Les Arabes appellent le gobelet rempli de vin « kass » (coupe). Lorsqu’il ne contient pas de vin, il n’est plus qu’un « qadaḥ » (simple calice).
De même, le plateau sur lequel se trouve de la nourriture est nommé « mâʾida » (table servie) ; s’il est dépourvu de mets, on ne l’appelle plus « mâʾida ».
Abû l-Ḥasan Ibn Kaysân ajoute : de cette catégorie est également le terme « ẓaʿîna » qu’on donne à la litière (hawdaj) lorsqu’une femme y prend place.
Al-Zajjâj a dit, au sujet de la parole divine : « bi-kaʾsin min maʿîn » : il s’agit d’un vin qui coule comme coulent les sources à la surface de la terre. Le mot « maʿîn » désigne une eau visible, courante.
« Bayḍâʾ » (blanche) est, selon certains, l’épithète de la coupe ; selon d’autres, celle du vin.
« Ladhdhatin li-sh-shâribîn » (délice pour ceux qui en boivent) : Al-Ḥasan a dit : « Le vin du Paradis est plus blanc que le lait. » Al-Zajjâj explique que « ladhdha » signifie « pourvu de délice », le mot déterminé ayant été sous-entendu. D’autres y voient un nom verbal devenu nom propre : « blanche, délicieuse », à l’image de l’expression « sharâbun ladhdhun / ladhîdhun », comme on dit « nabâtun ghaḍḍun / ghaḍîḍun ».
Quant au vers suivant :
« Aussi doux que le goût du “ṣarkhadî”, je l’ai délaissé,
Dans le pays des ennemis, par crainte des événements »,
le poète vise ici le sommeil.
On a également dit que « bayḍâʾ » signifie : un vin que les hommes n’ont pas foulé de leurs pieds.
« Lâ fîhâ ghawl » : il n’y a rien qui ravisse leurs esprits ; aucune maladie ni migraine ne les atteint à cause de lui.
« Wa lâ hum ʿanhâ yunzafûn » : leurs esprits ne s’évanouissent pas en le buvant.
On dit : « Le vin est une “ghawl” (un rapt) pour la raison, et la guerre est une “ghawl” pour les vies », c’est-à-dire qu’elles les emportent.
On dit encore : « nuzifa r-rajulu – yunzafu » : l’homme est « manzûf » ou « nazîf » lorsqu’il est ivre.
Imruʾ l-Qays a dit :
« Lorsqu’elle marche, elle avance comme avance un “nazîf”,
Que l’essoufflement terrasse sur la dune. »
Et il a dit aussi :
« Ivre, quand il se lève, il chancelle,
Caressant son cœur tendre pour ne pas faillir. »
Un autre poète a dit :
« Je posai mes lèvres sur les siennes, tenant ses tresses,
Tandis que l’ivrogne se désaltérait de l’eau fraîche du ḥashraj. »