‘Îsâ b. ‘Umar me disait : « J’écrivais, ô Abû ‘Ubayda, jusqu’à ce que mon sawa’ se rompe. »
Qatâda rapporte que certains savants dirent : « N’eût été qu’Allâh – Puissant et Majestueux – le lui ait fait reconnaître, il ne l’aurait pas identifié ; son teint et son aspect avaient tellement changé. »
Alors il dira : « Par Allâh, il s’en est fallu de peu que tu ne me fasses périr ! » – ici « إِنْ » est la particule allégée de la conjonctive « إِنَّ » et elle est entrée sur le verbe « كادَ »