Quatrième point
La parole du Très-Haut : « وما ينبغي له » — « et il ne lui sied point [de le dire] ». Autrement dit : il ne convient pas qu’il le prononce. Allah — glorifié et exalté soit-Il — fit de ce trait un signe manifeste de la mission de Son Prophète — paix et salut sur lui — afin qu’aucun doute n’effleure ceux auxquels il a été envoyé et qu’ils n’imaginent pas qu’il serait capable de produire le Coran grâce à une prédisposition naturelle pour la poésie. Qu’aucun négateur ne vienne donc objecter que certains passages du Coran ou des paroles du Messager concordent, par hasard, avec un mètre poétique ; car tout énoncé dont la mesure coïncide avec celle de la poésie, lorsqu’on ne vise pas la poésie, n’est pas considéré comme tel. S’il fallait malgré tout le tenir pour un poème, chaque profane ignorant la métrique deviendrait poète dès lors qu’il prononcerait par inadvertance une phrase tombant sous un mètre, comme il a été montré plus haut.
Az-Zajjâj a dit : le sens de « وما ينبغي له » est : composer de la poésie ne lui est pas aisé, hormis la composition propre au Coran.
« إن هو » c’est-à-dire : ce qu’il vous récite « n’est qu’un Rappel et un Coran explicite ».
La parole du Très-Haut : « لِيُنْذِرَ مَنْ كانَ حَيًّا » — c’est-à-dire, selon Qatâda : celui dont le cœur est vivant ; selon ad-Dahhâk : celui qui est doué de raison. D’autres ont dit : le sens est « afin que tu avertisses celui que, dans la science d’Allah, Il sait être croyant ». Cela d’après la lecture à la deuxième personne « لِتُنْذِرَ », adressée au Prophète — paix sur lui —, lecture de Nāfi‘ et d’Ibn ʿĀmir. Les autres récitent à la troisième personne : « لِيُنْذِرَ », comprenant : afin qu’Allah — exalté soit-Il — avertisse, ou afin que Muhammad — paix et bénédiction sur lui — avertisse, ou encore afin que le Coran avertisse. Ibn as-Samayqaʿ a rapporté la lecture « لِيُنْذَرَ », avec la fatha sur le yā’ et le ḏāl.
« وَيَحِقَّ الْقَوْلُ عَلَى الْكَافِرِينَ » : c’est-à-dire que la preuve du Coran s’impose aux mécréants.
[Coran, s. 36 Ya-Sîn, v. 71-73]
« Ne voient-ils donc pas que Nous avons créé pour eux, de ce que Nos propres mains ont façonné, des bestiaux dont ils sont propriétaires ? Nous les avons soumis pour eux : certains leur servent de monture et d’autres de nourriture ; ils y trouvent maints profits et boissons. Ne seront-ils donc pas reconnaissants ? »
La parole du Très-Haut : « أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا خَلَقْنَا لَهُمْ » renvoie à la vision du cœur : n’ont-ils pas médité, réfléchi et considéré ?
« مِمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا » : c’est-à-dire parmi ce que Nous avons créé et façonné sans intermédiaire, ni mandataire, ni associé. Le terme « ما » signifie « ce que » ; le pronom objet a été omis en raison de la longueur de la relative. Si l’on tient « ما » pour particule infinitive, nul besoin alors de sous-entendre ce pronom.
« أَنْعَامًا » est le pluriel de « نَعَم » et ce dernier est masculin.
« فَهُمْ لَهَا مَالِكُونَ » : ils les possèdent et les dominent pleinement.
« وَذَلَّلْنَاهَا لَهُمْ » : Nous les avons assujettis à leur service, au point qu’un enfant peut mener un grand chameau, le frapper et le diriger comme il le veut, sans qu’il se rebelle.
« فَمِنْهَا رَكُوبُهُمْ » — la lecture courante prononce la rā’ avec la fatha : « rakûbuhum », c’est-à-dire leurs bêtes de selle,
comme on dit : « une chamelle… »