Le Très-Haut a dit : « N’ont-ils donc pas vu les oiseaux au-dessus d’eux, ailes déployées ? » (al-Mulk, 19).
Le terme « ṣaf » désigne l’alignement ordonné d’un groupe sur une même ligne, comme le rang dans la prière. Quant à « aṣ-ṣāffāt », c’est le « pluriel du pluriel » : on dit d’abord « une assemblée rangée (ṣāffah) », puis, au pluriel, « ṣāffāt ».
D’aucuns ont soutenu que « aṣ-ṣāffāt » renvoie à la communauté des croyants lorsqu’ils se tiennent en rangs, soit dans la prière, soit sur le champ de bataille, ainsi que l’a rapporté al-Qushayrī.
« Fa-z-zājirāt » : il s’agit des anges, selon Ibn ʿAbbās, Ibn Masʿūd, Masrūq et d’autres, comme nous l’avons exposé. Ils sont ainsi nommés soit parce qu’ils refoulent les nuages et les poussent, avis d’as-Suddi, soit parce qu’ils détournent (les hommes) des péchés par exhortations et conseils.
Qatādah a dit : ce sont les avertissements du Coran.
« Fa-t-tāliyāti dhikrā » : les anges qui récitent le Livre d’Allah, d’après Ibn Masʿūd, Ibn ʿAbbās, al-Ḥasan, Mujāhid, Ibn Jubayr et as-Suddi.
Il a été dit aussi qu’il s’agit exclusivement de Jibrīl : il est mentionné au pluriel parce qu’il est le chef des anges, jamais sans soldats ni auxiliaires.
Qatādah a encore affirmé que l’expression vise quiconque récite le rappel d’Allah et Ses Livres.
Selon une autre opinion, il s’agit des versets du Coran ; on les qualifie de « récitants » comme dans la parole d’Allah : « Ce Coran raconte aux fils d’Israël… » (an-Naml, 76). On peut en effet appeler les versets « tāliyāt » parce que certaines lettres en suivent d’autres – remarque d’al-Qushayrī.
Al-Māwardī rapporte, quant à lui, qu’il s’agit des prophètes qui récitent le rappel à leurs communautés.
Si l’on demande quel est le rôle de la particule « fa » lorsqu’elle coordonne les attributs, on répond – d’après az-Zamakhsharī – qu’elle peut marquer :
- la succession de leurs réalités dans l’existence, comme dans le vers :
« Ô regret de Zayyābah pour al-Ḥārith : le matinal assaillant, le conquérant, puis le revenant. » - la succession selon un ordre de supériorité, tel : « Prends le meilleur puis le plus parfait ; accomplis le plus beau puis le plus excellent. »
- la succession des sujets décrits, comme dans la parole : « Qu’Allah fasse miséricorde aux rasés, puis aux raccourcis. »
Ces trois principes gouvernent donc l’usage de « fa » en coordination d’attributs.
« En vérité, votre Dieu est Unique » constitue la réponse au serment.
Muqātil a expliqué : les mécréants de La Mecque dirent : « A-t-il réduit les divinités à une seule ? Comment un Dieu unique suffirait-il à toute cette création ? » C’est alors qu’Allah jura par ces êtres pour les honorer.