D’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée –, celui-ci a dit :
« Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a tenu pour véridiques les propos d’Umayya ibn Abî Ṣalt dans ces vers :
Saturne, le Taureau, sont sous son pied droit ;
Sous l’autre se trouve l’Aigle, tandis qu’un Lion guette.
Chaque fin de nuit le soleil se lève ;
Rougeâtre, sa teinte, à l’aube, se nuance de rose.
Il ne se lève jamais pour eux, dans sa course,
Sans être châtié, sans recevoir le fouet. »
‘Ikrima rapporte : « Je dis alors à Ibn ‘Abbâs : “Ô mon maître, le soleil serait-il donc fouetté ?” Il répondit : “La contrainte de la rime l’a conduit à employer le mot ‘fouet’, mais le soleil redoute bel et bien le châtiment.” »
En évoquant les lieux de lever, il a implicitement indiqué les lieux de coucher ; c’est pourquoi il n’a pas mentionné ces derniers. Il en va de même dans la parole divine : « Des tuniques qui vous protègent de la chaleur » (an-Naḥl, 81). Les ‘orients’ ont été mentionnés de façon spécifique parce que l’aurore précède le couchant. Il est dit dans la sourate ar-Raḥmân : « Le Seigneur des deux Orients et le Seigneur des deux Occidents » (55, 17), c’est-à-dire l’extrémité où le soleil se lève aux jours les plus longs et celle où il se lève au jour le plus court, ainsi qu’il a été exposé plus haut dans Yâ-Sîn ; Allah est plus savant.
(Sourate aṣ-Ṣâffât, 37 : 6-10)
« Nous avons certes orné le ciel le plus proche d’un ornement : les étoiles (6), et Nous l’avons protégé de tout démon rebelle (7). Ils ne peuvent écouter la haute assemblée : ils sont lapidés de tous côtés (8), repoussés sans cesse, et pour eux est un châtiment permanent (9), sauf celui qui saisit subrepticement quelque chose : un météore incandescent le poursuit alors (10). »
Parole du Très-Haut : « Nous avons orné le ciel le plus proche d’un ornement : les étoiles. »
Qatâda a dit : « Les astres furent créés pour trois raisons : comme projectiles contre les démons, pour servir d’orientation, et comme parure du ciel d’ici-bas. »
Masrûq, al-A‘mach, an-Nakha‘î, ‘Âṣim et Ḥamza ont lu : « بِزِينَةٍ » (avec tanwîn) – en génitif – « الْكَوَاكِبِ » également au génitif, comme apposition à « ornement », car il s’agit précisément des étoiles. Abû Bakr a lu de la même façon, à ceci près qu’il a décliné « الْكَوَاكِبَ » à l’accusatif, l’assimilant au maṣdar « زِينَةٌ » (parure). Le sens en est : « en ce sens que Nous avons embelli [le ciel] par les étoiles ». Il est aussi permis de comprendre l’accusatif comme sous-entendant « je veux dire les étoiles », comme s’Il disait : « Nous l’avons embelli d’un ornement, c’est-à-dire les étoiles ». Certains ont enfin considéré qu’il s’agit d’un badal (substitution) de « زِينَةٍ » pris selon son emplacement syntaxique.