Deuxième point – Ce verset constitue une preuve que les os recèlent une forme de vie et qu’ils deviennent impurs au moment du décès. Telle est la position d’Abou Hanîfa¹ ainsi que de certains compagnons d’Ach-Châfiʿî. Quant à Ach-Châfiʿî – qu’Allâh l’agrée –, il a affirmé : « Il y a bel et bien une vie en eux », et cela a déjà été exposé dans la sourate « An-Naḥl ».
S’il était objecté : par son propos « Qui fera revivre les os ? » il entendait « les possesseurs de ces os », l’usage consistant, en langue arabe comme dans la Loi, à laisser l’annexant (al-muḍâf) à la place de ce à quoi il est annexé ;
nous répondrions : on ne recourt à cette ellipse que sous la contrainte, or ici rien n’impose un tel sous-entendu. Il n’est nul besoin de cette interprétation, d’autant que le Créateur – exalté soit-Il – en a informé et qu’Il en est parfaitement capable ; la réalité elle-même en atteste, car la sensation, marque de la vie, existe bel et bien dans l’os. Telle est l’analyse d’Ibn al-ʿArabî.
[ Sourate Yâ-Sîn (36), versets 80-83 ]
« C’est Lui qui, pour vous, produit du bois vert un feu ; voilà donc que, de ce bois, vous allumez. » (80)
« Celui qui a créé les cieux et la terre n’est-Il pas capable de créer leurs pareils ? Mais si ! et Il est le Créateur Suprême, le Parfait Connaisseur. » (81)
« Son seul ordre, lorsqu’Il veut une chose, est de lui dire : “Sois !”, et elle est. » (82)
« Gloire donc à Celui dans la Main de qui est la royauté absolue de toute chose ; et c’est vers Lui que vous serez ramenés. » (83)
Parole du Très-Haut : « C’est Lui qui, pour vous, a fait jaillir du bois vert un feu ». – Par cette image, le Très-Haut attire l’attention sur Son unicité et démontre la perfection de Sa puissance à ressusciter les morts, au moyen d’un phénomène qu’ils constatent : Il fait sortir de la matière fraîche et humide d’un bâton la flamme sèche brûlante.
En effet, l’incroyant avait soutenu : « La goutte de sperme est chaude et humide, disposée de par sa nature à la vie ; la vie en est donc issue. Quant à l’os, il est froid et sec, caractérisé par la mort ; comment, dès lors, la vie pourrait-elle en sortir ? » Allâh – Très-haut soit-Il – révéla alors : « C’est Lui qui, pour vous, a fait jaillir du bois vert un feu » ; autrement dit : le bois vert provient de l’eau, or l’eau est froide et humide, l’exact contraire du feu ; ces deux contraires ne sauraient se conjuguer, pourtant Allâh en fait sortir le feu. Il est donc capable de faire sortir un contraire de son opposé ; Il est, à coup sûr, puissant sur toute chose.