Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Qatâdah et Ibn Zayd ont dit : le terme « lâzib » signifie « lâziq » – c’est-à-dire : adhérent.

Al-Mâwardî a précisé : la différence entre « lâsiq » et « lâziq » est que « lâsiq » désigne ce dont une partie est déjà collée à une autre, tandis que « lâziq » désigne ce qui adhère à tout ce qu’il touche.

‘Ikrimah a dit : « lâzib » veut dire visqueux.

Sa‘îd Ibn Jubayr a déclaré : c’est une bonne argile pure, qui colle à la main.

Mujâhid a expliqué : « lâzib » signifie « lâzim » (compact, ferme).

Les Arabes disent : « ṭîn lâzib » et « ṭîn lâzim », en substituant la lettre bā’ à la mîm ; de même, ils disent « lâtib » pour « lâzim », cette substitution du bā’ au mîm étant courante. Le terme « lâzib » désigne aussi ce qui est fixe ; on dit : « la chose est devenue un coup durable (ḍarbatan lâzib) », expression plus éloquente que « lâzim ».

Al-Nâbighah a chanté :
« Ne croyez pas que le bien ne soit suivi d’aucun mal,
et ne croyez pas que le mal soit un coup inéluctable (ḍarbatan lâzib). »

Al-Farrâ’ rapporte des Arabes l’expression : « ṭîn lâtib » au sens de « lâzim ». Le mot « lâtib » signifie également « ferme » ; on en dérive : « lataba – yaltubu – latban / lutūban », comme « lazuba – yalzubu – luzūban ».

Abû al-Jarrâḥ a récité, au sujet de « lâtib » :
« Si cela provient d’un vin fermenté que j’ai bu,
alors, pour ma part, je me repens d’en avoir bu ;
un mal de tête, des douleurs dans les os, une lassitude,
et une oppression qui, à l’apparition de la clarté, demeure incrustée (lâtib) dans les entrailles. »

« Lâtib » signifie aussi : « collant », comme « lâzib », d’après al-Aṣmaʿî, rapporté par al-Jawharî.

Al-Suddi et al-Kalbî ont dit que « lâzib » signifie « pur ».

Mujâhid et al-Ḍaḥḥâk ont dit qu’il signifie « fétide ».

Parole du Très-Haut : « Mais tu t’étonnes, et eux se moquent » (bal ʿajibta wa yaskharūn).

Les habitants de Médine, Abû ʿAmr et ʿĀṣim la lisent avec la voyelle fatha sur la lettre tâ’ – adressant donc le propos au Prophète ﷺ : « Mais tu t’es étonné de ce qui t’a été révélé du Coran, tandis qu’eux s’en moquent. » C’est aussi la lecture de Shurayḥ, lequel a rejeté la lecture avec la voyelle damma, disant : « Allah ne s’étonne de rien ; celui qui s’étonne est celui qui ignore. »

Il a également été dit : le sens est : « Tu t’étonnes de leur négation de la résurrection. »

Les Koufiens – à l’exception de ʿĀṣim – lisent avec la voyelle damma sur la tâ’ (bal ʿajibtu) ; cette leçon a été préférée par Abû ʿUbayd et al-Farrâ’. Elle est rapportée d’ʿAlî et d’Ibn Masʿūd : Shubah l’a transmise d’après al-Aʿmash, d’après Abû Wā’il, d’après ʿAbd Allâh Ibn Masʿūd, qui lisait : « bal ʿajibtu » (avec damma sur la tâ’). Elle est également rapportée d’Ibn ʿAbbâs.

Al-Farrâ’, à propos de la parole divine : « bal ʿajibta wa yaskharūn », dit : la plupart des gens la récitent en plaçant la voyelle

