C’est-à-dire : « Maintenez-les sur place pour le règlement des comptes, puis conduisez-les vers le Feu. »
On a toutefois dit : « Ils seront d’abord poussés vers le Feu, puis ramenés pour l’interrogatoire lorsqu’ils en seront tout proches. »
« Car ils seront interrogés » : au sujet de leurs œuvres, de leurs paroles et de leurs actes, ont expliqué al-Quraẓī et al-Kalbî.
Ad-Ḍaḥḥâk a précisé : au sujet de leurs fautes.
Ibn ʿAbbâs a dit : au sujet de la formule “Lâ ilâha illâ-Llâh”. Et, d’après lui encore : au sujet des injustices commises envers les créatures.
Tout cela prouve que le mécréant sera, lui aussi, soumis au jugement, comme cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-Ḥijr » (note 1).
On a également dit que leur interrogation consistera à leur dire : « Ne vous sont-il pas venus des messagers issus de vous-mêmes ? » (Al-Anʿâm, 130), afin d’établir la preuve contre eux.
Et il leur sera déclaré : « Pourquoi donc ne vous portez-vous pas mutuellement secours ? », réprimande et blâme signifiant : que l’un de vous aide l’autre et le protège du châtiment d’Allâh.
Il a encore été dit que cette parole renvoie à la déclaration d’Abû Jahl, le jour de Badr : « Nous sommes tous unis et victorieux » (Al-Qamar, 44). À l’origine, le verbe est tatanâṣarûna ; l’une des deux lettres tâ a été omise pour l’allègement, et al-Bazziy a redoublé le tâ en lecture liée.
Parole du Très-Haut : « Bien au contraire, aujourd’hui ils se soumettent » :
Qatâda : ils se soumettent au châtiment d’Allâh – Puissant et Majestueux.
Ibn ʿAbbâs : ils sont humiliés et avilis.
Al-Ḥasan : ils se montrent obéissants.
Al-Akhfash : ils jettent les armes. – Les sens sont proches.
« Et les uns se tourneront vers les autres » – c’est-à-dire les chefs et leurs suiveurs – « s’interrogeant mutuellement » : ils se querelleront.
On lit aussi : « ils ne s’interrogent pas », le ne-…-pas (lâ) ayant été omis.
An-Naḥḥâs commente : Seul l’ignorant de la langue a cru que cette lecture renvoie à la parole divine : « Ce jour-là il n’y aura plus de liens de parenté entre eux et ils ne se questionneront pas » (Al-Mu’minûn, 101). En vérité, il s’agit de : « ils ne se questionneront pas au nom des liens de sang », de sorte que l’un dirait : « Je t’adjure, par la parenté qui nous lie, de me secourir, de m’abandonner une créance ou de m’accorder une bonne action. » Cela est clair, puisque le verset précédent stipule : « Il n’y aura plus de liens de parenté entre eux » (Al-Mu’minûn, 101), c’est-à-dire qu’ils ne tireront plus profit des relations familiales qui les unissaient, comme le rapporte le ḥadith : « L’homme se réjouira, ce jour-là, d’avoir un droit à réclamer à son père ou à son fils, afin de le récupérer, car il ne s’agira que de bonnes et de mauvaises actions. »
Et dans un autre ḥadith : « Qu’Allâh fasse miséricorde à celui qui, détenant une injustice sur son frère – en biens ou en honneur –, vient à lui et obtient son pardon avant qu’il ne doive lui réclamer au Jour de la Résurrection ; on prendrait alors de ses bonnes actions, et s’il n’en a plus, on ajouterait des mauvaises actions de celui qui réclame. »
Ainsi, « s’interroger » ici signifie que les uns questionneront les autres et les accuseront : « C’est toi qui m’as égaré, qui as ouvert pour moi la porte du péché. » Cela est éclairé par la suite : « Certes, vous veniez à nous par la droite… »
Mujâhid a dit : c’est la parole des mécréants adressée aux démons.
Qatâda : c’est celle des humains aux djinns.
Et l’on a dit : c’est la parole de