وَقَالَ قَتَادَةُ وَابْنُ زَيْدٍ: مَعْنَى " لَازِبٌ" لَازِقٌ. الْمَاوَرْدِيُّ: وَالْفَرْقُ بَيْنَ اللَّاصِقِ وَاللَّازِقِ أَنَّ اللَّاصِقَ: هُوَ الَّذِي قَدْ لَصِقَ بَعْضُهُ بِبَعْضٍ، وَاللَّازِقَ: هُوَ الَّذِي يَلْتَزِقُ بِمَا أَصَابَهُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: " لَازِبٌ" لَزِجٌ. سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: أَيْ جَيِّدٌ حُرٌّ يَلْصَقُ بِالْيَدِ. مُجَاهِدٌ " لَازِبٌ" لَازِمٌ. وَالْعَرَبُ تَقُولُ: طِينٌ لَازِبٌ وَلَازِمٌ، تُبْدِلُ الْبَاءَ مِنَ الْمِيمِ. وَمِثْلُهُ قَوْلُهُمْ لَاتِبٌ وَلَازِمٌ. عَلَى إِبْدَالِ الْبَاءِ بِالْمِيمِ. وَاللَّازِبُ الثَّابِتُ، تَقُولُ: صَارَ الشَّيْءُ ضَرْبَةِ لَازِبٍ، وَهُوَ أَفْصَحُ مِنْ لَازِمٍ. قَالَ النابغة: ولا تحسبون الخير لا شر بعده ... ولا تحسبون الشَّرَّ ضَرْبَةَ لَازِبِ وَحَكَى الْفَرَّاءُ عَنِ الْعَرَبِ: طِينٌ لَاتِبٌ بِمَعْنَى لَازِمٍ. وَاللَّاتِبُ الثَّابِتُ، تَقُولُ مِنْهُ: لَتَبَ يَلْتُبُ لَتْبًا وَلُتُوبًا، مِثْلَ لَزُبَ يزب بِالضَّمِّ لُزُوبًا، وَأَنْشَدَ أَبُو الْجَرَّاحِ فِي اللَّاتِبِ: فإن يك هذا من نبيذ شربته ... وفاني مِنْ شُرْبِ النَّبِيذِ لَتَائِبُ صُدَاعٌ وَتَوْصِيمُ الْعِظَامِ وفترة ... ووغم مَعَ الْإِشْرَاقِ فِي الْجَوْفِ لَاتِبُ «١» وَاللَّاتِبُ أَيْضًا: اللَّاصِقُ مِثْلُ اللَّازِبِ، عَنِ الْأَصْمَعِيِّ حَكَاهُ الْجَوْهَرِيُّ. وَقَالَ السُّدِّيُّ وَالْكَلْبِيُّ فِي اللَّازِبِ: إِنَّهُ الْخَالِصُ. مُجَاهِدٌ وَالضَّحَّاكُ: إِنَّهُ الْمُنْتِنُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " بَلْ عَجِبْتَ وَيَسْخَرُونَ" قِرَاءَةُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ وَأَبِي عَمْرٍو وَعَاصِمٍ بِفَتْحِ التَّاءِ خِطَابًا لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَيْ بَلْ عَجِبْتَ مِمَّا نَزَلَ عَلَيْكَ مِنَ الْقُرْآنِ وَهُمْ يَسْخَرُونَ بِهِ. وَهِيَ قِرَاءَةُ شُرَيْحٍ وَأَنْكَرَ قِرَاءَةَ الضَّمِّ «٢» وَقَالَ: إِنَّ اللَّهَ لَا يعجب من شي، وَإِنَّمَا يَعْجَبُ مَنْ لَا يَعْلَمُ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى بَلْ عَجِبْتَ مِنْ إِنْكَارِهِمْ لِلْبَعْثِ. وَقَرَأَ الْكُوفِيُّونَ إِلَّا عَاصِمًا بِضَمِّ التَّاءِ. وَاخْتَارَهَا أَبُو عُبَيْدٍ وَالْفَرَّاءُ، وَهِيَ مَرْوِيَّةٌ عَنْ عَلِيٍّ وَابْنِ مَسْعُودٍ، رَوَاهُ شُعْبَةُ عَنِ الْأَعْمَشِ عَنْ أَبِي وَائِلٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ أَنَّهُ قَرَأَ: " بَلْ عَجِبْتُ" بِضَمِّ التَّاءِ. وَيُرْوَى عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. قَالَ الْفَرَّاءُ فِي قَوْلِهِ سُبْحَانَهُ: " بَلْ عَجِبْتَ وَيَسْخَرُونَ" قرأها الناس بنصب
(١). قوله: وغم مع الإشراق كرواية اللسان. ورواية الطبري: وغثي مع الإشراق. (٢). الزيادة من تفسير الألوسي.

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